Le domicile de demain sera connecté au service du résident

Pour Malek Rezgui, président du Groupe Sedelka-Europrom, il est nécessaire de penser différemment le logement.

Les boitiers domotiques connectés n’ont plus la cote, pour autant le résident attend de plus en plus de services au sein de son domicile, tout en respectant son intimité. Cela oblige les professionnels de l’habitat à repenser le logement de demain pour fournir plus d’émotions et de services vraiment utiles.

Au revoir la domotique ancienne génération…

Les sondages et enquêtes d’opinion soufflent le chaud et le froid. Si 43% de personnes* estiment que c’est un gadget, près d’un tiers aimerait avoir un système de chauffage pilotable à distance, un système d’éclairage ou un appareil électroménager intelligent. Mais beaucoup considèrent que ce type d’équipement est réservé uniquement aux foyers aisés. Les professionnels de l’immobilier ont bien essayé d’intégrer directement de la domotique dans leurs programmes de logement ces dernières années, mais la fiabilité n’a pas toujours été au rendez-vous et les utilisateurs se sont parfois retrouvés démunis face à des objets trop complexes à installer, à paramétrer ou à mettre à jour.

Qui plus est, l’abondance de boitiers et autres box non compatibles entre elles a fini par en rebuter beaucoup. L’avenir réside donc dans des solutions discrètes, simples d’utilisation et interconnectables, car personne ne veut une profusion de fils ou de capteurs chez soi. C’est le challenge des promoteurs.

… Bienvenue aux émotions et aux vrais services numériques au domicile

Si les résidents ne sont pas suréquipés en objets connectés, assistants vocaux personnels et autres solutions domotiques, ils n’en restent pas moins en attente de services interactifs. Le client est au cœur du projet, il faut donc être à son écoute. Selon le dernier baromètre Qualitel réalisé par l’Ipsos**, sa priorité est l’économie d’énergie (81%), l’autonomie des personnes âgées (75%) et la prévention des intrusions (72%).

Mais demain, je fais le pari que les résidents voudront vivre plus d’expériences et d’émotions directement chez eux. Après être rentré et que la température du logement se soit automatiquement adaptée à la présence d’une ou plusieurs personnes dans certaines pièces et que les volets se soient baissés en fonction du coucher du soleil, il voudra autre chose. En connaissant ses habitudes de vie, qu’il aura préalablement renseignées via une interface sécurisée, il pourra créer des scénarios de vie auxquels nous répondrons par des expériences inédites et des services de plus en pointus. Je ne prendrai pas la Saint-Valentin ou les premiers rendez-vous en amoureux comme exemples de scénarios, tout le monde veut à peu de choses près les mêmes choses ces soirs-là… Voyons plutôt une soirée foot à la télé, le résident ayant préalablement indiqué qu’il aime regarder les matchs et qu’il supporte une équipe en particulier :

  • 1h avant le début de la rencontre, il peut recevoir sur son smartphone une promotion pour un repas complet livré avant le début du match ;
  • 15 minutes avant le coup d’envoi, la télévision s’allume, l’intensité de la lumière baisse, les hauts parleurs sont activés (mais pas trop forts pour ne pas gêner les voisins) ;
  • Pendant toute la durée du match on accède à des statistiques exclusives sur les joueurs via son smartphone ou le téléviseur, on peut aussi intensifier le volume des chants des supporters et mieux écouter les bruits captés par les micros au ras de la pelouse.

Il s’agit là de permettre à tout le monde de mieux profiter d’un moment de vie qui était préalablement prévu, sans rien lui imposer et sans aucune contrainte logistique particulière. Cela s’appliquera aussi à des scénarios plus classiques, de vie quotidienne, voire de santé. Par exemple, si une personne du foyer souffre d’asthme aigu, il lui sera utile de recevoir une notification sur la qualité de l’air à l’extérieur.

A travers ces gammes de services personnalisés, les promoteurs immobiliers sortent de l’ère de la domotique pour se préoccuper réellement de la vie quotidienne et du bien-être des occupants de leurs logements. Cela nous oblige à repenser aussi nos façons de travailler et de concevoir nos programmes.

Penser différemment le logement

L’évolution intervient bien avant la simple conception du logement. Pour mieux cerner les besoins et habitudes des familles, il faudra intégrer des anthropologues, des ethnologues, voire même des sociologues. Ce n’est qu’après cette phase qu’interviendra la dimension technologique. Ce ne sera plus au résident de se familiariser à la technologie, mais bien celle-ci qui se mettra à son service.

Les solutions sont très nombreuses, j’en veux pour preuve la place qu’elles occupent lors des derniers CES à Las Vegas. Il y a toujours plus d’intelligences artificielles pour la maison, pour les familles, pour leur santé ou encore leurs loisirs. Les intégrer intelligemment dans nos prochains bâtiments est nécessaire à la pérennité économique de tous. Les entreprises innovantes ont l’occasion de toucher rapidement des milliers de familles. Tandis que les investisseurs immobiliers privilégieront à l’achat un logement connecté, car il ne sera pas plus cher qu’un logement ancien, mais il aura plus de valeur à la revente.

Cela représente un enjeu autant technologique que sociologique et économique.

 

*sondées par l’institut Socivision pour l’Observatoire Promotelec des mutations dans l’habitat ;

**auprès d’un échantillon de 3382 personnes.

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