Immobilier : Coup de frein sur les ventes depuis le début de l’année

Immobilier Paris
© adobestock

La hausse des prix de l’immobilier et le manque de produits à vendre freinent les envies immobilières des Français. Résultat : Les volumes de vente sont à la baisse au 1er trimestre 2022 selon le réseau d’agences immobilières ORPI.

Crise sanitaire puis économique, contexte international bouleversé, la conjoncture continue d’impacter le marché immobilier et les envies des Français. Après une année 2021 record, et si l’enthousiasme des Français en matière d’immobilier est toujours au rendez-vous, ils se confrontent à la réalité du marché : tendance à l’inflation, baisse du pouvoir d’achat et pénurie d’offres.
Orpi, 1er réseau immobilier de France, a interrogé près de 1 000 clients pour décrypter les tendances de ce début d’année et dresse un état des lieux du marché : biens plébiscités, envies des Français en matière d’immobilier et évolutions des prix. Voici ce qu’il en ressort.

Maison individuelle, espaces extérieurs : la pierre fait toujours rêver les Français !

Après deux années marquées par la crise sanitaire, entre confinement, télétravail et relance économique, certaines tendances s’inscrivent durablement dans le paysage immobilier. En première ligne : la maison individuelle qui continue de faire rêver les Français. D’après le sondage d’Orpi auprès de ses clients, 1 répondant sur 2 se projette sur l’achat ou la location d’une petite maison individuelle avec jardin.
Le besoin d’espace persiste et les chiffres le confirment : les espaces extérieurs sont prisés par près d’un quart des répondants qui recherchent un appartement avec balcon ou terrasse, et 23% des futurs acquéreurs visent une maison familiale.

Concilier la vie familiale et la vie professionnelle

« Malgré un contexte morose et la crise que nous traversons tous, les Français veulent vivre autrement et ont changé leur rapport au logement. Les  tendances que nous observions en 2021 se sont confirmées ce premier trimestre avec des Français qui inscrivent leur logement dans un projet de vie, et cherchent plus que jamais à privilégier le confort et le « bien chez soi », en conjuguant vie familiale et vie professionnelle » précise Guillaume Martinaud, Président de la Coopérative Orpi.

L’immobilier fait ainsi toujours envie aux Français et le marché maintient son dynamisme, avec une demande toujours en hausse, évaluée à +20% en nombre de recherches sur orpi.com de janvier à mars 2022.
Parmi les projets immobiliers des Français, 65% des répondants sont à la recherche d’une résidence principale et 1 répondant sur 10 projette de se lancer dans l’acquisition d’une résidence secondaire.

L’envolée des prix de l’immobilier freine les envies

Si l’enthousiasme des Français en matière d’immobilier ne faiblit pas, il se heurte néanmoins à la flambée des prix, obligeant certains à adapter leurs envies à leur budget. A l’échelle nationale, la Coopérative observe une augmentation de 6% des prix au m2 .
Cette hausse, toujours d’actualité pour les grandes métropoles, s’est par ailleurs accentuée dans les villes moyennes, largement plébiscitées par les Français ces derniers mois.
A l’instar de Dax ou Vannes qui ont vu leur prix augmenter de 26%, ou des villes du Sud qui continuent d’attirer de nouveaux flux de population comme Toulon (+23% du prix au m2) ou Perpignan (+20%).

Aussi, certaines villes qui voyaient déjà leur prix augmenter en 2021 continuent sur cette dynamique au premier trimestre : par exemple, à Nantes, le prix au m2 a augmenté de 22% et de 21% à Montpellier.

Face à des prix croissants, les Français, s’ils ne perdent pas leur envie d’acheter, revoient leur ardoise. Près de 60% des répondants considèrent leur budget trop bas par rapport au prix du marché.
Une hausse des prix, à laquelle s’ajoutent les nouvelles contraintes des banques pour l’accès au crédit et l’évolution des taux. Autant de facteurs qui limitent certains foyers dans leur projection immobilière.

« Au-delà de l’augmentation des prix de vente, qui s’est généralisée sur l’ensemble du territoire, l’offre fait toujours défaut, constate Guillaume Martinaud. Une pénurie de biens disponibles qui participait en 2021 à la hausse des tarifs. 55% de nos clients admettaient déjà ne pas avoir trouvé de biens qui correspondent à leur recherche. Si le marché immobilier ne perd pas son dynamisme, la hausse des prix cumulée au manque d’offre marque un ralentissement des volumes de vente ce premier trimestre par rapport à 2021 »

Tendance à la prudence ou retour à la normale ?

Pouvoir d’achat en baisse, augmentation des prix de l’immobilier et des dépenses liées au logement, la tendance à l’inflation dresse de nouvelles perspectives dans le paysage immobilier.
D’après le sondage mené par Orpi, le prix demeure le facteur déterminant n°1 pour près de la moitié des répondants et plus d’1 sur 10 est vigilant à la consommation énergétique au moment de la visite d’un bien.
« L’augmentation des prix du carburant, de l’énergie et aussi des matériaux a logiquement un impact dans les projets immobiliers des Français. S’il y a encore quelques mois, certains étaient prêts à faire quelques kilomètres de plus pour accéder à un bien, ils sont désormais regardants sur l’éloignement d’un logement par rapport aux infrastructures de transport ou leur lieu de travail. Les chiffres le confirment : la localisation est considérée comme importante pour 60% de nos clients. De la même façon, certains foyers préfèrent opter pour un logement un peu plus petit pour ne pas subir leur facture d’énergie à terme. » précise Guillaume Martinaud.
Parmi les autres marqueurs du marché : le contexte actuel incite les Français à ralentir le rythme, qui se montrent plus vigilants dans l’acte d’achat. Aujourd’hui, 3 répondants sur 10 admettent préférer attendre d’avoir plus de visibilité sur le contexte politique et économique avant de se lancer.
Une prudence qui pourrait appeler à la régulation des prix de l’immobilier pour répondre aux budgets des futurs acquéreurs. Avec les marges de négociations évaluées à 2,69% des prix de vente (en légère hausse vs le premier trimestre 2021), les Français conservent pour autant leur envie d’acheter.
« Si la tendance pourrait montrer un ralentissement du marché, il est plus juste de parler d’un retour à la normale. Nous avons connu une année 2021 record avec une augmentation de 18% des compromis signés sur l’année. En revanche, si l’on regarde par rapport aux années précédentes, le nombre de ventes revient sur la même dynamique. Au premier trimestre 2019, nous enregistrions 11 038 ventes et 9 688 à la même période en 2018 quand nous nous comptons 10433 ventes ces premiers mois de 2022 » conclut Guillaume Martinaud.

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