Covid-19 : « L’immobilier s’articule autour d’éléments très structurels qui favoriseront la reprise du marché », Stéphane Moquet

Stéphane Moquet, directeur général d’ORPI, est l’invité de d’Alexis Thiebaut au micro de Mon Podcast Immo.

Quelles sont les spécificités de la gestion de la crise par une coopérative ?

Le réseau ORPI appartient aux adhérents, il n’a pas d’actionnaire privé et n’a pas vocation à faire de la rentabilité financière. La conseil d’administration d’ORPI est composé d’agents immobiliers élus par leurs pairs. Les associés sont donc maitres de leurs décisions, de leurs projets, de leurs cotisations… Face à la crise du coronavirus, la coopérative et le siège ont apporté un maximum d’aide et d’outils aux associés. Nous avons, très tôt, mis en place une task-force. D’abord sur l’accompagnement des associés au travers de la compréhension des aides gouvernementales. Une équipe dédiée répond à leurs interrogations. Environ 1/3 des associés a sollicité cette assistance.

Par ailleurs, nous avons mis en place un certain nombre d’outils comme les classes virtuelles, pour se former à des outils que certains associés n’avaient pas forcément pris en main.

La crise est-elle propice à l’émergence du « à distance » ?

C’est évident ! Chez Orpi, nous avions entamé très tôt la révolution digitale, mais le contexte que nous vivons est un accélérateur. N’ayant pas le choix, ceux qui l’utilisaient peu ou pas à devoir prendre en main ces outils. Cela rentrera dans l’usage à l’avenir. A la fois du côté de nos clients qui peuvent y trouver un certain confort. Mais aussi pour nos associés qui se, de gré ou de force, formés à ces outils.

Comment se comportent les clients ?

Il y a eu une première phase de panique dans les premiers jours. Toutefois, passé cette première quinzaine, on voit aujourd’hui des clients qui commencent à reprendre leurs projets. On commence à retrouver du volume de contact sur internet. Certes, pour des compromis qui étaient en cours, tout est suspendu en attendant la sortie de crise. Toutefois, cela n’a pas annulé ces projets. Le confinement changera pour certains leur relation à l’habitat et à l’endroit où ils auront envie de vivre demain.

La suite de l’année sera-t-elle positive ou négative ?

Il y a plein de « Cassandre » qui, chaque jour, donnent leurs prévisions sur la chute des prix, des volumes de vente, les disparition d’agence… La reprise va prendre un peu de temps. Je ne suis pas devin, mais je reste persuadé que l’immobilier s’articule autour de quelques éléments qui sont très structurels et qui favoriseront une reprise du marché. Le premier, c’est que l’immobilier n’est pas toujours un achat de « confort ». Il y a des français qui ont besoin de se loger (mutation, famille qui s’agrandit). Ensuite, il y a un certain nombre d’investisseur qui ont perdu beaucoup d’argent en bourse ces dernières semaines. Ces investisseurs trouveront, plus que jamais, dans l’immobilier, une valeur refuge. Troisième élément : dans ce moment de confinement, on repense au lieu dans lequel on habite. Des projets vont donc naitre, qui n’étaient pas forcément prévu, dans une optique de changement de lieu de vie.

En revanche, on ne sait pas quelle sera la politique des banques en matière de prêt immobilier. On ne sait pas non plus comment on pourra réabsorber le retard lié aux notaires (100.000 ventes environ n’ont pas été actées). Toutefois, je reste persuadé que l’année 2021 ne sera pas mauvaise pour l’immobilier.

Que restera-t-il après la crise ?

Nous avons créé un fonds de solidarité à l’occasion de cette crise. Cela a accéléré un projet que nous avions depuis quelques temps : la création d’un fond de solidarité permanent. On vit de plus en plus d’évènements imprévu (catastrophes naturelles, attentats, etc.). Des évènements de la vie qui font que des associés peuvent se retrouver en difficulté. Nous allons donc mettre en place de fond permanent pour leur venir en aide.

Et puis je reste persuadé que les outils technologiques à distance, qui pour certains associés n’étaient pas essentiels, rentreront définitivement dans l’usage.

Alexis Thiebaut : Journaliste
Ce contenu vous a plu,
faites un don pour soutenir My Sweet Immo
Je soutiens MySweetimmo
Newsletter
Abonnez-vous gratuitement !