Recul de l’assurance de prêt en 2019 : 15 000 euros de surcoût par emprunteur !

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D’après la Fédération française de l’assurance, le recul de l’assurance de prêt en 2019 n’est pas sans conséquence pour le consommateur. C’est un surcoût de 15 000 euros par emprunteur. Les explications de Magnolia.fr.

Pour le comparateur d’assurance en prêt immobilier sur internet, Magnolia.fr, le bilan est sans appel : alors que les cotisations d’assurance de prêt ont augmenté de 5% en 2019, la part de marché de la délégation d’assurance de prêt recule. Les banques détiennent à ce jour 88% d’un marché qui pèse 9,8 milliards d’euros tout en pratiquant des tarifs 2 à 3 fois supérieurs à la concurrence. Pourtant, cela fait 10 ans que la loi Lagarde a donné à l’emprunteur le droit de choisir son assurance de prêt.

La loi Hamon a voulu rectifier cette anomalie de marché qui coûte très cher à l’emprunteur en lui autorisant à changer de contrat la première année, puis avec l’amendement Bourquin en 2018 permettant à l’emprunteur de se délester de son contrat au profit d’un moins cher, et ce chaque année.

L’établissement prêteur fait régulièrement pression auprès de son client

Comment expliquer ce recul malgré une législation qui se positionne largement en faveur de l’emprunteur ?

  • Les taux d’emprunt très bas ne permettent pas aux banques de dégager de la marge suffisante sur les crédits. Elles ont compris que les tarifs pratiqués sur les produits d’assurance leur permettent une forte rentabilité et misent en grande partie sur cela.
  • Au moment de l’octroi du crédit, le conseiller bancaire informe rarement son client de son droit de choisir ou de changer d’assurance de prêt.
  • L’établissement prêteur fait régulièrement pression auprès de son client, remettant en cause la viabilité de son dossier d’emprunt mais également en remettant en question son taux de crédit dans le cas où celui-ci choisirait une délégation d’assurance
  • La relation entre les courtiers en crédit et les banques s’est particulièrement détériorée en 2019. Les courtiers ne peuvent plus présenter de dossiers d’emprunt qui seraient couverts par une assurance externe à celle de la banque sans se retrouver menacés par la banque de couper le partenariat en cours. Pourtant, plus de la moitié des emprunteurs passent par un courtier lors de leurs démarches pour emprunter.
  • Lorsque l’emprunteur souhaite résilier son contrat groupe bancaire, les banques usent de nombreuses manœuvres dilatoires empêchant ainsi celui-ci de bénéficier de son droit à la substitution.

Les pratiques des banques, toujours et encore impunies

Pendant ce temps-là, les organismes supposés réguler le marché restent totalement inertes face à ce scandale. Les pratiques des banques, toujours et encore impunies, empêchent les emprunteurs d’économiser sur leur crédit immobilier. En 2020, les établissements prêteurs sont de plus en plus exigeants dans l’octroi de prêts immobiliers. Plus que jamais, l’assurance emprunteur deviendra un point de négociation central avec ses clients. Mauvaise nouvelle pour l’emprunteur qui devra payer 15 000 euros de plus sur son crédit immobilier, et mauvaise nouvelle pour le marché de la délégation d’assurance qui sera amené à vivre un nouveau recul.

 

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