Logement décent : Etonnement, 93 % des Français sont plutôt contents de leur sort

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Les Français trouvent-ils leur logement décent ? Oui à en croire l’enquête réalisé par les diagnostiqueurs immobiliers de la Chambre des diagnostiqueurs CDI-FNAIM. Un sentiment en contradiction avec l’observation des professionnels qui constatent tous les jours des critères d’indécence des logements qu’ils visitent.

Qu’est-ce qu’un logement décent pour les Français ? Leur propre logement est-il décent à leurs yeux ? Que faudrait-il pour améliorer la décence dans le futur ? Est-ce que la rénovation énergétique répond bien aux exigences de décence du logement ? A l’occasion des 1ères Assises Nationales du Diagnostic Immobilier, les diagnostiqueurs immobiliers de la Chambre des diagnostiqueurs CDI-FNAIM ont eu envie de creuser ces questions auprès de la population française.

7 % des Français estiment leur logement actuel indécent

La très grande majorité des Français estime que leur logement est décent. Mais 7 % de l’échantillon représentatif estime leur logement actuel indécent. Ce qui est en fait assez élevé de l’aveu même des experts auteurs de ce sondage. Et c’est en contradiction avec l’observation professionnelle des diagnostiqueurs immobiliers qui constatent tous les jours des critères d’indécence des logements qu’ils visitent.

Des toilettes et une installation électrique conforme

Pour les Français, un logement décent doit d’abord proposer des toilettes suivis d’une installation électrique conforme aux normes en vigueur. Parmi les équipements sanitaires, si les toilettes et la douche sont déterminants et font partie des équipements de base d’un logement décent, la baignoire n’est pas indispensable, sauf pour les plus jeunes.

33 m² pour une personne, puis de 20 m² par personne du foyer supplémentaire

Un logement décent, c’est aussi un logement avec des surfaces habitables de 33 m² pour une personne, puis de 20 m² par personne du foyer supplémentaire. ^

Pas de danger pour la santé

Pour les Français ensuite, un logement décent ne doit pas menacer la santé. Il se caractérise par un chauffage fonctionnel, l’absence de nuisibles, la propreté du logement, la présence de fenêtres donnant sur l’extérieur pour retenir les critères les plus approuvés. La décence vue par les Français converge donc bien avec sa définition législative même si moins d’un Français interrogé sur deux connait l’existence d’une loi définissant juridiquement des critères de décence.

L’évaluation de la décence d’un logement revêt des disparités par catégories de Français

Des disparités d’âge marquées : les plus jeunes (moins de 30 ans) se montrent plus sensibles aux critères qui relèvent du confort au quotidien (l’accès à l’espace vert, la baignoire par exemple pour les jeunes parents) que l’ensemble des répondants. A l’inverse, les plus de 60 ans sont plus centrés sur les différentes caractéristiques techniques du logement (installations électriques, sanitaires…). Cela s’explique notamment par des vécus différents selon les classes d’âges : nombre de personnes de plus de 60 ans ont connu dans leur existence des sanitaires sur le palier, l’absence de salle de bain, des installations de chauffage et électriques rudimentaires, peu performantes, etc. Les plus jeunes eux ont grandi dans des logements où ces enjeux techniques ont été résolus progressivement des années 70 aux années 2000, dans l’essentiel des logements.

Des différences de perception entre ceux qui vivent en maison et ceux qui vivent en habitat collectif. L’appartement est un facteur clé : de manière générale, les Français habitant en appartement sont moins positifs sur la décence de leur logement que ceux résidant en maison. Ce constat peut s’expliquer par la qualité du parc immobilier français, caractérisé par une mauvaise qualité énergétique (étude Se Loger 2019), du fait de l’ancienneté du patrimoine, rendant de nombreux logements non-conformes aux normes et moins performants en termes d’isolation et de chauffage.

Une majorité de locataires parmi les moins satisfaits de la décence de leur logement ou bien qui considèrent que leur logement est indécent. Ce qui pose la question des rapports entre bailleurs et locataires, bailleurs sociaux comme bailleurs privés et valide aussi l’utilité de la définition législative de la décence conçue à ce jour pour réguler la relation entre propriétaires et locataires en matière de décence. Mais au vu des résultats de l’enquête, le cadre législatif est-il encore suffisant ?

L’isolation thermique ou sonore : le point noir

Un point critique pour les Français qui jugent leur logement : l’isolation. C’est le 3e critère de décence le plus important pour les Français qui évaluent la décence ou non d’un logement. Or, c’est sur ce critère de l’isolation thermique mais aussi sonore, qu’ils sont le plus négatifs. D’ailleurs, les 7 % des personnes jugeant leur logement indécent ont attribué les notes les plus basses à l’isolation. Cela traduit donc une réelle frustration de leur part sur ce sujet. Or, autant la rénovation énergétique a bien pour enjeu notamment d’améliorer l’isolation thermique. Reste à appréhender la question de l’isolation phonique, et des nuisances sonores, qui plus est en période de confinement, de télétravail, de plus grande promiscuité familiale, en particulier en habitat collectif. Sont aussi suggérés les enjeux de l’intimité.

L’écologie, pas prioritaire mais un bonus

Enfin, 2/3 des Français interrogés considèrent qu’il faut tenir compte de l’impact écologique dans l’évaluation de la décence du logement. Ce qui signifie que pour 1/3 d’entre eux, ce n’est pas le cas. Autrement dit, l’impact écologique et la décence ne sont pas forcément liés pour les Français. Leur priorité en termes de décence du logement porte sur le quotidien des occupants. L’écologie est vue comme un bonus pour ceux qui peuvent se le permettre financièrement et ferait ainsi partie des critères les plus élevés de la pyramide de Maslow, ceux dont on peut s’occuper lorsqu’on a déjà résolu les besoins primaires de décence. Ce qui rend d’autant plus nécessaire sans doute la pédagogie sur les politiques de rénovation énergétique du logement.

 

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