82 % des étudiants sont obligés de faire des sacrifices pour payer leur loyer

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Lourdement éprouvés par la pandémie, 82 % des étudiants consentent aujourd’hui à des sacrifices pour payer. Les loyers pèsent lourd en effet dans leur budget .

« Entre des loyers qui augmentent et une crise sanitaire qui les précarise, les étudiants peinent à boucler leur budget logement… Avec moins de 500 € par mois à consacrer au logement, c’est peu dire qu’ils ne trouvent que rarement leur bonheur et font, plus souvent qu’à leur tour, des concessions. L’étude SeLoger que nous avons menée après des étudiants nous confirme que 82% d’entre eux font d’importants sacrifices sur des postes budgétaires pourtant essentiels comme la nourriture et la santé pour pouvoir payer leur loyer…1 étudiant sur 4 nous confie également être obligé de travailler en parallèle de ses études… », explique Séverine Amate, Porte-parole de SeLoger.

Le budget logement d’un étudiant ne dépasse pas 500 €/mois

Dès le début de la crise sanitaire, les étudiants, qui jusqu’alors pouvaient compter sur un petit boulot en parallèle, ont vu leurs revenus diminuer, voire disparaître… Décrochage, détresse psychologique et difficultés à boucler les fins de mois sont ainsi devenus le quotidien de nombreux étudiants, dont on sait que la précarisation s’est aggravée au cours des derniers mois et ce n’est pas sur leur budget logement qu’ils pourront espérer réaliser des économies. En effet, le prix moyen des loyers pratiqués en France dépasse bien souvent le budget maximum que les étudiants peuvent consacrer au logement.

Selon l’étude de SeLoger, les étudiants sont prêts à consacrer 497 € par mois à leur logement (charges comprises). Toutes choses étant égales par ailleurs, force est de reconnaître que ce budget semble bien faible par rapport aux prix réels des loyers dans les grandes villes françaises. D’autant que les villes les plus demandées sont aussi, le plus souvent, celles où les loyers sont les plus élevés. L’Étudiant rappelle ainsi que les étudiants dépensent en moyenne 602 € par mois pour se loger.

Il est toutefois intéressant de noter que le budget logement des étudiants varie selon les régions. L’étude nous apprend également que les étudiants s’efforcent de s’adapter à la ville où se déroule leur formation. Le budget qu’ils se disent prêts à consacrer à leur loyer atteint, par exemple, jusqu’à 592 € par mois en Île-de-France alors qu’il se limite à 470 € mensuels partout ailleurs.  

Chiffres clés

  • Le budget maximal que les étudiants franciliens sont prêts à consacrer à leur loyer est de 592 € par mois.
  • En province, le budget logement des étudiants se limite à 470 € par mois.

Loyers des studios et des colocs : des disparités selon les régions

Sans grande surprise, c’est en Île-de-France qu’en moyenne, les loyers des studios sont les plus élevés. D’après le baromètre des loyers SeLoger, sur le marché de la location vide, le loyer moyen d’un studio francilien est de 715 € par mois ! De leur côté, les colocations franciliennes affichent, elles aussi, des loyers qui se situent dans la fourchette haute du marché et dépassent, avec 659 € mensuels, le budget maximum des étudiants…. 

En revanche, le reste de la France s’en sort plutôt bien, avec un loyer moyen qui oscille, selon les régions, entre 401 et 493 € mensuels pour un studio vide. Quant aux loyers des colocations, les chiffres nous indiquent qu’ils se limitent, en moyenne, à 374 € par mois, dans le Sud-Est et qu’ils avoisinent 323 € dans le Sud-Ouest.

82 % des étudiants consentent à des sacrifices pour payer leur loyer !

Bien que les prix immobiliers progressent moins rapidement à la location qu’à la vente, la crise sanitaire n’a pas manqué de heurter de plein fouet les étudiants dont le budget est des plus serrés. Ils sont ainsi de plus en plus nombreux, faute d’avoir pu effectuer des petits boulots lors des confinements, à s’être précarisés et à ne s’en sortir que difficilement, au prix de nombreux sacrifices. Plus de 8 étudiants sur 10 (82 %) consentent ainsi à d’importants sacrifices sur des postes budgétaires pourtant essentiels (nourriture, santé…) pour pouvoir payer leur loyer, lequel représente un tiers des dépenses pour 7 étudiants sur 10 !

Enfin, les étudiants combinent plusieurs sources de financement pour parvenir se loger. 57 % comptent sur le soutien financier d’un proche, 54 % misent sur les APL et 1 étudiant sur 4 est obligé travailler en parallèle de ses études. Face à cette situation, il n’est pas étonnant que les étudiants soient moroses. Ils sont même 83 % à estimer faire partie d’une génération sacrifiée à cause de la crise sanitaire.

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