Crédit immobilier : Des taux en forte hausse en mars

Les taux de crédit immobilier ont nettement progressé en mars, selon les premières grilles communiquées au titre de ce mois par les banques partenaires du courtier en crédit Emprunt-direct.com.

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« Les banques ont opté pour un biais fortement haussier pour leurs barèmes, dans un contexte marqué depuis quelques semaines par de vives tensions des rendements obligataires », constate le courtier en crédit Emprunt Direct dans son dernier Baromètre du Crédit.

Les taux remontent surtout pour les profils les moins qualitatifs

On note ainsi des hausses de taux de l’ordre de 15 à 30 points de base après un mois de février déjà marqué par des augmentations plus mesurées. Les hausses les plus sensibles sont notamment observées chez les profils les moins qualitatifs. Les banques avaient en effet, le mois dernier, commencé à préparer leurs barèmes en amont du premier temps fort habitat, qui s’étale de mars à juin. La vive tension observée depuis quelques semaines sur les marchés de taux, couplée à des contraintes prudentielles durcies depuis janvier, a ainsi eu raison des taux historiquement bas.

La tendance haussière des taux s’affirme ainsi en ce mois de mars, du fait des récentes évolutions des marchés obligataires. Il faut dire que les taux de crédit immobilier avaient peu varié et même atteint de nouveaux plus bas jusqu’à la fin de l’année dernière, dans un contexte encouragé par la BCE via la rémunération négative du taux de facilité de dépôt. Mais dans un contexte où l’inflation remonte et le rebond du rendement de l’OAT 10 ans dépasse désormais les 100 points de base depuis un an, un réajustement marqué des taux de crédit à l’habitat apparaissait inévitable.

Vers une poursuite graduelle des hausses de taux de crédit immobilier

« Le contexte inflationniste fait désormais nettement évoluer le guidage des anticipations des banques centrales. Les indices des prix à la consommation en Europe et aux Etats-Unis, plus que jamais haussiers, va continuer à s’affirmer, ce qui tend à accréditer la fin des politiques ultra-accommodantes des institutions monétaires et un rebond des taux directeurs. Sur le marché du crédit immobilier, une poursuite graduelle des hausses peut ainsi être anticipée », souligne Alban Lacondemine, président fondateur d’Emprunt Direct.

Le taux d’usure pourrait être relever prochainement

Avec le durcissement des contraintes prudentielles intervenues début 2022 et la mutation des recommandations du HCSF en normes juridiquement contraignantes, un autre élément pourrait bien avoir un lourd impact sur la finançabilité des acquéreurs : le taux d’usure, censé protéger les emprunteurs de trop fortes hausses de taux. Celui-ci étant établi à des niveaux très bas au titre de ce trimestre, la hausse des taux, notamment sur les durées longues, devrait entraîner l’exclusion des ménages les plus fragiles du financement. Même si celui-ci sera sans nul doute revu à la hausse lors de la réactualisation de début avril, le décalage avec un taux qui ne devrait être que légèrement rehaussé devrait demeurer très pénalisant au cours du deuxième trimestre pour les emprunteurs.