Immobilier : Geoxia, le constructeur des maisons Phénix est en liquidation

Symbole des Trente Glorieuses, les maisons Phénix vont disparaître: leur constructeur, le groupe Geoxia, a été placé en liquidation judiciaire, laissant plus de 1.100 salariés menacés par le chômage.

Maisons Phenix

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Les Maisons Phénix mettent la clé sous la porte

Faute d’un repreneur pour l’activité de Geoxia, le tribunal de commerce de Nanterre a placé en liquidation 14 des 17 sociétés du groupe.

Seules ses trois usines, où l’entreprise fabriquait elle-même les dalles et charpentes métalliques de ses maisons, obtiennent un sursis du fait de l’intervention de l’État.

« Une nouvelle audience est prévue le 5 juillet pour examiner la poursuite d’activité des usines de Geoxia pendant trois mois afin de produire les pièces utiles aux chantiers en cours« , a détaillé le groupe dans un communiqué.

L’AGS (le régime de garantie des salaires) « s’est saisie du dossier afin que les salariés de Geoxia puissent toucher rapidement ce qui leur est dû« , ajoute le groupe. Le plan « grands licenciements« , qui cible les entreprises de plus de 200 salariés, a été activé, a expliqué Bercy, « pour aider les salariés à retrouver un emploi dans un secteur que l’on sait en forte demande de main d’œuvre« .

« J’y ai cru jusqu’à la dernière minute, c’est un peu le sol qui s’effondre sous mes pieds« , explique émue, Lucy Grolleau, secrétaire du comité social et économique (CSE) de l’entreprise. La liquidation « est à effet immédiat« , a-t-elle ajouté, « j’ai demandé à tous les salariés de quitter leur lieu de travail« .

300 maisons Phénix à finir et 1600 clients en attente de livraison

Désormais, il s’agit de pouvoir mener à bien les chantiers en cours. C’est pourquoi l’État, qui avait refusé de renflouer le groupe, a consenti à financer un maintien de l’activité dans les usines pour fabriquer les maisons déjà commandées par des clients. Le tribunal a mis en délibéré sous une semaine la décision pour ces trois usines.

« Phénix a 300 maisons à finir », ce qui représente trois mois de travail« , extime Fernando Cabete Neves, délégué syndical CFTC. Les assureurs vont prendre le relais pour le reste des activités, avec 1.600 clients en attente d’être livrés: recrutement de la main-d’œuvre, prise en charge des surcoûts et des pénalités de retard.

Maisons Phénix, symbole de l’accession des classes moyennes à la propriété

Créé en 1946, Maisons Phénix s’est développé en France grâce à un modèle standardisé de maison individuelle, rapide et peu chère à construire. Avec son slogan « Pour que chacun ait sa maison », il était devenu le symbole de l’accession à la propriété des classes moyennes.

« C’est un peu un choc dans l’univers de la construction, parce que c’était la marque la plus renommée, mais les mésaventures de Geoxia ne sont pas forcément représentatives du marché de la maison individuelle ces dernières années« , a réagi Damien Hereng, président de la Fédération des constructeurs de maisons individuelles.

Car par la suite, la structure du groupe, avec l’ossature des maisons fabriquées dans ses usines et apportée toute faite sur les chantiers, est devenue trop lourde, dans un secteur qui faisait de plus en plus appel à la sous-traitance.

Un modèle économique mis à mal la crise sanitaire et la guerre en Ukraine

Les premières difficultés, à la fin des années 2000, avaient coupé le groupe des financements bancaires.

La hausse des prix de l’immobilier et l’assèchement des aides à l’accession à la propriété, qui ont éloigné les ménages modestes de l’achat immobilier, l’ont privé de son cœur de cible et le groupe n’est pas parvenu à monter en gamme à temps.

La crise sanitaire puis la guerre en Ukraine et la flambée des prix des matériaux et de l’énergie qui les ont accompagnées lui ont porté le coup de grâce.

Après sept mois de recherche, il n’est pas parvenu à trouver de repreneur. La semaine dernière, Grégory Monod, président du pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment, assurait que les difficultés de Geoxia n’étaient pas représentatives du marché de la construction de maisons.

Le pôle Habitat n’a pas fait de commentaires après la décision du tribunal.

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