Résidence secondaire : qu’est-ce qui poussent les citadins à acquérir une autre résidence ?

© adobestock

Déconfinés, de nombreux Parisiens, Lyonnais, Bordelais…, se sont mis à chercher un deuxième habitat. Julien Haussy, fondateur du réseau immobilier Espaces Atypiques, a voulu comprendre cette tendance qu’on appelle la bi-résidentialité.

Suite à l’étude interne des agences immobilières Espaces Atypiques sur l’engouement des Parisiens à acheter une seconde résidence, Julien Haussy, dirigeant et fondateur du réseau, s’est entouré pour la dernière “Conversation Atypique” de deux experts, Nolwenn Malherbe, directrice d’agence, Adéquation, et le professeur en Sociologie Guy Tapie pour mieux comprendre cette tendance des citadins à partager leur vie entre deux environnements et l’impact de la bi-résidences sur le développement des infrastructures et l’économie de ces nouvelles zones.

La quête d’un idéal : créer un monde à soi

Auparavant le développement des lignes à grande vitesse, aujourd’hui le déploiement du travail à distance, le confinement a fait mûrir de nouvelles envies aux citadins désireux d’un équilibre entre travail et cadre de vie. Parmi elles, la bi-résidentialité émerge dans leur mode de vie.

Selon l’Insee, depuis mi-mars plus de 700 000 parisiens se sont retirés ailleurs, en campagne, sur le littoral, le plus souvent dans leur pied à terre. Un nouveau paradigme se pose : d’un côté, un besoin de s’échapper si fort qu’il pousse à changer radicalement de lieu de résidence, de l’autre la découverte d’un entre-deux, celui des avantages de garder un pied à la ville tout en ayant l’autre ailleurs, dans son logement secondaire. Certains vont même jusqu’à inverser le cours de leur vie en faisant de leur résidence secondaire… leur résidence principale, tout en conservant leur bien en ville pour continuer leur activité et profiter du dynamisme, notamment culturel, des grandes villes.

Julien Haussy note en effet : “Espaces Atypiques a vu, au déconfinement, de nombreux Parisiens, Lyonnais, Bordelais, se mettre à chercher un deuxième habitat, et cela vaut pour tout type de personnes avec tout type de budget. Cette diversité de profils permet d’ajouter une couche supplémentaire de dynamisme sur les zones les plus attractives : selon le niveau de budget, on cherche à deux… ou trente minutes de la mer, pour un bien plus accessible et plus au calme”.

Le mythe d’un nouveau souffle économique

Nolwenn Malherbe explique qu’il s’agit d’une réalité à double tranchant : si ces mouvements renforcent un intérêt pour les résidences secondaires, certaines zones, notamment littorales, sont déjà très développées. Se pose alors la question de la préservation de l’environnement : si cela peut mener à de nouveaux enjeux d’urbanisme, la place à une plus grande urbanisation est impossible. On parlera donc davantage de renouvellement que de reconstruction.

Alors, est-ce qu’il se pourrait que les économies changent ?

Elles ont en réalité déjà bien changé sur une grande partie du littoral. Certaines zones qui vivaient autrefois uniquement pendant la saison estivale sont devenues des villes à part entière. En témoigne La Grande Motte créée par Jean Balladur en 1962, qui voit à présent son économie fonctionner à l’année. Quant aux campagnes, il faudrait un exode important pour observer des changements à grande échelle. Or, pour l’instant le phénomène reste marginal : si cela aide grandement à l’économie locale, pas de grands mouvements notables.

Quand deux mondes se rencontrent

Guy Tapie soulève un point important : la cohabitation peut s’avérer compliquée. Des tensions peuvent naître entre les deux populations qui ont des attentes et des modes de vie bien différents. Si les résidents temporaires peuvent redynamiser l’économie locale, ils ne le font que sur les périodes de vacances, et avec des demandes de services et des besoins plus “citadins”. Les résidents permanents, eux, ont d’autres attentes, d’autres intérêts, et sont présents tout au long de l’année.

Julien Haussy souligne que “la résidence secondaire a pour attrait de fournir aux citadins un nouveau terrain d’expression, un nouveau souffle de vie ou de retrouver leurs racines, elle permet aussi de rénover l’habitat et sublimer le patrimoine. Mais attention : elle ne doit pas faire le sujet d’un exode des citadins qui imposent un nouveau mode de vie en s’installant. Pour que l’intégration ou la mutation soit faite correctement, elle doit l’être en accord avec les collectivités locales… pour respecter des modes de vie locaux et les traditions des habitants”.

Où peut-on encore acheter une résidence secondaire ?

“Certaines zones tendues sont particulièrement recherchées pour de la résidence secondaire. Côté campagne, il s’agit notamment d’Aix en Provence, les Alpilles, le Luberon, Uzès, le Perche, la Dordogne, la Bourgogne. Mais la résidence secondaire par excellence, c’est un bien situé en bord de mer, ouvert sur l’horizon comme les villes de Biarritz, Deauville, La Baule, Arcachon, Cannes, Saint-Tropez …”, détaille Julien Haussy.

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