Crédit immobilier : Les taux d’intérêts sont à la baisse en juin, surtout pour les bons clients

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Le courtier Emprunt Direct constate un repli des taux d’intérêts en juin. De 10 à 20 points de base suivant le profil des emprunteurs. Analyse.

Après deux mois de hausse, les taux ont baissé en juin, au vu des premiers barèmes communiqués par les établissements financiers partenaires d’Emprunt-direct.com. Ce mouvement est notamment porté par le retour d’un nombre plus important de banques sur le segment du crédit à l’habitat. Ceci intervient après plusieurs semaines où le confinement avait perturbé l’activité de manière importante, et obligé certains établissements à se retirer de ce segment ou adapter leur process de traitement en réorientant une partie des flux vers le financement des entreprises.

Le regain d’une certaine concurrence sur le marché du crédit immobilier se traduit par un repli assez marqué des taux. L’ampleur de la diminution va de 10 à 20 points de base suivant le profil des emprunteurs. Les baisses de taux sont en effet nettement plus sensibles pour les acquéreurs disposant d’un excellent profil que pour ceux de dossier de qualité inférieure.

Depuis le déconfinement, un retour des projets immobiliers et des demandes de prêt est observé. Mais la reprise de l’activité en matière de transaction et de financement s’accompagne d’une plus grande sélectivité dans le traitement des dossiers. Certaines banques sont notamment plus enclines à privilégier leurs clients, du fait d’une meilleure visibilité en matière de risque, et sont en revanche réticentes à prendre de nouveaux clients, excepté certains profils sécurisés.

taux d'intérêt

Les institutions bancaires appliquent par ailleurs de manière assez rigoureuse les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), un phénomène qui avait déjà impacté négativement la production de prêt avant la crise du Covid-19. « Celle-ci risque, de plus, de pâtir de l’exclusion plus conjoncturelle d’un certain nombre de ménages du marché du crédit à l’habitat, les banques demeurant pour l’heure méfiantes à l’égard de dossiers émanant de personnes travaillant dans les secteurs lourdement impactés par la crise sanitaire. On note une assez forte hausse de non acceptation de prêts, une majeure partie des banques refusant même d’examiner certains type de dossiers qu’elles auraient préalablement acceptés », souligne Alban Lacondemine, président fondateur d’Emprunt Direct.

« Cette plus grande sélectivité aura un impact certain sur la délivrance de prêts. L’écart entre demande exprimée en immobilier et demande transformée pourrait ainsi grandir. Si la première devrait rester relativement forte, les conséquences de l’application des critères du HSCF, des restrictions de prêt sur certains secteurs particulièrement exposés au Covid-19 devraient mécaniquement compresser la seconde », poursuit-il.

« A ces éléments s’ajoute la baisse, en début de trimestre, du taux d’usure appliqué par la Banque de France, qui a de facto exclu un nombre important de dossiers de maturité longue. Cette tendance, couplée à une baisse mécanique de la demande lors du confinement et à une hausse implicite du taux de refus des banques, aura un impact fort sur la production globale de crédit », conclut-il.

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