« Il n’existe aucune vérité universelle, ce qui compte c’est l’analyse du micro marché ! », Roland Tripard

Les marchés immobiliers en France sont devenus tellement nombreux et tellement disparates que la seule chose qui vaille aujourd’hui, c’est un professionnel de terrain qui connaisse très bien sa zone. Roland Tripard, président du directoire d’IAD France répond sur le vif aux questions d’Ariane Artinian.

Que faut-il retenir du dernier baromètre LPI – SeLoger ?

On peut tirer au moins trois enseignements de ce baromètre.

Premièrement, l’année 2018 a certes été un bon cru sur le marché de l’immobilier, quoique légèrement en deçà de 2017 en terme de volumes de vente. Cette tendance devrait d’ailleurs se prolonger en 2019 : on s’attend encore à une bonne année, mais avec un volume encore un peu inférieur à celui de 2018.

Deuxièmement, en ce qui concerne les prix, c’est le statu quo : le point d’inflexion a été franchi, c’est à dire que les prix continuent d’augmenter légèrement mais globalement la hausse ralentit. On s’attend à environ 2 % de hausse pour les mois qui viennent, et en cela le marché devrait rester très porteur.

Troisièmement, la disparité entre les régions et entre les villes s’est encore accrue. En conséquence, cela devient de plus en plus difficile de parler de l’évolution « du » marché, puisqu’il faut s’intéresser à chaque secteur et à ses spécificités.

En quoi l’observatoire LPI – SeLoger vous semble-t-il indispensable aujourd’hui ?

À l’exception de la base des notaires, cet observatoire est le seul qui agrège suffisamment de données pour être pertinent au niveau de la région, de la ville ou de la métropole. Il se distingue même grâce à la fraîcheur de ses données : ce baromètre se fonde non pas sur des transactions, mais sur des compromis de vente. Ils sont actualisés dans la base de données chaque semaine, et les statistiques sont renouvelées d’un mois sur l’autre !

Quels conseils pouvez-vous donc donner aux particuliers qui ont un projet immobilier ?

Le premier conseil que je leur donne, c’est de s’appuyer sur des professionnels de qualité pour obtenir des conseils et des avis sur leur marché local ! Entre Bordeaux, Rennes, Limoges, Perpignan, les marchés ruraux de Champagne-Ardenne ou de Lorraine, les disparités sont colossales ! La seule chose qui vaille est un conseil de proximité qui soit spécialiste du micro-marché sur lequel chacun se trouve.

Mais vous, à titre personnel, voyez-vous une zone particulière où il est bon d’investir ?

Je m’intéresse tout particulièrement au marché de l’hyper-centre parisien, et je souhaite lancer une mise en garde. Certains prix se sont envolés, sans que ça ne soit forcément justifié.

Que dites-vous à vos conseiller immobiliers ? Comment doivent-ils aborder la question de la conjoncture et en parler à leurs clients ?

J’en reviens à ce que je vous disais : il n’existe aucune vérité universelle, seul compte le micro-marché. Je les incite à analyser très profondément leur secteur, à aller chercher en mairie les déclarations d’intention d’aliéner, qui sont des outils de mesure extrêmement précis pour se faire une idée du nombre de transactions à l’échelle d’une commune. Le conseil dont les gens ont besoin aujourd’hui, c’est un conseil hyper-local !

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