La baisse du taux d’usure au 1er avril, une mauvaise nouvelle pour les emprunteurs les plus fragiles

La situation déjà critique pour les personnes ne disposant d’un bon profil emprunteur va encore s’aggraver avec les nouveaux taux d’usure en vigueur au 1er avril.

Le taux d’usure tombe à 2,77% pour les crédits entre 10 et 20 ans

Rappelons-le le taux d’usure avait pour objectif au départ d’encadrer le niveau des taux des crédits afin d’éviter les abus. Un taux maximum auquel les banques et établissements prêteurs ne peuvent déroger. Ce taux d’usure correspond donc au TAEG maximum, le TAEG incluant le taux nominal, mais également l’assurance, les frais de garantie, les éventuels frais de dossier etc…
Or, ce plafond est en baisse constante depuis des mois car il se base sur le taux moyen relevé des 3 derniers mois.
Au 1er avril, les taux d’usure en crédit immobilier applicables sont donc les suivants :
2,73% pour les crédits inférieurs à 10 ans
2,77% pour les crédits entre 10 et 20 ans (-0,06%)
2,96% pour les crédits supérieurs à 20 ans (-0,05%)

De plus en plus de personnes exclues du crédit

Or nous constatons que depuis quelques mois, la situation s’est fortement tendue avec de plus en plus de personnes exclues. Malheureusement, les exclusions concernent évidemment les plus faibles : les seniors, les personnes plus à risque en assurance, celles qui bénéficient de prêts aidés et celles qui empruntent des sommes faibles sur des durées plus courtes, certaines banques refusant même de financer sur des durées inférieures à 20 ans.
En résumé la formule de calcul qui ajoute au taux moyen une marge de 30% était valable quand les taux étaient à plus de 3% mais avec des taux sous la barre de 1,50%, la marge n’est plus suffisante.

« Il est temps de changer ce mode de calcul car dans le cas contraire, les seuls à ne pas profiter des taux extrêmement bas seront les plus faibles qui vont passer à côté de cet effet d’aubaine favorisant la constitution d’un patrimoine, dommage… » explique Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.com « C’est le cas typique d’une réglementation qui produit l’effet totalement inverse à celui initialement recherché » .

© SweetRédaction