De plus en plus de notaires prévoient un affaissement des prix de l’immobilier

Immonot.com publie tous les deux mois la tendance du marché immobilier, issue d’une enquête nationale réalisée fin novembre 2018 auprès d’études notariales réparties sur toute la France, décryptée par le Professeur Bernard Thion pour Immonot.com.

Comment les notaires d’immonot voient-ils les deux prochains mois ? Même si la fin d’année est marquée par un sentiment d’incertitude et d’attentisme, le marché immobilier devrait encore être actif en 2019.

Un marché encore actif, des acquéreurs avertis et exigeants

En octobre, on retrouve un bon niveau d’activité équivalent à celui de l’an passé et conforme à celui attendu dès la fin de l’été par les notaires négociateurs. 28 % d’entre eux prévoyaient en effet une amélioration contre 17 % une détérioration et ils sont 25 % pour les premiers et 16 % pour les seconds à l’avoir constaté ces deux derniers mois. Pour la fin de l’année, les deux tiers d’entre eux prévoient une stabilité de leur activité avec, en parallèle, une légère diminution du nombre à la fois des optimistes (20 %) et des pessimistes (14 %). C’est ainsi que nos correspondants de Saint Hilaire du Harcouët, au cœur du pays de la Baie du Mont Saint Michel, soulignent que « le marché est actif, mais les acquéreurs avertis et exigeants ». Sur le plan national, le chiffre annuel des ventes de logements, qui culmine actuellement à 950.000, devrait donc se maintenir, voire être légèrement dépassé fin décembre.

Vers un affaissement des prix ?

Au niveau des prix, pour les terrains comme pour les logements, la tendance demeure très incertaine, l’environnement économique et politique n’incitant pas à un réel optimisme. Il en résulte une certaine appréhension chez nos correspondants en dépit des chiffres communiqués par l’Insee qui demeurent positifs d’un mois sur l’autre, notamment pour le prix des maisons. Ainsi, pour cette enquête, la proportion des négociateurs à prévoir une hausse des prix d’ici la fin de l’année est de 13 % pour les logements et 14 % pour les terrains, alors que ces chiffres montent respectivement à 25 % pour les premiers et 23 % pour les seconds chez ceux qui prévoient une baisse.  Rappelons en effet que les investisseurs sont moins présents sur le marché, les rendements locatifs étant particulièrement faibles, alors que l’allongement de la durée des prêts pour conserver des mensualités acceptables semble rebuter bien des acquéreurs, limitant ainsi la demande.

« Vendez ! « , conseillent les notaires

Plus les mois passent et plus le nombre de notaires prévoyant un affaissement des prix augmente. La logique voudrait, en effet, qu’à plus ou moins long terme les taux d’intérêt remontent. C’est déjà le cas aux États-Unis où, suivant l’OCDE, ils atteignent 4,5 % pour une inflation de 2,5 % alors que, fin octobre, ils ne s’élèvent en France qu’à 1,2 % pour une inflation de 2,2 %. Or, en matière de taux, les Européens ont tendance à suivre les Américains avec un décalage plus ou moins important. En outre, les deux dernières crises financières se sont espacées de dix ans. Si la prochaine suit ce cycle, elle ne devrait pas tarder à se présenter.  À partir de ces quelques réflexions, il est assez logique que les conseils des notaires soient très majoritairement orientés vers la vente plutôt que vers l’achat. À terme, une augmentation des taux d’intérêt se traduisant invariablement par une baisse des prix immobiliers, il vaut mieux profiter du niveau élevé des prix actuels pour réaliser de bonnes affaires.

 

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