Covid-19 : Comment le marché immobilier va-t-il se relever de la crise du coronavirus ?

Henri Pagnon

Henri Pagnon, co-fondateur de Proprioo analyse l’impact de la crise du coronavirus sur le secteur de l’immobilier et évoque la reprisa à la lueur de l’analyse des comportements passés.

Comme bien d’autres secteurs, l’épidémie du Covid-19 a entraîné une diminution du nombre de transactions immobilières. Et si, comme le disait Rodolphe Elmaleh, nul n’est certain de l’étendue de l’impact d’une telle situation sur le marché immobilier, une chose est sûre : impact il y aura. Le secteur pourra se relever en partie grâce aux innovations technologiques.

Innover pour relancer l’immobilier

Face à cette situation exceptionnelle, nos activités ralentissent pour certains, se figent pour d’autres. Il faudra donc réfléchir, être créatif, audacieux, pour fluidifier et s’en relever plus vite. Entre études de notaires qui ferment, baisse drastique des demandes de prêts et agences immobilières obligées de fermer leur boutique, l’ensemble des acteurs de ce secteur se sont tournés vers les innovations pour continuer leur activité. Les mesures de confinement que nous subissons aujourd’hui doivent ouvrir la voie au développement de nouvelles technologies.

Tandis que ceux qui n’ont pas déjà mis en place visites virtuelles, estimations en FaceTime ou encore signatures à distance sont contraints de fermer pour un temps indéterminé, les acteurs innovants vont de l’avant. L’innovation a prouvé sa valeur, il est temps d’avancer encore plus loin sur ces sujets ! Il est temps d’explorer de nouveaux territoires où la technologie n’a pas encore fait montre de son utilité avec, par exemple, la possibilité de signer les actes authentiques à distance.

Cette crise porte en son sein un nombre incroyable d’opportunités qu’il nous reviendra d’explorer, de faire nôtre, pour offrir à nos clients le meilleur service qui soit.

Les 3 phases de la reprise du secteur immobilier

L’étendue de l’impact sur le secteur de la pierre dépendra entièrement de la durée du confinement et des mesures potentiellement mises en place par le gouvernement français ainsi que les institutions internationales pour relancer une économie qui tourne présentement au ralenti.

Toutefois, nous avons voulu nous prêter au jeu des possibilités en combinant l’analyse des comportements passés à une bonne connaissance du marché. De cette combinaison nous anticipons trois possibles phases distinctes à la reprise du secteur immobilier.

Atomisation de l’offre immobilière

La première arrivera dès l’arrêt du confinement et se matérialisera par l’atomisation de l’offre immobilière. L’ensemble des acteurs (agences, mandataires, indépendants) vont alors mettre tout leur stock de mandats accumulés en ligne. Tous les biens qui ont été dépubliés ou dont la commercialisation a été mise en pause durant cette période vont se retrouver d’un coup sur le marché. Le risque de cette vague importante est la mise en concurrence passive des biens immobiliers. Naturellement la tendance des prix sera à la baisse pour pouvoir se démarquer de la concurrence, pour que son bien immobilier soit vendu dans le délais imparti. Cette phase sera incarnée par une frénésie, une excitation du marché dans une volonté de rattraper le temps perdu.

Résilience des marchés économiques mondiaux

La deuxième phase est celle de la résilience des marchés économiques mondiaux. Une accalmie viendra remplacer la frénésie de la reprise. Vendeurs et acheteurs seront attentistes et “joueront” avec ce que le marché aura à proposer.  Naturellement, chacun se posera un temps pour se demander si le marché sera baissier ou si au contraire les prix se stabiliseront. Mais l’attentisme est source de doute et c’est exactement ce qu’il faut éviter : que le marché se sclérose. Si la réponse aux doutes est l’action, il est donc préférable de continuer à mener ses transactions immobilières et ne pas différer son projet.

Retour à la normale

Finalement, la frénésie et l’accalmie laisseront place à la troisième et dernière phase : le retour à la normale. Elle arrivera plus ou moins vite, toujours en fonction des mesures prises par le gouvernement et des réformes potentielles pour faciliter cette reprise. Cette phase connaîtra par contre une pente plus douce et prendra plus de temps que les deux premières. Le retour à la normale sera visible lorsque les flux cesseront de se concentrer en un faisceau de temps trop court, lorsque acheteurs et vendeurs retrouveront leurs habitudes d’avant-pandémie. La meilleure attitude à avoir dans cette phase est de prendre alors plus de temps, de challenger ses intermédiaires. Il est préférable de rester en veille, d’attendre un signal fort que nous ne manquerons pas de donner à nos clients, le moment opportun.

Coté acheteur, il reste une question en suspens : quid des banques et des taux d’intérêts ? Le relèvement des taux d’emprunts n’ont pas attendu le coronavirus. Les besoins en refinancement de la Banque centrale européenne entraînera une hausse de ses taux et, de facto, de ceux des banques françaises. Si c’est le cas, les prix de l’immobilier pourraient connaître une baisse après avoir atteint le sommet historique ces derniers temps. Cette baisse pourrait être envisageable, moyennant une action de l’État perfusant l’économie française pour endiguer cette baisse.

Quoiqu’il arrive, peu importe si les circonstances après le coronavirus sont proches où éloignées de celles que nous avons jusqu’à présent connues, nous serons à vos côtés pour vous accompagner.

Quelle que soit la durée du confinement ou encore la longueur de la crise, les êtres humains sont des êtres résilients. Comme nous avons su nous adapter à une restriction temporaire de nos libertés, nous saurons rebondir de plus belle.

Henri Pagnon, CEO et co-fondateur de Proprioo

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