Bilan immobilier 2022 : Ce que disent les chiffres des notaires

Un volume de vente qui reste supérieur à 1,1 millions transactions sur les 12 derniers mois. Des prix toujours en hausse, avec une progression plus marquée pour les maisons. Voici ce qu’il faut retenir de la dernière livraison des chiffres de notaires arrêtés à fin septembre 2022.

Vue des toits et cheminées parisiens

© adobestock

A Paris, les prix de l'immobilier ont reculé de 1% en 1 an selon les notaires.

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Un marché qui se tasse avec 1 133 000 ventes en 1 an (-5,4%)

À fin septembre 2022, le nombre de transactions réalisées au cours des douze derniers mois en France (y compris les départements d’outre-mer hors Mayotte) est estimé à 1 133 000, contre 1 206  000 à fin septembre 2021. Le volume annuel de transactions est orienté à la baisse depuis le 4e trimestre 2021, après la hausse survenue entre fin 2020 et le 3e trimestre 2021.

Les prix des appartements ont progressé de 4% en un an

Les prix des appartements anciens affichent une hausse de 4% sur un an à fin septembre selon les notaires de France. L’évolution annuelle est légèrement inférieure à celles constatées ces 2 dernières années (+5,3% au 3e trimestre 2021 et +6,6% au 3e trimestre 2020) et correspond à celle relevée en 2019.

Il y a 2 ans, les évolutions annuelles des prix entre l’Île-de-France et le reste de la France métropolitaine étaient comparables (+6,7% et +6,5% respectivement). Mais alors que la hausse s’est atténuée en Île-de-France (+2,6% l’an dernier et +0,2% cette année), elle s’est maintenue sur le reste de la France (+7,7% en 2021 et +7,1% en 2022).

Au 3e trimestre 2022, les prix des appartements anciens en France métropolitaine ont légèrement progressé de 0,9% par rapport au 2e trimestre 2022 (en données provisoires corrigées des variations saisonnières). Les évolutions enregistrées sur les trimestres précédents sont positives et situées dans des proportions similaires (+1,2% au T2 2022, +1,2% au T1 2022, +0,7% au T4 2021 et +1,4% au T3 2021).

Le scenario 2023 des notaires. Les projections sur le 4e trimestre 2022 laissent présager d’une poursuite de la hausse annuelle des prix en Province (+6,9%) et d’une hausse plus mesurée pour l’Île-de-France (+1,5%). À fin janvier 2023, les projections indiquent des évolutions annuelles qui seraient de l’ordre de +1% pour l’Île-de-France, +6% pour la Province et +4% pour la France métropolitaine. »

Les prix des maisons ont progressé de 8% en un an

Sur 1 an, l’évolution des prix atteint +8,2% au 3e trimestre 2022 (+5,7% en Île-de-France et de +8,6% pour le reste de la France) et fait suite à la forte hausse de +9,1% enregistrée il y a un an. L’évolution atteint ainsi +18% en l’espace de 2 ans (+23% en 3 ans).

Au 3ème trimestre 2022, à l’échelle de la France métropolitaine, les prix des maisons anciennes au 3e trimestre 2022 ont augmenté de 1,9% comparativement au 2e trimestre. Le constat est similaire pour la Province (+1,9%) et l’Île-de-France (+1,5%). Comme pour les appartements anciens, le rythme de progression trimestriels des indices au niveau de la France métropolitaine est comparable à celui des trimestres précédents (+1,5% au T2 2022, +2,1% au T1 2022, +2,4% au T4 2021 et +2,2% au T3 2021).

Le scenario des notaires. Les projections sur le 4e trimestre 2022 augurent d’une hausse des prix sur 1 an légèrement en deçà des évolutions constatées sur le 3e trimestre, +7,3% pour la Province et +3,1% pour l’Île-de-France.
À fin janvier 2023, les projections indiquent des évolutions sur 1 an de l’ordre de +3% pour l’Ile-de-France et de +7% environ à l’échelle de la France métropolitaine et de la province).

Les prix oscillent de 1 170 euros le mètre carré à Saint-Etienne à 10 590 euros à Paris

Prix au mètre carré médian et évolution sur un an des appartements anciens sur les 9 premiers mois de l’année

Les prix au m2 médians sont compris entre 1 170 € à Saint- Étienne et jusqu’à 10 590 € à Paris. Saint-Etienne est la seule ville qui affiche des prix inférieurs à 2 000 euros le mètre carré tandis que Toulon, Reims, Grenoble, Orléans et Dijon sont en dessous de la barre des 2 500 euros le mètre carré. Il y a un an, les prix dans ces mêmes villes étaient compris entre 2 300 € et 2 400 €.
Nice, Bordeaux, Lyon et Paris (à l’instar de 2021, l’ordre reste inchangé) sortent du lot avec des prix au mètre carré supérieur à 4 000 euros.

Malgré les hausses annuelles, les prix à Saint-Étienne restent en deçà de ceux enregistrés avant la crise de 2007- 2008. À Toulon et Grenoble, ils sont quasiment revenus à leur niveau de prix record de 2007-2008.
Dans les autres communes de province, les prix au m2 observés en 2022 constituent les nouveaux records.

A Paris, le prix médian a baissé de 1% en 1 an

Sur les 18 villes étudiées, seul Paris enregistre une très légère baisse de son prix au m2 médian sur un an (-1%). L’évolution annuelle des prix n’excède pas 1% dans les communes onéreuses de Lyon et Bordeaux. Dans le reste des communes, les évolutions annuelles sont comprises entre +1% à Toulouse et +8% au Havre. La tendance est donc globalement à la hausse, mais plus mesurées et homogènes comparativement à il y a un an. En effet l’an dernier, seules 3 communes affichaient une évolution annuelle du prix inférieur à 5% (Paris, Bordeaux et Nice). À l’inverse, dans les communes de Saint-Étienne, Reims, Orléans, Strasbourg et Rennes, les évolutions annuelles étaient supérieures à 10%.

A Rennes, les prix ont grimpé de 59% en 5 ans

Les notaires n’enregistrent aucune baisse des prix entre 2017 et 2022 parmi les principales villes de province.

Les prix de l’immobilier ont progressé de +10% et +25% en 5 ans à Grenoble (+15%), Toulon (+18%), Nice (+21%) et Reims (+23%).

La hausse des prix sur 5 ans se situe entre +25% et +35% à Toulouse (+25%), Lille (+26%), Montpellier (+27%), Bordeaux (+29%), Marseille (+30%), Orléans (+32%), Le Havre (+32%), Saint-Étienne (+32%) et Dijon (+34%).

Strasbourg (+37%), Lyon (+43%), Nantes (+46%) et Rennes (+59%) se démarquent quant à elles avec une évolution du prix supérieure à 35% sur 5 ans.

A Saint-Etienne, les prix ont baissé de 3% en 10 ans

Saint-Étienne est la seule ville où les prix ont reculé en 10 ans : – 3% selon les notaires.
Toulon (+2%), Grenoble (+7%), Le Havre (+9%) ont connu des hausses de prix inférieures à 10% en 10 ans.
Reims (+13%), Nice (+17%), Dijon (+20%), Marseille (+21%), Orléans (+22%), Lille (+24%), Montpellier (+25%), Paris (+27%) et Toulouse (+27%) enregistre des hausses comprises entre 10% et 30%.
5 villes connaissent des hausses supérieures à 30% : Strasbourg (+45%), Nantes (+53%), Lyon (+58%), Bordeaux (+58%) et Rennes (+60%).

Nouveau record pour les prix des maisons

Les prix de vente médian ont atteint un nouveau record dans chacune des agglomérations étudiées. Le prix dans l’agglomération du Havre franchit le seuil des 200 000 € pour la 1ère fois. Dans l’agglomération de Nice, le prix de vente médian atteint 590 400 €, soit une progression de plus de 100 000 € en l’espace de 2 ans.
6 agglomérations avec un prix de vente médian supérieur à 400 000 € en 2022, contre 4 l’année passée et seulement 2 il y a 2 ans. À l’inverse, 6 agglomérations avec un prix de vente médian inférieur à 300 000 € en 2022 (Le Havre, Saint- Étienne, Lille, Orléans, Reims et Dijon) contre 11 agglomérations il y a 5 ans.

Les prix des maisons ont augmenté de 12% en un an à Strasbourg

À l’instar des 2 dernières années, aucune baisse de prix n’est constatée sur 1 an parmi les agglomérations observées. Les hausses les plus modérées sont constatées pour la métropole de Paris (+2,1%) et les agglomérations de Bordeaux (+2,9%) et Reims (+3,3%).

Les hausses les plus significatives sont constatées pour les agglomérations de Marseille-Aix-en-Provence (+10,6%), Nice (+11,4%) et Strasbourg (+12,0%). Les 2 premières avaient déjà vu leur prix augmenter de 10% il y a un an (+7% pour l’agglomération de Strasbourg).
Dans le reste des agglomérations, les évolutions sont relativement homogènes et comprises entre +4% et +8%.

A Lyon, les prix des maisons ont progressé de 39% en 5 ans

Les notaires n’observent pas de baisse des prix des maisons dans les grandes villes sur 5 ans.
5 agglomérations avec une hausse de prix inférieure à 25% entre 2017 et 2022 : Orléans (+17%), Grenoble (+17%), Reims (+21%), Le Havre (+21%) et Toulouse (+21%).
7 agglomérations ont vu leur prix augmenter de 25% à 35% : Dijon (+25%), Saint-Étienne (+26%), Nice (+27%), Lille (+27%), Marseille – Aix-en-Provence (+28%), Toulon (+28%) et Bordeaux (+31%)
5 agglomérations se distinguent avec des évolutions supérieures à 35% : Strasbourg (+35%), Montpellier (+36%), Nantes (+37%), Rennes (+39%) et Lyon (+39%).

A Bordeaux, les prix des maisons ont augmenté de 56% en 10 ans

Aucune agglomération n’affiche une baisse du prix de vente médian entre 5 agglomérations en hausse de moins de 20% : Le Havre (+13%), Orléans (+17%), Reims (+18%), Grenoble (+20%) et Paris (+20%)
7 agglomérations ont vu leur prix augmenter de 20% à 30% : Dijon (+21%), Saint-Étienne (+22%), Toulouse (+23%), Nice (+25%), Toulon (+25%), Montpellier (+29%) et Lille (+29%).
Dans les autres agglomérations, les hausses sont supérieures à 30% : Marseille – Aix-en-Provence (+35%), Strasbourg (+40%), Lyon (+42%), Rennes (+47%), Nantes (+49%) et Bordeaux (+56%).

DPE : 17% des ventes concernent des logements énergivores classés F ou G

En France métropolitaine (hors Corse), les logements économes (classes A et B) représentent 6% des transactions effectuées au 3e trimestre 2022. Les logements énergivores (classes F et G) représentent quant à eux 17% des transactions. Les logements énergivores (classes F et G) ont vu leur part augmenter significativement entre le 3e trimestre 2021 et le 1er semestre 2022.

En particulier, la part des logements les plus énergivores (classe G) est passée de 3% au 3e trimestre 2021 à 5% au 4e trimestre 2021 et monte enfin jusqu’à 7% au 1er trimestre 2022, soit +4 points de part de marché. Depuis, leur part est restée quasiment stable, entre 6 et 7%.

La part des logements de classe F a également augmenté mais dans de moindres proportions, passant de 8 à 10% entre les 3e et 4e trimestres 2021.

Ces augmentations se sont principalement effectuées au détriment des logements de classe D, dont la part est passée de 38% au 3e trimestre 2021 à 34% au 1er trimestre 2022.

L’interdiction à la location, dès 2023, d’une partie des logements de classe G (ceux dont la consommation d’énergie primaire est supérieure à 450 KWh/m2/an, qualifiés comme indécents dans la législation), annoncée en 2021, a pu accélérer la décision de vendre chez les détenteurs de ce type de logement.

Les récentes modifications des règles de calcul du DPE, entraînant une redistribution des logements au sein de l’échelle des performances énergétiques, rendent difficile l’interprétation des évolutions intervenues entre 2021 et 2022 sur la répartition des transactions selon l’étiquette énergie. Les informations disponibles dans la base immobilière des Notaires de France ne permettent pas d’identifier les transactions aux DPE « nouvelle définition ».

Les perspectives 2023 selon les notaires

« Après une année 2021 atypique, l’année 2022 se caractérise d’une part par un tassement des volumes de l’ordre de – 5,4 % sur douze mois à fin septembre et d’autre part par des prix toujours orientés à la hausse, plus fortement pour les maisons que pour les appartements, déclare Edouard Grimond, porte-parole du bureau du Conseil Supérieur du Notariat (CSN). Pour les semaines à venir, nous anticipons la lente décrue des volumes, alors que la mécanique du taux d’usure peut conduire à différer une signature de vente voire la compromettre. Par ailleurs, le ralentissement de la hausse des prix s’est enclenché quand bien même la baisse n’est pas pour tout de suite. Sur le moyen terme, en revanche, nous restons prudents dans nos prévisions, la situation macro-économique et le contexte géopolitique demeurant incertains. Dans un contexte de sobriété énergétique, la qualité des biens vendus pourrait avoir un impact grandissant sur les prix ».

Par MySweetImmo