Immobilier Royaume-Uni : Des signes de ralentissement après 2 ans de flambée

Les prix immobiliers au Royaume-Uni montrent des signes de ralentissement avec les hausses des taux d’intérêt et la crise du pouvoir d’achat, après deux années de flambée dans la foulée de la pandémie.

Coucher du soleil derrière les gratte-ciel Londres au Royaume Uni.

© adobestock

A Londres, les prix de l'immobilier affiche une progression de 6% sur 1 an contre 11% dans l'ensemble du pays.

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En 1 an, le prix moyen d’un maison au Royaume Unie a bondi de 22%

Les prix immobiliers au Royaume-Uni montrent des signes de ralentissement avec les hausses des taux d’intérêt et la crise du pouvoir d’achat, après deux années de flambée dans la foulée de la pandémie.

D’après l’indice des prix du logement britannique de l’organisme de financement mutualiste Nationwide, publié jeudi, la hausse des prix a ralenti à 10% en août contre 11% en juillet, mais cela reste le 13e mois consécutif de hausse.

Sur les deux dernières années, le prix moyen d’une maison au Royaume-Uni a bondi de 50.000 livres pour s’établir à 273.751 livres (+22% en un an).

L’indice concurrent établi par le site de petites annonces immobilières Rightmove signale pour sa part « un recul pour la première fois cette année du prix des propriétés nouvellement mises sur le marché » en août, même si cela suit une tendance saisonnière.

Le marché du logement perd de son élan

« Il y a des signes indiquant que le marché du logement perd de son élan » avec moins de demande de la part d’acheteurs potentiels et le nombre d’approbations de prêts pour des achats tombé sous ses niveaux pré-pandémie, note Nationwide.

Robert Gardner, chef économiste de Nationwide, explique à l’AFP que la montée des taux d’intérêt au Royaume-Uni devrait notamment freiner le marché pour les nouveaux acquéreurs.

« Cela commence à réduire les capacités financières » des primo-accédants, d’autant que l’apport de 10% généralement demandé pour décrocher un emprunt représente dorénavant quelque 60% du revenu annuel en moyenne, un record depuis les années 80, affirme M. Gardner.

Ce ralentissement reste cela dit « modeste », notamment à cause d’un déficit persistant de biens, ajoute le communiqué.

Les demandes aux agents immobiliers ont faibli un peu sur un an mais restent 20% supérieures à 2019, avant la pandémie, tandis que les biens disponibles sont en baisse de 39% comparé à 2019, précise Rightmove.

L’inflation à 10% et la hausse des taux vont peser sur le marché

Nationwide s’attend cependant à ce que « le marché ralentisse plus à mesure que la pression sur le budget des ménages s’intensifie dans les trimestres à venir », avec une inflation à 10% qui va encore accélérer et des taux d’intérêt qui devraient encore être relevés par la Banque d’Angleterre.

Martin Beck, économiste de EY Item Club, estime que les chiffres de Nationwide montrent cependant une résilience du marché britannique, notamment parce que la « crise du coût de la vie frappera plus les bas revenus », qui louent souvent leur logement plus qu’ils ne l’achètent.

En termes de régions, M. Gardner note que la hausse des prix à Londres est plus faible qu’ailleurs dans le pays, 6% contre 11% dans l’ensemble du pays pour le deuxième trimestre, car la capitale pâtit d’un niveau de prix devenu inabordable pour beaucoup de Britanniques, qui se reportent sur d’autres régions.

Pendant la pandémie, la capitale avait également été fuie par beaucoup de résidents à la recherche de plus d’espace, d’autant que le télétravail le permet davantage.

Si un ralentissement est attendu, M. Gardner souligne que Nationwide n’anticipe pas de véritable recul des prix. La dernière dévaluation soutenue pendant plus d’un mois ou deux des prix date de la crise financière, qui avait vu une chute de 20% des prix immobiliers.