Paris: Hidalgo promet un plan d’investissement grâce à la hausse de la taxe foncière

La hausse de la taxe foncière à Paris va permettre à la maire Anne Hidalgo d’établir un plan d’investissement pour la deuxième partie de sa mandature, une demande répétée de ses alliés écologistes et de l’opposition, a annoncé mardi son adjoint aux finances.

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Le texte de l’exécutif voté mardi lors du débat d’orientation budgétaire « permettra d’élaborer sereinement, maintenant que nous savons nos capacités d’autofinancement, un plan d’investissement pour la deuxième partie de la mandature (…) sur nos projets prioritaires« , a déclaré Paul Simondon (PS).

Les écologistes, alliés turbulents des socialistes, et l’opposition réclament depuis des mois un programme d’investissement de la mandature (PIM), dans un contexte budgétaire assombri par les crises sanitaire et énergétique.

Leur demande était à chaque fois repoussée par l’exécutif.

Une hausse de 52% de la taxe foncière

Mais lundi 7 novembre, Anne Hidalgo a annoncé une hausse de 52% de la taxe foncière pour les propriétaires parisiens, qui représentent un tiers des 2 millions d’habitants de la capitale. Cette hausse devrait rapporter environ 580 millions d’euros supplémentaires à la Ville dès 2023.

L’élue socialiste a ainsi renoncé à sa promesse électorale, en 2020, de ne pas augmenter les impôts locaux.

« Je ne pourrai pas tenir cet engagement« , a-t-elle reconnu en séance du Conseil de Paris, appelant les propriétaires parisiens à la « solidarité » pour lui permettre « de tenir un service public de qualité ».

Elle a une nouvelle fois reproché au gouvernement l’augmentation de la contribution de solidarité imposée à la capitale: « Les contribuables payent 720 millions d’euros pour le budget de l’Etat », a-t-elle réaffirmé, alors que la dotation globale de fonctionnement reçue en retour « s’élève à 40.000 euros« .

Jeudi, le ministre des Comptes publics Gabriel Attal avait balayé ces critiques, réclamant à Anne Hidalgo des « réformes de structure » et une meilleure maîtrise des « dépenses discrétionnaires de subventions, qui ont très fortement augmenté ces dernières années« .

Ce mardi, les élus LR et apparentés, principal groupe d’opposition, ont boycotté le débat budgétaire, leur cheffe de file Rachida Dati fustigeant face à la presse une « politique de braquage des Parisiens ».

Anne Hidalgo « avait dit, juste avant l’été, que jamais elle n’augmenterait les impôts« , a rappelé la maire du VIIe arrondissement, dénonçant « l’irrespect de la parole publique » et réclamant un « audit des dépenses courantes et des politiques publiques » de la mairie.

Lors du même débat, la maire de Paris a fait une autre concession à son opposition au sujet des « jetons de présence », rémunérations pour les élus siégeant aux conseils d’administration de la vingtaine de sociétés d’économie mixte (SEM) de la ville.

Au conseiller MoDem Pierre Casanova qui lui demandait de mettre fin à ce système, l’élue socialiste a répondu: « Je suis tout à fait d’accord sur la question des jetons de présence. Trouvons une majorité pour la voter ».

Pour la députée MoDem Maud Gatel, qui réclamait déjà leur suppression en 2014, ces « compléments de salaire ne se justifient en rien, les élus étant déjà indemnisés ».