Immobilier locatif : La demande des investisseurs s’envole à Paris

Après une période difficile, l’immobilier parisien reprend des couleurs. Et l’immobilier locatif n’est pas en reste. Robin Soulier, directeur associé chez Immo City, fait le point avec cette nouvelle envie des Français de s’offrir une petite surface à louer dans la capitale.

Immobilier Paris
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Mysweet’immo : Comment s’explique ce regain d’attrait pour l’investissement locatif parisien ?

Robin Soulier : L’investissement locatif n’est plus réservé à quelques initiés. Il s’est démocratisé. Il intéresse tout le monde. Chacun a envie de posséder un bien en plus de sa résidence principale. C’est un phénomène nouveau qui date d’une dizaine d’années. Il y a 25 ans, acheter sa résidence principale, c’était déjà très bien. Rares étaient ceux qui allaient plus loin. Mais avec la prise de conscience du problème des retraites, l’accès à l’information, le développement de courtage en prêt … les choses ont changé.

Depuis la crise sanitaire, la tendance s’accélère. La pierre joue plus que jamais un rôle de valeur refuge. L’immobilier est un bien tangible. En investissant, les Français se sécurisent. Ils se constituent un patrimoine, préparent leur retraite… En ce moment, les rendements sur les comptes livret sont faibles, ce qui n’encourage pas les particuliers à conserver de l’épargne, et les taux sont encore très bas. Beaucoup d’investisseurs cherchent donc à activer l’effet levier de l’emprunt et capitaliser.

Autre phénomène : dans les grandes agglomérations, compte tenu de l’envolée des prix, les familles qui n’ont pas les moyens d’acquérir leur résidence principale se reportent sur l’investissement locatif pour se constituer un apport ou une réserve de cash. A Paris, acheter un appartement familial est quasiment impossible pour un jeune ménage avec enfants à moins d’avoir un job très rémunérateur. Or tout le monde sait que les prix parisiens ne baissent « jamais » sur le long terme. Investir dans une petite surface permet d’acheter un bien qui se valorisera dans le futur. Beaucoup de couples font ce calcul : dans 20 ans ils seront propriétaires d’un bien qui vaudra plus cher que ce qu’ils l’ont acheté. Ils seront gagnants. Et ce, peu importe le montant du loyer de départ ! Le but du jeu étant d’essayer de couvrir au maximum sa mensualité d’emprunt avec le loyer perçu.

Mysweet’immo : La France est-elle devenue un pays d’investisseurs ?

Robin Soulier : Sans aller jusque-là, le marché se porte bien. Et l’explosion de la demande le prouve. Chez Immo City, nous avons 17 % de demandes supplémentaires sur les surfaces de moins de 40 m² depuis le 1er confinement. Autrefois, la demande était stable. Et il faut noter que cette hausse de la demande intervient sur un marché où il y a beaucoup moins d’investisseurs étrangers. Autrefois, la clientèle étrangère représentait une grosse partie des acquéreurs.

A Paris et en région parisienne, beaucoup de jeunes se  lancent tôt dans l’investissement immobilier. Ils n’attendent pas d’avoir 40 ans. Dès leur premier salaire, ils achètent une studette, un studio … Ce que l’on voyait rarement avant. Pour eux, se constituer un patrimoine, s’enrichir avec de l’immobilier n’est plus tabou. C’est rentré dans les mœurs. C’est une sorte de logique à l’américaine. Les quinquagénaires, déjà propriétaires de leur résidence principale, achètent, eux, pour leur retraite et compléter leurs revenus.

Mysweet’immo : Quels sont les arrondissements qui intéressent les investisseurs ?

Robin Soulier : Tous les arrondissements intéressent les investisseurs à condition qu’ils soient bien placés et avec un accès facile au métro. Le centre de la capitale reste très prisé, malheureusement ce ne sont pas les arrondissements qui offrent le meilleur rendement depuis l’encadrement des loyers. Les communes limitrophes sont en revanche de bons placements. Avec le Grand Paris, elles ont gagné en attractivité et les prix y sont un peu moins élevés que dans la capitale. Sur Paris, l’investissement moyen est de 150 000 à 500 000 euros. Les rendements attendus sont de 3 à 5 % brut.

Mysweet’immo : Y a-t-il des produits à vendre ?

Robin Soulier : La loi Climat et Résilience interdira bientôt la mise en location des logements « G » dès 2025, « F » dès 2028 et « E » dès 2034. Beaucoup de propriétaires veulent se débarrasser de leurs logements mal notés donc nous voyons arriver depuis quelques mois beaucoup de « nouveaux » biens sur le marché. Et les investisseurs en profitent. Ils négocient en prenant en compte le coût de la revalorisation des travaux. L’offre est présente et la demande soutenue, à bon entendeur !

Tous les arrondissements intéressent les investisseurs à condition qu’ils soient bien placés et avec un accès facile au métro. Le centre de la capitale reste très prisé, malheureusement ce ne sont pas les arrondissements qui offrent le meilleur rendement depuis l’encadrement des loyers. Sur Paris, l’investissement moyen est de 150 000 à 500 000 euros. Les rendements attendus sont de 3 à 5 % brut.