Immobilier 2020 et 2021 : 6 questions à Olivier Colcombet, président d’Optimhome

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En matière d’immobilier, que penser de 2020 et que doit-on attendre de 2021 ? Olivier Colcombet, président d’Optimhome et membre de l’Unis, livre sa vision …

Un mot pour définir le marché de l’immobilier en France en 2020 ?

Résistant ! Et je me permets d’en rajouter deux : Résiliant et improbable. Nous sommes allés de surprises en surprises !

Comment s’est déroulé cette année 2020 pour le secteur immobilier?

Le secteur immobilier a démarré l’année 2020 en trombe, avec une belle croissance du chiffre d’affaires sur janvier et février. Depuis ce 30 novembre, nous avons à nouveau un taux d’activité très soutenu concrétisé par un nombre important de signatures chez les notaires. La question actuelle est de savoir si les notaires vont réussir à rattraper les retards accumulés lors de ce second confinement (pour info, 20 à 30% de compromis n’ont pas pu être signés en novembre)  2020 a été très inattendu, mais c’est une belle année malgré les différents coups de stress et de freins : la deuxième année historique pour l’immobilier.

Y aura-t-il un avant / après 2020 chez les professionnels de l’immobilier ?

Oui bien évidemment. Une agence vitrée doit supporter des charges comme le bail, les murs, les permanences. Alors lorsque cette présence est empêchée 3 mois sur 12 ; l’impact est forcément colossal !

La France compte 120 000 mandataires : 80 000 d’entre eux travaillent pour des agences « en dur ». Les responsables des grandes marques d’agences vitrées annoncent 10/15% de fermetures, ce qui signifie que 10 000 / 12 000 professionnels de l’immobiliers rattachés à ces agences n’auront plus d’activité. Chez Optimhome, réseau de 1965 conseillers immobiliers indépendants, le confinement a été abordé avec des produits beaucoup plus poussés en termes de digitalisation: marketing digital, marketing automation (réseaux sociaux, outils) …

Une stratégie de dématérialisation qui nous a permis de réaliser dès le premier confinement 20% de nos actes ! Là où nous avions une lente évolution, notre modèle représente 16% de part de marché cette année.

Y aura-t-il un avant / après 2020 pour les acquéreurs ?

Les plus jeunes sont les plus motivés pour acheter. Mais entre le premier confinement et novembre 2020 ce sont aussi ceux qui se sont le plus démobilisés. En février 2020  ils étaient 42% à avoir un projet immobilier, en novembre ils ne sont plus que 35% : 7 points de baisse, quoi qu’on en pense, sur une durée courte, c’est symptomatique. On constate à l’inverse que les propriétaires souhaitant vendre pour acquérir un autre bien étaient 27% en février 2020. Ils sont passés à 32% en novembre, soit 5 points de plus. Leurs projets ont plus de chances de se concrétiser car ils ont un apport, et bien souvent le confinement a été un élément moteur qui les a motivés à changer de logement.

Quelles grandes tendances allons-nous avoir en 2021 ?

La qualité de vie et donc le logement prend de plus en plus de place dans le cœur des français. La mobilisation pour investir dans la pierre n’a pas changé, ils déménagent pour bénéficier d’un meilleur environnement.  L’organisation du bien être autour de l’immobilier a changé : il y a clairement un avant 2020 avec un mode de travail traditionnel, au bureau, et un après 2020 avec beaucoup plus de télétravail.

Même si le nombre de biens disponibles à la vente sur le marché a également baissé de près de 15% en 1 an, le marché reste majoritairement dominé par l’offre. De plus, les propriétaires ne sont pas enclins à baisser les prix.  Entre le premier et le second confinement, nous sommes passés de 2,4% à 3,4% de négociation  sur les prix des biens affichés; ce qui est très peu lorsqu’on pense qu’en 2012, nous étions à 17% de négociation. L’immobilier refuge, « la pierre », est dans le cœur des Français. Les français ont épargné  83 milliards depuis le confinement. Cette épargne est investie dans la pierre, qui est un investissement plus « secure » que la Bourse.

Qu’est-ce que les confinements ont renforcé ou fragilisé chez les professionnels de l’immobilier ?

Dans notre modèle, nous avons observé un besoin très fort d’accompagnement des conseillers. Nos conseillers sont autonomes mais jamais seuls. Les équipes du siège ont été ultra sollicitées et énormément mobilisées pour accompagner nos conseillers, notamment sur les formations. Beaucoup n’avaient pas anticipé à quel point la digitalisation était un facteur clé de succès pour se déployer. La mise en relation évolue, la rencontre des clients aussi, le confinement a accéléré la mutation et les outils digitaux que ce soit le marketing automation, les réseaux sociaux, le partage des biens …

A l’UNIS, je croise des patrons d’agences autonomes qui n’arrivent pas à mettre en place ces outils : c’est souvent trop complexe. Chez Optimhome, nous avons mis 2 ans à mettre en place ces outils et nous y avons consacré 3 millions d’euros. Mais pour 5 400 conseillers au sein du groupe DigitRE, l’économie d’échelle est évidente. Tout seul dans son coin, c’est bien plus compliqué…

 

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