Crédit immobilier : L’inflation entraîne une hausse des taux de 0,2%

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Les taux immobiliers enregistrent une hausse de 0,2% en moyenne. Pour les meilleurs profils, la possibilité d’emprunter sous les 1% s’éloigne de plus en plus : 1,18% sur 15 ans, 1,29% sur 20 ans et 1,44% sur 25 ans. Le point avec le Baromètre Pretto.

Face à l’inflation accélérée par la guerre en Ukraine, la hausse des taux se poursuit… Les taux immobiliers enregistrent une hausse de 0,2%, conséquence directe de l’inflation et de l’OAT 10 ans qui a désormais atteint 1%. Malgré cette poussée, le pouvoir d’achat immobilier est peu impacté et les taux sont loin d’égaler l’inflation. La baisse du taux d’usure et les premiers signes d’accalmie sur le marché immobilier pourraient en revanche impacter les transactions.

Pour le mois d’avril, les taux immobiliers augmentent en moyenne de 0,2%

Selon les premières grilles des banques reçues, les taux moyens sont estimés à 1,34% sur 15 ans, 1,44% sur 20 ans et 1,58% sur 25 ans. Pour les meilleurs profils, la possibilité d’emprunter sous les 1% s’éloigne de plus en plus : 1,18% sur 15 ans, 1,29% sur 20 ans et 1,44% sur 25 ans. Sans surprise, le taux de l’OAT 10 ans d’1% pousse les banques à suivre le mouvement à la hausse – une grande banque nationale admet fixer sa politique de taux uniquement sur cet indicateur.

« Les banques françaises s’inscrivent dans le contexte inflationniste, donc pas de surprise. D’autre part, leur production de crédit a été très soutenue en début d’année : la hausse de leurs grilles leur permet aussi de ralentir le flux et de prendre le temps de traiter les dossiers », explique Pierre Chapon, président de Pretto. Des chiffres confirmés par la Banque de France : la production de crédit hors renégociations a atteint 18,8 milliards d’euros en février 2022 , après 18,6 milliards en janvier.

Un taux d’usure qui menace la faisabilité des projets

Cette poussée n’est cependant pas de nature à fortement impacter le pouvoir d’achat immobilier : les taux restent largement inférieurs à l’inflation, qui a atteint 4,5% en mars 2022 selon l’INSEE. Si l’on revient huit ans en arrière, à OAT identique, les taux sur 20 ans atteignaient 2,42% (vs 1,44% actuellement).

Un taux d’usure qui menace la faisabilité des projets Cette poussée n’est cependant pas de nature à fortement impacter le pouvoir d’achat immobilier : les taux restent largement inférieurs à l’inflation, qui a atteint 4,5% en mars 2022 selon l’INSEE. Si l’on revient huit ans en arrière, à OAT identique, les taux sur 20 ans atteignaient 2,42% (vs 1,44% actuellement).

La principale difficulté tient non pas de la hausse des taux, mais du taux d’usure, paradoxalement en baisse de 0,01% sur les durées de 20 ans et plus (établi à 2,40% pour le 2ème trimestre 2022). Les revenus modestes pourraient être de plus en plus concernés : à moins de pouvoir mobiliser plus d’apport ou d’allonger la durée d’emprunt, leur dossier ne sera pas finançable. « Si les augmentations se poursuivent ce trimestre avec la même rapidité que ces derniers mois, les taux immobiliers se rapprocheront fortement du taux d’usure, ce qui exclura de facto de nombreux ménages, précise Pierre Chapon. Les établissements bancaires pourraient donc choisir de juguler la hausse, mais cela se ferait au détriment de leur marge et pourrait les mettre dans des situations difficiles, si leurs taux de refinancement continuaient à augmenter. »

Pretto constate une baisse des projets d’achat de 16% entre février et mars 2022

Un effet ciseau qui pourrait s’ajouter à la poussée de l’inflation (notamment en raison de la guerre en Ukraine qui entraîne les prix de l’énergie à la hausse) qui inquiète les ménages. Le marché immobilier n’échappe pas à la baisse du moral des Français (-16 points selon l’Insee).

« Chez Pretto, on observe une baisse des projets d’achat de 16% entre février et mars 2022. Les perspectives d’inflation et le conflit russo-ukrainien poussent les emprunteurs à rester prudents et pour certains, comme nous avons pu le constater, à mettre leurs projets en pause. Leur épargne est également mobilisée pour payer les factures, et non sur un investissement sur le long terme», poursuit Pierre Chapon, président de Pretto.

Dans ce cas de figure, combiné à la hausse des taux depuis février, les conditions de financement de mars sont en baisse d’un point (hormis sur les résidences secondaires). La finançabilité des résidences principales est particulièrement touchée, avec un recul de 2 points. Ces éléments sont de nature à faire craindre un ralentissement du marché immobilier dans les prochains mois.

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