« Il faut s’attendre à ce que les taux de crédit immobilier continuent leur hausse »

Pour Olivier Landrevie, président du courtier CAFPI, la hausse du taux de la BCE vise à favoriser l’épargne et limiter le recours au crédit.

Olivier Landrevie

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Olivier Landrevie, président du courtier CAFPI.

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Ce jeudi, la Banque Centrale Européenne (BCE) a relevé ses taux directeurs de 75 points de base après une augmentation de 50 points de base en juillet, une première en dix ans. Ainsi, le taux applicable aux dépôts des banques à la BCE est passé en quelques semaines de -0,5% à 0,75%.

C’est un signal fort envoyé aux acteurs économiques : favoriser l’épargne et limiter le recours au crédit afin de juguler la spirale inflationniste. On peut néanmoins douter que des taux si faiblement positifs aient un réel effet sur une inflation qui dépasse désormais 9% en moyenne dans la zone Euro.

En anticipation de la poursuite de la remontée des taux directeurs, les taux longs sont également repartis à la hausse : l’Etat français a émis la semaine dernière une OAT au taux de 2,52%, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2014. A l’époque, un crédit immobilier à 20 ans se négociait autour de 3,50%.

Ainsi, il faut s’attendre à ce que les taux de crédit immobilier reprennent leur hausse dans les semaines à venir. Face à la hausse de leurs coûts de refinancement, on ne peut attendre des banques qu’elles prêtent à perte quand elles portent la responsabilité de la sécurité des dépôts de leurs clients.

Pour les emprunteurs, alors que la fenêtre qui permettait de se financer sous les 2% est en train de se refermer, les taux proposés restent bas à l’échelle de l’Histoire et constituent une opportunité rare dans un contexte inflationniste.

Mais pour ces candidats à l’emprunt, une véritable difficulté demeure : celle du retard d’ajustement du taux d’usure de 6 à 9 mois par rapport à la réalité des marchés financiers, qui contraint des dizaines de milliers de Français parfaitement solvables à reporter leurs projets de vie.

Le 1er octobre, il est indispensable que le taux d’usure connaisse une hausse significative si nous voulons sortir de la situation que nous connaissons depuis le 1er juillet dernier.