Strasbourg : Bouygues reconvertit le néo-gothique Hôtel des Postes en lieu de vie

À l’été 2021, l’Hôtel des Postes de Strasbourg accueillera des logements résidentiels, des bureaux neufs et réhabilités, une résidence services pour seniors et une brasserie- restaurant.

Un programme immobilier historique

Autrefois haut lieu de télécommunication et de correspondances, l’Hôtel des Postes incarne de tout temps la modernité et le caractère cosmopolite de Strasbourg.  Aujourd’hui, l’ensemble architectural entre dans une nouvelle ère de son histoire, après 119 années placées sous l’égide du Groupe La Poste (auparavant PTT). À l’été 2021, l’Hôtel des Postes de Strasbourg accueillera des logements résidentiels, des bureaux neufs et réhabilités, une résidence services pour seniors et une brasserie- restaurant. À ce projet d’envergure s’adjoindront, notamment, la création de surfaces neuves et de stationnements en sous- sol dans la cour centrale.

Au printemps 2019, l’Hôtel des Postes de Strasbourg débutera une réaffectation intégrale du bâtiment sur l’ensemble des surfaces existantes.  Remarquablement conservé depuis son origine, le bâtiment de style néo-gothique, construit à la fin du XIXe siècle (1887) sous l’occupation prussienne, profite d’un site de plus de 11 000 m2 au sol.  Sise à 500 mètres des monuments classés de la Place de la République, la structure est répertoriée “ bâtiment exceptionnel ” pour la partie du XIXe siècle et “ bâtiment intéressant ” pour la partie reconstruite d’après-guerre (corps central de l’Avenue de la Marseillaise).

Un ensemble de vi(ll)es transfiguré

Coordonnée par Bouygues Immobilier et Poste Immo, la programmation de l’Hôtel des Postes offre une réalisation unique en France, entre patrimoine et modernité. Le projet de réhabilitation compte 8 composantes distinctes, allant du résidentiel au tertiaire. L’ensemble du projet devrait être mené du printemps 2019 à l’été 2021.

Des logements en accession.  Localisés le long de l’Avenue de la Liberté,  les logements sont desservis soit par la cage d’escalier monumentale, datant du XIXe siècle, soit par les deux cages d’escaliers angulaires, tout aussi remarquables.  Trois ascenseurs neufs seront habilement intégrés à l’ensemble. À chaque étage, les distributions, aux voûtes et hauteurs exceptionnelles, sont maintenues et sublimées. En outre, les combles sont rehaussés et exploités par l’intégration de nouvelles lucarnes donnant sur la cour intérieure. Des mezzanines sont prévues pour certains logements du rez-de-chaussée et du 2ème ou 3ème étage.

Une résidence seniors, Les Jardins d’Arcadie. À l’angle de la rue Malraux et de l’Avenue de la Marseillaise s’intègrera cette nouvelle résidence services pour seniors. À l’intérieur de la cour couverte Malraux, deux extensions neuves sur 2 niveaux complèteront les espaces existants rénovés. Assortis d’un ascenseur neuf chacun, les deux accès se feront par la cage angulaire ou par l’escalier existant, débouchant sur la cour centrale. Au centre du programme, un troisième ascenseur est prévu. En complément, des services de conciergerie et d’assistance seront proposés aux résidents : présence H24, coordination des rendez-vous médicaux, services à la personne… Certains services seront, par ailleurs, accessibles aux autres résidents de l’Hôtel des Postes.

Des logements locatifs aidés et en démembrement. Ces logements sont prévus au croisement de la rue Wencker et de l’Avenue de la Marseillaise. Un ascenseur et une cage d’escaliers neufs permettront l’accès aux étages et différents lots, aboutissant sur la cour intérieure principale. En outre, l’angle Marseillaise – rue Wencker sera desservi par une cage angulaire supplémentaire.

Le bureau de Poste. Il conservera son emplacement historique, Avenue de la Marseillaise. La verrière bénéficiera d’une réfection totale. Un sous-sol neuf aménagé sous le bureau de Poste, accueillera un parc de stationnements strictement réservé à La Poste.

La brasserie-restaurant. Située à l’angle de l’Avenue de la Marseillaise et de la rue Wencker, la future brasserie occupera le rez-de-chaussée surélevé actuel et le sous-sol existant. Éclairée zénithalement, la brasserie constituera une entité entièrement autonome du programme.

L’hôtel des postes, preuve vivante de la grandeur et de la puissance de la patrie unie

Au cœur de la Neustadt, inscrit depuis 2017 au Patrimoine mondial de l’UNESCO, l’Hôtel des Postes est né d’une volonté politique forte. En délocalisant la Poste centrale de Strasbourg sur l’axe Kaiser-Wilhelmstrasse (littéralement : la route de l’Empereur Guillaume), le gouvernement impérial voulait (ré)affirmer la prééminence du nouveau centre administratif de la capitale du Reichsland.  Au fil des décennies, ce “monument d’Empire” a vu se succéder, à l’image de l’Alsace entière, trois changements de nationalité.  À la veille de la guerre franco-prussienne de 1870, 74 bureaux de poste étaient en activité, en Alsace. Rue Brûlée, Grand’rue, rue du Dôme, rue de la Nuée-Bleue… de tout temps à Strasbourg, la Poste centrale a connu de multiples adresses. Auparavant installée dans l’Hôtel du Commerce de la Place Gutenberg de Strasbourg, la Poste prend ses nouveaux quartiers à l’Hôtel des Postes en 1899. Inauguré le 12 novembre de cette même année à 11h00, par le Secrétaire d’Etat de la Poste, Von Podbielski, l’ensemble architectural se devait d’être “la preuve vivante de la grandeur et de la puissance de la patrie unie”.

Un choix de style néo-gothique approuvé et annoté par l’empereur Guillaume II

Trois années auront été nécessaires pour ériger cette structure de style néo-gothique, construite en un temps record. Établi par les architectes berlinois Ernst Hake et Ewald von Rechenberg, l’Hôtel des Postes a été bâti d’avril 1896 à août 1899, sur un terrain de 11 000 m2 aux abords des bâtiments ministériels et impériaux. Le coût total des travaux s’élevait à 2,35 millions de Reichsmark, soit 31,5 millions d’euros estimés.  À cette époque, Strasbourg est alors capitale d’un territoire intitulé “Terre d’Empire Alsace- Lorraine”, régi par le Reich allemand. Sous l’impulsion de ce dernier, la métropole verra alors se développer une politique d’urbanisme très importante. Plus de 40 bâtiments publics y seront érigés entre 1870 et 1918 (la gare centrale, l’université, le Palais de l’Empereur (aujourd’hui, le Palais du Rhin)…). Forte de cette dynamique, jusqu’à 1914, Strasbourg triplera sa population de 75 à 175 000 habitants.

Pour l’Hôtel des Postes, le choix de style néo-gothique a été approuvé et annoté par l’empereur Guillaume II en personne, dès
1895. Un avant-projet, de l’architecte Skjold Neckelmann, largement inspiré du style néo-renaissance du Reichstag de Berlin (1884-1894), avait été envisagé au préalable, puis finalement rejeté. Cette rupture avec les constructions alentours s’inscrit toutefois dans la continuité par l’utilisation du grès blanc, extrait des carrières de Phalsbourg et Arzviller.

© SweetRédaction