Immobilier : L’ex premier ministre tchèque visé par une enquête pour blanchiment pour l’achat du château Bigaud à Mougins

Le parquet a ouvert une enquête sur l’acquisition du château Bigaud à Mougins en 2009 par l’ex premier ministre tchèque et milliardaire Andrej Babis, épinglé fin 2021 par les Pandora Papers.

Le vieux village de Mougins (Côte d'Azur) où résida Picasso.

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L’ex-Premier ministre tchèque et milliardaire Andrej Babis, épinglé fin 2021 par les Pandora Papers, est visé par une enquête ouverte en France pour blanchiment de fraude fiscale, a indiqué à l’AFP vendredi le parquet national financier (PNF), confirmant une information du Monde.

L’enquête, ouverte en février, a été confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) de la police judiciaire française, a précisé le PNF.

Elle s’intéresse aux conditions d’acquisition de « biens immobiliers sur la Côte » d’Azur par l’homme d’affaires, chef du gouvernement tchèque entre 2017 et 2021, via ses sociétés offshore, selon une source proche du dossier.

Classé sixième fortune tchèque par l’hebdomadaire financier « Euro », M. Babis faisait partie des 35 hommes politiques apparaissant dans les Pandora Papers, une enquête publiée en octobre dernier par des médias du monde entier.

Le château Bigaud à Mougins, une propriété acquise 15 millions d’euros

Selon les journalistes du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), le magnat de l’agriculture et de la chimie a utilisé 15 millions d’euros (17,4 millions de dollars) provenant de ses sociétés offshore pour acheter, en 2009, le château Bigaud, une grande propriété située à Mougins (Alpes-Maritimes).

Il n’avait pas mentionné cette acquisition sur sa déclaration de patrimoine quand il est entré en politique, d’après les Pandora Papers.

Andrej Babis, alors en pleine campagne des législatives pour conserver son poste de Premier ministre, avait assuré qu’il n’avait « jamais rien fait d’illégal ou de mal » et a qualifié ces allégations de diffamation à son encontre et à l’encontre de son parti, le mouvement populiste centriste ANO (« Oui » en tchèque).

Il avait finalement perdu de justesse le scrutin.

L’homme politique, candidat présumé à la présidentielle en 2023, a déjà été inculpé en mars par la justice de son pays pour des soupçons de fraude aux subventions européennes concernant sa propriété agricole.

La police tchèque soutient qu’en 2007, M. Babis a sorti sa ferme « Nid de Cigogne » de sa holding Agrofert (industrie alimentaire, chimie et médias) pour obtenir une subvention européenne de deux millions d’euros réservée aux PME.