« La politique du logement doit laisser la liberté de choisir son habitat », Damien Hereng (FFCC)

Damien Hereng, président de la fédération française des constructeurs de maisons individuelles appelle à une politique du logement plus en phase avec les aspirations et les besoins des Français.

Damien Hereng

© DR.Damien Hereng, Président de la FFC

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Souhaitons-nous loger les Français ou leur proposer un logement qui correspond à leur attentes ? Après cinq années de politique de logement stigmatisant la maison individuelle et l’accusant de nombreux maux (écologiques, économiques et sociaux), la Fédération Française des Constructeurs de Maisons individuelles (FFC), avec l’institut de sondage IFOP, a interrogé les Français sur cette forme d’habitat et leur perception en matière d’accessibilité et d’impact sur l’environnement.

Les Français ne veulent pas renoncer à leur rêve de maison avec jardin

Le constat est sans appel : les orientations récentes en matière de politique de logement ne prennent en compte ni les aspirations ni les besoins des Français. Cette politique de logement centralisée, décidée dans des cercles parisiens par des urbanistes et sociologues suivant la pensée unique d’une ville « toujours plus compacte » au prétexte d’une vision étroite de l’écologie, ne convainc pas les Français. Ceux-ci plébiscitent toujours la maison individuelle et indiquent être prêts à d’importantes concessions pour y accéder mais en aucun cas être disposés à renoncer à leur rêve de maison avec jardin.
 
Pis : alors que le pouvoir d’achat s’érode, cette densification constante entretient mécaniquement l’augmentation des prix de l’immobilier déjà peu soutenables, au point que les moins aisés et les plus jeunent déclarent à 60% que l’accession à la propriété « sera bientôt réservée à une élite », où même « un privilège » pour 24% d’entre eux !

Au moment même où certains pays enclenchent la dédensification tant la densification est porteuse de mal vivre, notre politique du logement est devenue tout simplement urbaine et métropole. Faut-il rappeler que bon nombre de Français vivent en zone rurale ou périurbaine, que nombreux sont ceux qui souhaitent suivre ce chemin et que la réindustrialisation du pays qu’on nous indique comme indispensable se fera, par nécessité d’espace, plutôt en-dehors des grandes métropoles.

La FFC peut construire sur des terrains bien plus réduits

Les orientations suivies actuellement sont aux antipodes des attentes de nos concitoyens qui se projettent dans plus d’espace, plus de vert tout en ayant une réelle conscience écologique. La politique du logement doit être celle de tous les Français et doit leur laisser la liberté de choisir la forme d’habitat qui leur convient. La Maison Individuelle peut en outre conjuguer largement accession à la propriété pour tous, qualité de vie et vitalité des territoires.

Nous sommes en capacité de construire des maisons sur des terrains bien plus réduits et contribuer largement à l’objectif de diviser par deux d’ici 2030 l’artificialisation des sols. Cet effort serait consenti par 71% des personnes interrogées qui accepteraient la construction d’une maison sur un terrain plus petit. Cette direction va dans le sens commun, reste à nous donner les moyens de l’appliquer : les pouvoirs publics locaux doivent lever les obstacles qu’ils dressent à travers les Plans Locaux d’Urbanisme afin de permettre la construction des nouveaux logements dont la France a besoin. 

Finalement la politique du logement de demain devrait être moins jacobine et plus girondine, plus à l’écoute des territoires et moins centralisatrice et avoir comme pivot la seule aspiration des Français qui tend vers une meilleure qualité de vie, une maison et un petit jardin.