Pollution sonore : Le gouvernement lance une expérimentation de radars sonores

Le gouvernement veut mettre en place une réglementation sur les nuisances sonores afin de réduire celles provoquées par les véhicules

le gouvernement se bat contre les nuisances sonores

© adobestock

 0
Temps de lecture estimé : 5 min

Une nuisance économique et sanitaire

Le bruit est une source de nuisance ayant des impacts concrets du point de vue économique mais également sanitaire. Le coût du bruit pour la société française est estimé à 147 milliards d’euros par an par l’Ademe. Au sein de la zone dense francilienne, Bruitparif estime que le bruit fait perdre près de 11 mois d’espérance de vie en bonne santé. 

Certaines nuisances sonores pourraient pourtant être limitées voire évitées, en particulier concernant le bruit des transports routiers. À ce titre, la sanction des nuisances sonores dues à une conduite utilisant le moteur à des régimes manifestement excessifs ou à des véhicules « trafiqués » est une demande constante des riverains des axes routiers et des villes denses, souvent victimes de nuisances sonores qui peuvent avoir un impact, à long terme, sur la santé (notamment des troubles du sommeil). 

« Le bruit a un coût très concret pour nos concitoyens. Des réglementations existent déjà mais la généralisation des contrôles est un levier essentiel pour lutter efficacement contre cette source de pollution, en particulier sur la voie publique. C’est donc une innovation cruciale pour la santé et la qualité de vie des Français que nous engageons aujourd’hui. Elle doit nous permettre de lutter efficacement contre la présence excessive du bruit dans nos vies. » déclare Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique.

Des radars sonores pour constater les niveaux d’émissions sonores

Afin de lutter contre cette nuisance, la loi d’orientation des mobilités prévoit l’expérimentation de la constatation des niveaux d’émissions sonores des véhicules par des appareils de contrôle automatique fixes et mobiles, également appelés « radars sonores ». Si une règlementation sur le niveau sonore maximal des nouveaux véhicules mis sur le marché existe déjà, seuls des contrôles à l’arrêt permettent aujourd’hui de vérifier la conformité des véhicules avec cette règlementation. Les radars sonores doivent permettre de simplifier les contrôles et d’améliorer leur efficacité, et notamment de sanctionner les comportements visant à augmenter de manière artificielle le bruit généré. 

« Cette innovation va améliorer très concrètement le quotidien des Français, en réduisant efficacement les nuisances sonores excessives liées à la route. Avec cette expérimentation, nous marquons une nouvelle étape dans les travaux menés depuis la loi d’orientation des mobilités avec les parlementaires, les élus locaux, et les nombreux acteurs concernés. » ajoute Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, chargé des Transports.  

Une expérimentation sur 2 ans dans 7 communes

Elle a pour but d’identifier des solutions de contrôle pouvant être homologuées afin de lutter contre les nuisances sonores provoquées par les véhicules. Elle s’articule en deux phases :

  • Dans un premier temps, des tests sur voirie en conditions réelles sans constatation d’infractions (lancement de la phase 1 début 2022). Ils permettront de mettre en place des mesures pédagogiques visant à informer les citoyens.
  • Dans un second temps, une expérimentation en conditions réelles pouvant donner lieu à des contraventions (phase 2, qui débutera après homologation des radars et s’achèvera au bout des deux ans de l’expérimentation). L’infraction sera sanctionnée d’une contravention de 4ème classe, comme prévu par l’article  R318-3 du code de la route (amende forfaitaire de 135€, minorée à 90€ en cas de paiement dans les 15 jours).

L’expérimentation sera signalée sur les sites concernés par des panneaux d’information suivant ce modèle :

Le niveau sonore au-dessus duquel l’infraction pourra être constatée sera fixé par un arrêté modifiant le code de la route, à l’issue de la 1ère phase de l’expérimentation. Un seuil de 90 décibels sera testé lors de cette phase.

Une dérogation sera prévue pour certains types de véhicules, notamment certains véhicules anciens dont le niveau sonore est susceptible de dépasser ce seuil par construction, ou encore pour les véhicules agricoles.

Sept collectivités retenues parmi les nombreux candidats pour les tests sur site, qui se déroulent à partir de janvier 2022. 

3 configurations de sites pour un possible déploiement national

Les sept collectivités sont réparties en 3 configurations de sites :

Urbain :

  • Métropole de Nice
  • Ville de Paris
  • Métropole de Toulouse

Périurbain :

  • Commune de Bron
  • Commune de Villeneuve le Roi
  • Commune de Rueil Malmaison

Rural :

  • Communauté de communes de la Haute Vallée de Chevreuse (CCHVC)

En fonction des résultats de l’expérimentation, des dispositifs de radars sonores pourront être déployés sur l’ensemble du territoire national si une disposition législative l’autorise.