Location et crise sanitaire : Stabilisation des loyers à Paris, mais fortes hausses à Brest, Boulogne Billancourt ou Dijon

© adobestock

La crise sanitaire a bouleversé le marché de la location. D’après les chiffres du Baromètre des Loyers SeLoger du mois d’octobre, l’offre de logements à louer comme le nombre de français en recherche d’une location explosent. Un afflux qui est loin de ralentir l’évolution des loyers…

Les loyers augmentent à un rythme de 2,6% l’an

Selon le dernier Baromètre des Loyers SeLoger, les loyers poursuivent leurs hausses à un rythme de +2,6% an l’an. « Alors que la crise du Covid a chamboulé nos habitudes, elle a aussi bouleversé le marché de la location. Dans la quasi totalité du territoire, l’offre de logements à louer (+32%) comme le nombre de français en recherche d’une location (+66%) sont en forte croissance par rapport à la même période en 2019« , observe Florent Guiocheau, Responsable Data du Groupe SeLoger.

Evidemment, la hausse des loyers observée sur un an varie selon les territoires et selon le type de location. « Certaines villes se démarquent : Paris qui atteint la stabilité (+0,2% annuel) à un niveau de loyer record de 1 635€ cc en moyenne pour un bien loué vide ou encore Bordeaux, qui poursuit sa hausse ininterrompue depuis plus de trois ans (+4,3% annuel à 777 € cc en moyenne pour un bien loué vide), précise Florent Guiocheau Par ailleurs, le bail meublé confirme son attractivité, que ce soit auprès des bailleurs que des locataires : l’offre de meublés à louer explose dans les villes de plus de 100 000 habitants (x2,2 en un an). »

Les loyers augmentent plus vite que les revenus des Français

Si les loyers progressent moins rapidement que ne le font les prix des logements, force est toutefois de constater qu’ils augmentent plus vite que les revenus des Français. Sur l’année, les loyers des locations vides accusent un gain de 2,6 % pour atteindre 708 € par mois, charges comprises. Sur le marché des meublés, la hausse est de 3 % pour un loyer moyen qui se monte actuellement – charges comprises – à 751 € mensuels. Or, selon l’INSEE, Covid oblige, depuis le début de l’année, les revenus des ménages auraient, quant à eux, reculé de 0,8 %.

Le pouvoir d’achat locatif qui se maintient à 57 mètres carrés

La surface moyenne d’une location vide est actuellement la même qu’il y un an, à la même époque, à savoir 57 mètres carrés. En revanche, il est à noter que les meublés accusent un léger repli de leur superficie, laquelle se limite à 55 mètres carrés, contre 56 mètres carrés en 2019 comme le montre notre étude de l’année dernière. À l’inverse du pouvoir d’achat immobilier des Français que la hausse des prix a considérablement réduit, le pouvoir d’achat locatif des locataires tend ainsi à se stabiliser.

Les petites superficies qui se louent à vitesse grand V !

La tension, qui caractérise les marchés immobiliers dans les métropoles, fait que les futurs acquéreurs doivent faire montre de réactivité dans leurs recherches et être prêts – tant mentalement que financièrement – à faire rapidement une offre au prix. Sur le marché de la location, la rapidité est aussi une qualité très recherchée, sinon indispensable !  Et c’est encore plus vrai si c’est d’un deux pièces dont vous désirez signer le contrat de bail. Jugez plutôt, à Angers, un T2 trouve preneur, en moyenne, en deux jours s’il est loué meublé et en trois jours s’il s’agit d’une location vide. D’ailleurs, le Baromètre des Loyers SeLoger nous apprend que c’est dans la préfecture du Maine-et-Loire que les délais de location sont les plus courts pour ce type de biens.

Les loyers des meublés ont augmenté de + 12,7 % en 1 an  à Annecy

En faisant exploser la vacance locative des locations meublées saisonnières, le Covid a, parallèlement, provoqué un retour massif sur le marché de locations meublées classiques. Il y a d’ailleurs fort à parier que certains « primo-bailleurs » ont également fait le choix de la location meublée classique, certes moins rentable que la location touristique mais plus sûre. S’il devrait contribuer à regonfler les stocks d’un marché locatif pénurique en permettant à davantage de candidats à la location de trouver à se loger, cet afflux de meublés est toutefois loin de ralentir l’évolution des loyers. À Annecy, les loyers des meublés progressent ainsi (c’est d’ailleurs la plus forte hausse !) de 12,7 % sur 1 an, suivent Strasbourg (+ 12,1 %) et Caen (+ 10,1 %).

Les loyers des locations vides ont progressé de  8,3 % en 1 an à Brest

Sur le marché de la location vide, la tendance est également haussière. D’après le Baromètre des Loyers SeLoger, c’est en Bretagne, et plus précisément à Brest que les loyers des logements loués vides augmentent le plus rapidement. Dans le port du Ponant, louer une habitation vide coûte 8,3 % plus cher qu’il y a un an, à la même époque ! Au classement des villes où les loyers des locations vides se sont fait flasher au radar figurent aussi, à la deuxième place, Boulogne-Billancourt (+ 6,6 % sur 1 an) et Dijon (+ 5,3 %).

Le locatif : bouée de sauvetage pour les primo-accédants ?

Privés de la possibilité d’accéder à la propriété par la flambée des prix immobiliers et le durcissement des conditions d’octroi des crédits bancaires, les primo-accédants pourraient bien – faute de pouvoir acheter leur logement – se contenter de le louer… Le marché locatif pourrait alors constituer une sorte d’offre parallèle, certes moins prisée que le marché de la transaction (la propriété reste incontestablement un marqueur social puissant en France !) mais plus accessible.

 

 

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