Immobilier Saint-Priest-la-Plaine : Avec sa maison autonome, il ne connaît pas la crise énergétique

L’énergie chère ? « Ça ne me concerne plus », explique un ingénieur français à la retraite qui s’est construit une maison énergétiquement autonome, solution prisée par un nombre croissant d’habitants face à la hausse des prix de l’énergie et aux enjeux climatiques.

L'ingénieur Jean Chappert devant sa maison à Saint-Priest-La-Plaine (Creuse), France

© PASCAL LACHENAUD AFP

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« Si je compte le chauffage, l’eau chaude et l’électricité, je dois économiser près de 4.000 euros par an« , évalue Jean Chappert, 66 ans.

Ossature en bois sur pilotis, isolation naturelle en chanvre compressé, 110 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit, chauffe-eau solaire, la demeure de ce bricoleur dénote dans le paysage de Saint-Priest-la-Plaine, petit village de la Creuse, dans le nord de la France, davantage habitué aux vieilles façades de pierre.

Pour l’heure, ce Français produit 4,5 kilowatts (kW) d’électricité, bien assez pour sa maison. Il prévoit de doubler sa capacité, avec de nouveaux panneaux sur sa future véranda, afin de pouvoir charger sa future voiture électrique.

Il se souvient, à ses débuts, du scepticisme de certains voisins. « Ils me demandaient pourquoi je faisais ce choix. Ça nécessite plusieurs démarches administratives dont on se passerait bien« , souligne l’ancien ingénieur, avec le sentiment de tenir sa petite revanche, chaque fois qu’un orage provoque une coupure de courant et que des voisins lui demandent de tirer un câble.

Le contexte a changé ces dernières années, de plus en plus de Français faisant le choix de l’autonomie. En 2015, Enedis dénombrait seulement 3.000 installations d’autoconsommation individuelle – raccordées au réseau – mais le gestionnaire en a recensé près de 208.000 fin septembre, un chiffre qui a doublé en 18 mois.

Les technologies permettant de produire de l’électricité à partir du soleil évoluent très vite et les coûts se réduisent fortement, donnant à la science photovoltaïque une place centrale dans la transition énergétique.

Selon un rapport des scientifiques du Giec publié début 2022, les coûts unitaires du solaire ont chuté de 85% entre 2010 et 2019.

Et selon un rapport de BloombergNEF, les investissements mondiaux dans les projets solaires ont progressé de 33% au premier semestre par rapport à l’an dernier, à 120 milliards de dollars.

Des panneaux solaires sur les gares

En France, la compagnie ferroviaire publique, la SNCF, vient ainsi d’annoncer jeudi l’installation de 180.000 mètres carrés de panneaux solaires sur les parkings de 119 gares, premier acte d’un plan visant à en déployer un million de mètres carrés en dix ans.

La réduction de la dépendance énergétique passe aussi pour certains aussi par des réseaux de chaleur (biomasse), l’isolation, des panneaux solaires, et aussi aujourd’hui un fort taux de bâtiments « passifs », au besoin minime en énergie grâce à l’isolation, des ventilations spécifiques, des équipements très économes en énergie (certains bâtiments passifs vont jusqu’à n’avoir ni climatisation, ni radiateur).

Jean Chappert, lui, ne veut pas être « catalogué » écologiste radical et revendique une démarche « surtout économique« , soulignant qu’il n’a pas installé de toilettes sèches, qu’il utilise un lave-vaisselle et dispose d’une piscine.

Face  aux questions suscitées par sa maison autonome, le retraité tempère les ardeurs.

« Tout le monde ne peut pas se permettre d’investir plusieurs dizaines de milliers d’euros dans une maison. Et il ne faut pas non plus penser que les panneaux solaires peuvent produire électricité et chauffage« , met en garde celui qui se chauffe au bois de coupe ou en granulés.

L’ex-ingénieur thermicien préfère insister sur des principes de base, comme la qualité de l’isolation ou l’orientation de la maison, qu’il voudrait voir imposés dans la construction.

« Cela permettrait d’être moins touché par les crises« , estime-t-il, même si « pour cet hiver, c’est trop tard« .