Immobilier : Plus d’1 Français sur 2 ne souhaitent pas vivre à côté d’un cimetière

Les Français sont-ils prêts à vivre près d’un cimetière ? A l’approche de la Toussaint, SeLoger s’est penché sur la question.

fleur sur une tombe

© adobestock

La simple vue sur un cimetière représente un frein à l'achat

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A l’approche de la Toussaint, ce moment de l’année pendant lequel beaucoup de Français s’apprêtent à se rendre dans les cimetières pour honorer leurs défunts, l’équipe data de SeLoger s’est penchée sur ces lieux particuliers, chargés de significations et de symboles.

Quelle image en ont les Français ? Comment leur présence impacte-elle le marché immobilier aux alentours ? Existe-t-il comme pour les grands monuments un « effet cimetière » sur les prix ?

La proximité d’un cimetière est-elle un frein à l’achat ?

D’après une étude* menée par SeLoger, la vue sur un cimetière représente un frein à l’achat ou à la location d’un bien immobilier pour plus d’1 Français sur 2 (54%).

Cette réticence est encore plus marquée auprès des futurs acquéreurs (64%). Ce sont notamment la sensation d’une ambiance triste (41%) et la symbolique de la mort (37%) qui les poussent à choisir de vivre plus loin des cimetières.

5 % des Français vivent à côté d’un cimetière

A l’inverse, il est intéressant de noter que vivre à côté d’un cimetière est aujourd’hui une réalité pour 5% de Français. D’ailleurs, ce sont tout de même 46% des Français qui déclarent que cette proximité ne les dérangerait pas.

Sont alors évoqués le calme (53%) et la vue dégagée pour 22% d’entre eux. Une autre source de motivation serait l’espoir de bénéficier de logements moins chers (12%). Mais cela correspond-t-il à une réalité immobilière ?

Existe-t-il un « effet cimetière » sur les prix ?

C’est une perception qui semble ancrée dans les esprits : habiter près d’un cimetière coûterait moins cher. Deux tiers des Français (66%) interrogés par SeLoger estiment que le prix d’un logement donnant directement sur un cimetière est inférieur aux prix du marché.

En étudiant les marchés immobiliers autour d’une centaine de cimetières dans les plus grandes villes françaises, nous n’observons pas une dégradation du prix à leur approche. Nous constatons plutôt des réalités très hétérogènes selon l’environnement du cimetière. Il est donc impossible d’affirmer qu’il existe un “effet” cimetière”, explique Alexandra Verlhiac, économiste chez SeLoger.

Par exemple, le type de bien (appartement ou maison), l’âge du bâti présent aux environs du cimetière par rapport à l’ensemble du quartier dans lequel il se trouve, ou la proximité du cimetière à des centres d’intérêts resteront les principales explications du prix.

Globalement pour près de la moitié des abords des cimetières étudiés, les prix sont moins élevés, par rapport à la moyenne du quartier, que ce soit pour les maisons (-1% en moyenne avec des différences allant de -29% à +25%) ou pour les appartements (-1% en moyenne avec des différences allant de -32% à +22%).

-4% à l’approche d’un cimetière à Bordeaux

Pour ce qui est des appartements, c’est à Bordeaux que les prix se dégradent le plus à l’approche des cimetières (-4% en moyenne). C’est le cas pour les environs de 5 cimetières sur les 6 étudiés pour cette ville. A Rennes en revanche, aux environs des cimetières, le prix des appartements est toujours plus élevé (+5% en moyenne).

Une tendance aux antipodes pour les maisons, puisque c’est aussi à Rennes que les prix se dégradent à proximité de l’ensemble des cimetières étudiés dans la ville (-8% en moyenne).

Au contraire, à Lille, les prix des maisons sont plus élevés qu’au sein de leurs quartiers respectifs (+3% en moyenne) et ce pour 4 cimetières sur 6 étudiés dans la ville.

* Enquête réalisée sur 1003 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France pour le compte de SeLoger du 13 au 14 octobre 2022.