« Immobilier : Tout le monde a envie de payer moins de frais d’agence », Laurent Sabouret, Imop

Laurent Sabouret, le co-fondateur d’IMOP, est l’invité de Mon Podcast Immo, pour évoquer le lancement d’une offre « prestige ».

Les agences immobilières digitales ont le vent en poupe et veulent désormais prendre des parts de marché sur l’immobilier haut-de-gamme. C’est le cas d’Imop, qui vient de lancer une offre « prestige ». Laurent Sabouret, le co-fondateur d’IMOP, répond aux questions d’Alexis Thiebaut dans Mon Podcast Immo.

Imop, c’est quoi ?

Imop, c’est une agence immobilière en ligne à honoraires fixes et réduits, c’est à dire que nous proposons des frais d’agence qui sont fixes, qui sont nettement moins chers que ceux qui sont proposés par une agence classique, avec une prise en charge et un accompagnement qui est tout aussi complet que ce que l’on peut trouver auprès d’une agence traditionnelle. On n’a pas d’agence dans la rue, on est une agence digitale, donc on utilise au maximum le digital pour automatiser, fluidifier les process de vente et ça nous permet d’avoir des commissions qui sont aussi faibles. Nous existons depuis deux ans et nous couvrons toute l’Ile de France et les grandes villes françaises.

Pourquoi est né Imop ? Vous avez senti qu’il y avait un ras le bol des commissions auprès des particuliers ?

C’est plus une histoire de rencontre. Plusieurs personnes du digital et de l’immobilier qui se sont rencontrées au même moment. Mon associé Damien était marchand de biens et était, lui, totalement exaspéré par le montant des commissions qu’il devait payer quand il faisait ses transactions. Moi, je viens de l’univers digital et du recueil d’avis de consommateurs. J’avais participé à la digitalisation et la transformation de ce secteur et j’avais envie cette envie de retransformer un autre secteur un peu plus statique. Et notre site CTO était un peu dans le même état d’esprit. Ce qui nous anime, c’est le fait de la transformer et moderniser, améliorer. On a vu cette opportunité sur le marché de l’immobilier, donc on s’est lancé dans l’aventure.

Quelles relations vous avez avec les agences classiques ? J’imagine qu’elles doivent beaucoup vous aimer ?

On en a assez peu. À part quelques commentaires désagréables sur Facebook, ça se passe assez bien. Certains nous voient comme des concurrents. Certains ont compris qu’on était un peu complémentaires, que tout le monde n’avait pas envie de s’adresser à une agence digitale. Le marché était très grand.

Vous venez de lancer Imop Prestige. De quoi s’agit il ?

C’est une offre qui est destinée aux biens d’une valeur supérieure à 800 000€. Les honoraires, dans ce cas, sont toujours fixes. Ça, c’est notre marque de fabrique. Ils sont de 9900 euros. C’est encore de 3 à 5 fois moins cher que ce qu’on trouve sur le marché. L’accompagnement est encore plus complet. On va vraiment au-delà de la vente avec un assistant juridique, une conciergerie, une diffusion des annonces sur des sites étrangers… Donc on a vraiment étendu la gamme de services. On a des agents immobiliers qui sont recrutés parce qu’ils ont l’expérience de cette clientèle haut de gamme et des acheteurs étrangers qui ont leurs codes et qu’il faut comprendre. On a essayé d’étendre notre modèle qui était destiné aux petites surfaces, à des biens de plus grande valeur.

Ça veut dire qu’on payera 9900€, que l’on vende un appartement à 800.000 euros ou un hôtel particulier à plusieurs millions.

C’est exactement ça. Mais pour être plus précis, notre cible concerne les biens qui ont une valeur comprise entre 800 000 euros et 3 millions d’euros. Au-delà, dès qu’on dépasse les 5 millions d’euros, c’est un marché un peu différent, avec assez peu de Français. Nous, on vise vraiment les biens entre 1 et 3 millions d’euros.

Vous lancez ce nouveau service parce que vous pensez que l’immobilier de luxe et de prestige va mieux résister à la crise économique ?

Oui, il y a un peu de ça. Et puis, il y a aussi le fait qu’on croit beaucoup au concept. On pense que ça va résister un peu mieux. On pense notamment le marché parisien est hypertendus, même déséquilibré, et que les fondamentaux dans le luxe de Paris restent très bon. On est convaincu que le marché du luxe va plutôt bien tenir, même s’il est très difficile à dire parce que les cartes sont un peu brouillées en ce moment, il n’y a pas d’acheteurs étrangers à Paris.

Les vraies mauvaises nouvelles économiques ne sont pas encore arrivées. Ça sera à la rentrée. Tout ça est un peu difficile à lire, mais fondamentalement, on pense que le concept est bon. On a pensé un peu naïvement au début qu’une clientèle aisée n’était pas trop regardante sur les frais d’agence, que ce n’était pas ce qui comptait pour eux. Mais on s’est aperçu qu’en fait, tout le monde a envie de payer moins de frais d’agence s’ils en ont la possibilité et si le service est à la hauteur. On a décidé d’étendre notre offre pour élargir le spectre des clients potentiels.

Mais les frais d’agence sont le fruit d’un travail de la part des agents immobiliers. Vous ne croyez pas ?

Absolument. C’est même beaucoup de travail. Nous, ce qu’on essaie de faire, c’est pas du tout de dévaloriser le travail, faciliter le travail avec des outils qui permettent à un agent d’aller plus vite et de traiter plus de dossiers en même temps, avec moins de tâches répétitives et rébarbatives. On va enlever plein de tâches, ce qui va permettre à nos agents de traiter plus de dossiers, plus de volume. Avec des commissions plus faibles, le but est d’arriver à la même rémunération. On a un modèle qui est basé sur le volume et l’efficacité. Donc, c’est une nouvelle façon de travailler avec des marges plus faibles. Tout cela est rendu possible grâce au digital et les automatisations permises avec le digital.

Plus largement, vous constatez une reprise dynamique chez Imop ?

On a constaté une reprise très dynamique en mai et juin. On a même été surpris par la vigueur de cette reprise. Enormément de mises en vente. Beaucoup de transactions. Pour l’instant, on est content et surpris. On est pragmatique sur la suite. On ne s’attend peut-être pas à ce que ça continue à ce rythme-là à la rentrée. On s’y prépare, mais on est très contents. On a fait nos meilleurs chiffres au mois de juin. Pour l’instant tout va bien.

 

Alexis Thiebaut : Journaliste
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