Printemps de l’immobilier : A Paris, les acquéreurs deviennent de plus en plus frileux

Immobilier Paris
© adobestock

Si le millésime 2021 commence sous de bons auspices, le redémarrage de l’activité apparaît au ralenti comparé aux printemps antérieurs. Ce qu’il faut retenir du baromètre national des prix de l’immobilier de MeilleursAgents d’avril.

Une éclaircie dans la majorité de l’Hexagone

Le printemps s’annonce beau mais frais ! Alors que de nouvelles mesures pour limiter la propagation du virus viennent tout juste d’entrer en vigueur, le marché immobilier semble pour sa part bien décidé à profiter du retour des beaux jours. En effet, le regain d’activité traditionnellement enregistré par le marché durant cette période se fait déjà sentir dans l’Indice de Tension Immobilière de Meilleurs Agents.
Depuis le début de l’année, à l’exception de Strasbourg et Lille, toutes les principales métropoles françaises ont vu leur nombre d’acheteurs augmenter par rapport à celui des vendeurs. Ainsi, Toulouse, Montpellier et Rennes comptent aujourd’hui respectivement 12%, 9% et 7% d’acquéreurs de plus que de vendeurs contre 7%, 4% et 0% en janvier dernier.
Ce léger rebond s’explique par le regain de confiance des Français (seulement 47%* des porteurs de projets restent attentistes vs 55% en novembre 2020) qui est alimenté par les bonnes conditions de financement.
Conséquence de ce sursaut de dynamisme : après un mois de février dans le rouge, les prix dans les cinquante plus grandes villes de France (hors Paris) repartent à la hausse (+0,1%). Même les communes en difficulté le mois dernier retrouvent des couleurs à l’image de Montpellier (+0,4%), Toulouse (+0,4%), Lyon (+0,3%), Nice (+0,2%) ou encore Bordeaux (+0,2%)
Et pourtant… si le millésime 2021 commence sous de bons auspices, le redémarrage de l’activité apparaît au ralenti comparé aux printemps antérieurs. Certes, les candidats à la propriété font leur retour sur le marché mais… À pas de loup. Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, le surplus de la demande a été divisé par deux.

Qu’attendre de ce nouveau confinement ?

Pour la troisième fois en l’espace d’un an, l’ensemble de l’Hexagone vit au rythme d’un nouveau confinement. Les annonces d’Emmanuel Macron du 31 mars arrivent au moment où la confiance des ménages dans la pierre est au rendez-vous : 85% d’entre eux voient toujours l’immobilier comme un investissement solide et 70% le considèrent comme le placement le plus sûr. Sans parler d’habitude, les candidats à la propriété semblent désormais avoir intégré la pandémie dans leur projet immobilier. Au point que seuls 14% des projets en cours ont été abandonnés ou repoussés au cours de l’année 2020.
Et encore… Cette décision de mettre un terme aux recherches ou de les décaler dans le temps a plus particulièrement touché les projets démarrés avant la crise sanitaire. Entre le premier et le deuxième confinement et même après celui-ci, le taux d’abandon ou de report n’a en effet pas enregistré de poussée spécifique. La raison ? Agences, banques, notaires… Passée la sidération des premiers mois, les acteurs de l’immobilier ont su faire évoluer leurs outils pour continuer à accompagner les acheteurs comme les vendeurs (signature électronique, dispositifs de prospection à distance…). Une nouvelle manière de travailler qui, loin de décourager les particuliers, leur a au contraire permis de mener à bien leur projet sans retard. Tandis que l’interdiction des visites, le ralentissement du traitement des dossiers de prêts et l’annulation des déménagements connus à l’occasion du premier confinement avait eu un impact très fort sur la durée moyenne des projets, les dispositifs mis en place depuis par les professionnels du secteur ont inversé la tendance. Ainsi, les porteurs de projets préconfinement « 1 » ont vu la durée moyenne de leur projet se prolonger de 3 mois et demi.
Bilan : Les nouvelles mesures prises pour tenter d’endiguer la circulation de la Covid-19 sur le territoire national ne devraient pas décourager les porteurs de projets. Cependant, elles ne seront pas sans conséquences. En effet, la désorganisation qu’elles impliquent pour les familles ralentira nécessairement les projets prévus en ce début de printemps mais ne devrait pas empêcher le léger regain d’activité.
D’autant que les visites immobilières, tout comme en novembre dernier, devraient rester autorisées.

Paris toujours en baisse

À Paris, la crise sanitaire n’en finit pas de rabattre les cartes de l’immobilier.
Si 24% des Français ont ressenti l’envie de changer de région ou de ville depuis le début de la pandémie, ce sont 35% des parisiens qui ont exprimé le désir de quitter la capitale. Parmi leurs principales motivations : la mise sous cloche depuis maintenant plusieurs mois de tout ce qui fait le charme de la vie parisienne (fermeture des lieux culturels, des cafés, des restaurants…) mais aussi la quête d’espace et de verdure.
De quoi pousser de plus en plus de ces citadins souvent confinés dans de petites superficies à remettre en question leur projet d’achat parisien.

Ce désamour, voire ce désintérêt, pour Paris intra-muros s’en ressent sur le prix de la pierre qui continue à reculer pour le 8e mois consécutif (-0,5% en mars et -3,3% depuis août 2020). Si les petites surfaces n’échappent pas à ce phénomène (-2,3% en un an), ce sont surtout les grandes superficies qui souffrent (-3,7%). En cause ? Les familles avec enfants regardent de plus en plus vers le reste de l’Ile-de-France qui, à budget identique, leur offre un pouvoir d’achat immobilier beaucoup plus important avec des surfaces doublées, voire triplées. Les grandes gagnantes de ce nouvel état d’esprit sont donc la petite et la grande couronne (respectivement +0,3% et +0,4%).
Le retour des beaux jours dans la capitale ne devrait d’ailleurs pas changer les choses. Au regard des nouvelles actuelles sur le plan sanitaire et du nouveau confinement, les prix.

L’étude Meilleurs Agents a été réalisée du 4 au 8 mars 2021 auprès de 1406 particuliers ayant fait une estimation en lignesur la plateforme depuis janvier 2020 et qui ont déclaré un projet d’achat ou de vente imminent ou dans les 6 mois.
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