Le climat immobilier s’alourdit, 81% des notaires Immonot conseillent de vendre avant d’acheter !

Les notaires négociateurs viennent de publier leur note de tendance issue d’une enquête nationale réalisée fin mai 2018 auprès d’études notariales réparties sur toute la France.
Ils prévoit un rythme de croisière sans à-coups, tant au niveau des prix que des transactions. Et conseillent de ne pas s’emballer, de vendre avant d’acheter. Decryptage avec
Bernard Thion.

Immonot.com publie tous les deux mois la tendance du marché immobilier. Cette dernière est issue d’une enquête nationale réalisée fin mai 2018 auprès d’études notariales réparties sur toute la France, décryptée par le Professeur Bernard Thion.

Pour les notaires d’immonot  l’activité et les prix devraient rester stables

Les anticipations un peu trop optimistes de nos correspondants fêtant l’arrivée du printemps n’ont pas rencontré le succès espéré. Alors que 35 % prédisaient une reprise après l’inflexion du 1er trimestre, ils ne sont plus que 28 % à l’avoir constatée. Parallèlement, la proportion des pessimistes deux fois plus nombreux équilibre les deux tendances et rend nul le solde des opinions. Pour les mois de mai et juin, les prévisions d’activité deviennent ainsi beaucoup plus raisonnables. La proportion des réponses favorables se limite à 23 % – contre 17 % de défavorables – tandis que 60 % s’orientent vers une stabilité dans le nombre des compromis à venir.

Cette activité en demi-teinte se retrouve aussi dans les prévisions d’évolution des prix des logements. Pour les deux mois à venir, les ¾ de nos correspondants prédisent la stabilité, 12 % des hausses et 14 % des baisses. Dans un contexte où le prix des sous-seings semble relativement stable, tandis que les indicateurs traditionnels (taux d’intérêt, prix des loyers et évolution du chômage) traversent une période de quasi-léthargie, les notaires hésitent à se prononcer sur une tendance des prix à la hausse ou à la baisse.

Vendez avant d’acheter !

Depuis l’été dernier, les notaires demeuraient assez partagés sur l’évolution des prix à plus long terme et, d’une manière générale, préconisaient l’achat pour ceux qui se situaient en ville, et la vente – donc la baisse des prix – pour ceux qui exerçaient en zone rurale. Mais la dernière enquête présente une rupture prononcée avec cet équilibre : 81 % des notaires interrogés considèrent maintenant qu’il y a lieu de vendre un bien en premier avant d’en acquérir un autre, 19 % demeurant d’un avis contraire. D’une part, ces positions beaucoup plus tranchées accompagnent un retournement de tendance sur les prix dans certaines villes tests de l’arc atlantique, comme Nantes et surtout Bordeaux qui faisait figure jusque-là de témoin idéal de la bonne santé de l’immobilier. D’autre part, elles témoignent d’une conjoncture plus délicate, tant sur le plan économique que politique. Toutefois, les perspectives au niveau du prix des terrains à bâtir apparaissent moins pessimistes, 36 % des réponses restant orientées vers l’achat.

Le climat économique s’alourdit

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« En mai, le climat des affaires se replie pour le cinquième mois consécutif tout en demeurant à un niveau relativement élevé » relève l’Insee. Pour l’emploi, alors que le niveau reste élevé, un léger fléchissement apparaît. A priori, il n’y a donc pas de réel motif d’inquiétude sur le plan de la conjoncture économique, d’autant que le secteur du bâtiment continue à bien se porter.

Cependant, s’ajoutent à la fois la baisse de popularité de notre président qui, selon l’IFOP, perd 3 points en mai touchant son plus bas niveau depuis août 2017 avec 41 % de satisfaits, et les grèves à répétition de la SNCF et de la compagnie Air France.

Cette apparente rupture avec le climat quelque peu euphorique du deuxième semestre 2017 n’est probablement pas étranger à un alourdissement du climat sur le marché immobilier.

© mysweetimmo/adobestock

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