« Attention au risque d’explosion des impayés de loyers », Arnaud Hacquart

Arnaud Hacquart
© adobestock

Pour le président d’ Imodirect l’arrêt progressif des aides gouvernementales pourrait entrainer une hausse des impayés de loyers.

Explosion des relances pour retard de paiement

Imodirect tire le signal d’alarme sur un risque d’augmentation des impayés de loyer. Si la situation s’est stabilisée depuis la fin de l’année 2020, les chiffres restent élevés par rapport à la normale qui plus est en période de crise sanitaire. «Après le premier confinement du printemps 2020, lié à l’apparition de la Covid-19 en France, les relances pour retard de paiement ont explosé. La situation s’est même dégradée au cours du second semestre 2020», affirme Arnaud Hacquart, président d’Imodirect. Assurément préoccupante, elle a poussé le fondateur d’Imodirect à alerter les pouvoirs publics sur le risque d’explosion des impayés dès le mois d’octobre 2020.

Les impayés se stabilisent entre 1,2 à 2% des loyers

Si, aujourd’hui, la situation s’est globalement stabilisée depuis le début de l’exercice en cours, les impayés restent élevés : « Nous notons une stabilisation autour de 20 % des premières relances nécessaires, contre 10 %, voire moins, avant la crise sanitaire », explique Arnaud Hacquart, qui poursuit : « les impayés de plus d’un mois de loyer depuis fin 2020 se stabilisent également entre 1,2 et 2 %, contre moins de 1 % auparavant  ».

Dans le détail, si la situation est globalement la même sur l’ensemble du territoire, quelques disparités sont à constater en fonction de la situation géographique : 

  • En Île-de-France, on constate plus de premières relances nécessaires, mais un taux d’impayés à plus d’un mois de loyer inférieur à la moyenne : environ 1,2% 
  • Dans les grandes métropoles, le taux d’impayé de plus d’un mois de loyer se situe entre 1,6 et 1,9 % 
  • En Province, le taux d’impayé de plus d’un mois de loyer reste légèrement supérieur à 2% 

30 000 ménages potentiellement menacés d’expulsion

Rassurant. Seulement, l’arrêt progressif des aides gouvernementales aux salariés et aux entreprises pourrait changer la donne dans les prochains mois. « Il est urgent que les pouvoirs publics anticipent avec précision les aléas à venir. C’est maintenant qu’il faut prendre à bras le corps ce sujet pour soutenir les professionnels, les bailleurs et les locataires, pas lorsque nous serons au pied du mur », alerte Arnaud Hacquart, président d’Imodirect, qui reste attentif à la fin de la trêve hivernale, exceptionnellement prolongée jusqu’au 1er juin.

Aujourd’hui, près de 30 000 ménages sont potentiellement menacés d’expulsion : un chiffre en hausse, en raison du report des expulsions non réalisées en 2020 et d’une augmentation des impayés de loyer.

Anticiper et protéger

Pour Imodirect, la solution existe : associer à toute location une assurance contre les impayés. Elle prend le relais du locataire en cas de défaillance, garantit au bailleur le rendement attendu et gomme la seule faiblesse réelle du placement immobilier.

« Dans ce contexte anxiogène, rasséréner les propriétaires-bailleurs, personnes physiques, est urgent et fondamental, comme rassurer les locataires de bonne foi qui redoutent de ne plus pouvoir s’acquitter de leur loyer », explique Arnaud Hacquart.

Ainsi, selon Imodirect, les administrateurs de biens et bailleurs doivent d’ores et déjà sécuriser l’investissement locatif de façon systématique par le recours à une couverture contre les impayés, les dégradations et les éventuels frais de contentieux, sans attendre que le législateur crée le mandat de garantie totale pour les gestionnaires professionnels.

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