Immobilier et territoires : Comment s’adapter pour répondre aux nouvelles attentes de Français ?

Christine Fumagalli
© adobestock

Christine Fumagalli, Présidente de la coopérative Orpi, dresse un état des lieux des nouveaux usages et des solutions qui peuvent être mobilisées face aux enjeux immobilier de demain.

A mesure que les contours d’une nouvelle cartographie se précisent, le secteur de l’immobilier et les territoires font face à de multiples problématiques conjoncturelles nécessitant des réponses concrètes et correspondant aux attentes des Français.

État des lieux des nouveaux usages sur le marché

Si la crise sanitaire a accéléré l’afflux d’une nouvelle population vers les villes moyennes, permettant une légère respiration en métropoles et dans la capitale, ces mouvements s’illustrent en particulier chez les jeunes générations. Ainsi, l’étude menée par Opinion Way indique que plus d’un Français sur 10 déclare avoir changé de lieu de vie, dont 19% ont moins de 35 ans.

Par ailleurs, Orpi enregistre sur son site (entre janvier et août 2021) une hausse de 74% de recherches sur le critère « maisons », 17% pour les piscines, 57% pour les jardins et 82% pour les balcons. L’espace de vie constitue ainsi le premier critère pris en compte dans le choix de son nouveau lieu de vie, que l’on en ait déjà changé (49%) ou non (65%). Arrive en seconde position les prix de l’immobilier (43% pour ceux ayant changé de lieu de résidence, 59%pour ceux qui ne l’ont pas fait), correspondant de fait aux zones géographiques moins tendues que les métropoles.

« Ces tendances que nous observions avec prudence il y a encore quelques mois, sont aujourd’hui tangibles et ont changé notre façon de consommer l’immobilier. Le secteur n’est pas imperméable aux changements de la société, ce sont eux qui façonnent ces nouvelles attentes. Aujourd’hui le cycle de vie de l’immobilier se réduit, du long on glisse vers le moyen terme, le profil type des primo-accédants en CDI et mariés ne correspond plus à la réalité des acquéreurs, on a envie de plus d’espace et de tranquillité… La crise sanitaire a eu un réel impact sur la société, et l’immobilier doit s’y adapter », déclare Christine Fumagalli, Présidente de la coopérative Orpi.

Comprendre et anticiper les besoins des Français

Ces évolutions du paysage immobilier vont de pair avec celles des besoins des Français. Tendance de fond depuis quelques années, le potentiel du digital a été mis à profit ces derniers mois. De nouveaux outils permettant aux professionnels de l’immobilier de se concentrer sur les fondamentaux de leur métier, l’accompagnement et le conseil, et en adéquation avec les attentes repérées par l’étude Opinion Way : la rapidité de la transaction (63%) et la garantie d’être bien accompagnés (59%). L’étude fait également ressortir que les plus jeunes répondants sont plus attentifs à la mise à disposition de services à valeur ajoutée (37% pour les moins de 35 ans) ou à la dématérialisation de la relation (42% pour les moins de 25 ans).

« Au-delà du digital, l’enjeu majeur est celui de la détente du marché. Nous avons de nouveaux profils d’acquéreurs, d’investisseurs et de locataires. Certains locataires sont propriétaires d’un bien mis en location, d’autres ont privilégié la location pour tester des villes et murir leur projet immobilier après la pandémie… Si nous voulons répondre à leurs attentes, il faut œuvrer à la simplification du parcours. Sans compter que la crise a aussi mis les profils les plus atypiques en difficulté, il n’est pas question de les marginaliser. Nous devons aujourd’hui tout mettre en œuvre pour simplifier notre relation à l’immobilier qui reste certes un investissement important, mais qui correspond surtout à des phases de vie. Les plus jeunes n’ont pas le même rapport au travail, à l’espace, ils sont souvent plus agiles dans leur façon de vivre, dans leurs mouvements… Nous devons les aider à mettre en œuvre leur projet de vie », précise Christine Fumagalli.

Dynamisation des centres-villes

Dopés par l’afflux d’une nouvelle population, les marchés immobiliers des villes moyennes font preuve d’une grande vitalité. Ils profitent ainsi d’un regain d’intérêt auprès des populations urbaines et récoltent le fruit du travail des territoires pour développer leur attractivité. C’est notamment le cas des communes bénéficiant du programme Action Cœur de Ville : Orpi observe une hausse des prix au m² pour 138 communes concernées sur 222 au total.

A titre d’exemples :

  • Limoges et Valence enregistrent une hausse de 17% des prix au m² (+30% et +31% en volume de transaction)
  • Niort enregistre une hausse de 2% des prix au m² (+100% en volume de transactions)

 Ce dynamisme est un signal positif pour ces villes, jouant un rôle central sur le territoire français, dans la mesure où celles-ci s’adaptent aux besoins des nouveaux arrivants pour les rendre durables : une activité économique, un bon réseau de transports, une connexion internet performante, une vie culturelle…

« Le regain d’intérêt pour ces nouveaux territoires est un début encourageant pour le rééquilibrage du marché de manière globale. Encore faut-il que ces derniers correspondent aux demandes de ces nouveaux arrivants, habitués au confort des grandes villes, l’objectif n’est pas de pas reproduire un développement à deux vitesses. Par ailleurs, les professionnels de l’immobilier et les élus doivent rester attentifs à ce que le schéma des métropoles ne se calque pas sur ces marchés en devenir ! Il faut veiller à garantir une offre de qualité pour tous types de profils, l’enjeu est de taille : la réduction des inégalités d’accès aux logements», conclut Christine Fumagalli.

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