Immobilier Marseille : La ville veut produire 27.000 logements d’ici 2028 dont la moitié « abordables »

La ville de Marseille veut produire 27.000 logements d’ici 2028, soit 4.500 par an dont 2.300 logements « abordables ».

Marseille

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Confrontée à une « véritable urgence » en la matière, la ville de Marseille veut produire 27.000 logements d’ici 2028, soit 4.500 par an dont 2.300 logements « abordables« , a dévoilé la municipalité vendredi en présentant sa contribution au futur programme local de l’habitat (PLH) métropolitain.

Ces logements dits « abordables » comprennent à la fois les logements sociaux locatifs, les logements gérés à destination des publics précaires ou encore les logements bénéficiant d’un dispositif d’accession sociale à la propriété.

« Dans ces 2.300 logements abordables, 1.500 seront construits en neuf et 800 créés dans le parc privé existant par la réhabilitation ou la restructuration« , a détaillé Mathilde Chaboche, adjointe au maire de Marseille en charge de l’urbanisme.

Cette dernière a également insisté sur la nécessité de « ventiler et répartir » cette offre de logements abordables sur l’ensemble des secteurs de la ville, ce qui n’est pas le cas actuellement.

La deuxième ville de France conditionne également ces objectifs à une « justice territoriale » à l’échelle des 92 communes de la métropole Aix-Marseille-Provence, et ce en matière de logements sociaux « mais pas que« , a insisté l’élue du « Printemps marseillais« , une large union de la gauche.

Or, on assiste, selon elle, à une « inégale répartition de l’effort constructif à l’échelle du territoire« , avec des « petites communes autour, très attachées à la préservation du cadre de vie de leurs habitants« , qui ont contracté une « forme de dette symbolique et éthique vis-à-vis de Marseille« , dont la proximité leur garantit un dynamisme économique et culturel qu’elles n’auraient pas autrement.

« La métropole est dépourvue de PLH, elle devrait en avoir un depuis sa création (NDLR: en 2016), et malheureusement, depuis des années, nous naviguons à vue sur cette question du logement, pourtant éminemment politique et stratégique« , a ajouté Mme Chaboche, soulignant que ce futur PLH, qui devrait être adopté en conseil de métropole fin 2022, engagera le territoire pour six ans.

Nous sommes face à une « véritable urgence de la question du logement dans ce territoire » marseillais, caractérisé à la fois « par sa pauvreté et par l’héritage d’un mal-développement au plan urbain, au plan de la fabrication du logement et au plan de sa répartition« , a encore déploré l’élue à l’urbanisme.

Aux côtés de la maire-adjointe Samia Ghali et de l’adjointe aux affaires sociales Audrey Garino, elle a rappelé le triste palmarès de Marseille : 40.000 logements indignes, 40.000 demandeurs de logements sociaux en attente d’attribution, sept foyers sur dix qui y sont éligibles, ou encore 100.000 passoires énergétiques.

« On a beaucoup de logements de mauvaise qualité« , a abondé Mme Ghali, précisant que dans certaines grosses copropriétés dégradées, avec des logements « squattés, indignes, voire insalubres« , les gens vont préférer « aller vers le logement social alors qu’ils pourraient être dans le logement privé« .

Avant même cette conférence de presse de la ville de Marseille, la métropole avait regretté vendredi matin le retard de la deuxième ville de France à donner ses propositions pour ce futur PLH, affirmant que les 91 autres communes de la métropole avaient « transmis leurs copies il y a plus de six mois déjà« .