Immobilier : Quel est l’impact du DPE sur le prix de votre bien ?

Qu’il s’agisse d’acheter ou de vendre un bien immobilier, il est important de connaitre l’impact d’un mauvais DPE (E, F ou G) sur le prix d’un logement. Les décotes peuvent atteindre 5% à 15% selon une étude réalisée par PriceHuble.

Touche estimation sur un clavier d'irdinateur et DPE

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La performance énergétique, une question immobilière centrale

La mise en place de plusieurs lois, réformes et recommandations relatives à l’environnement a fortement bouleversé le monde de l’immobilier ces dernières années. Ces initiatives témoignent d’une politique environnementale plus exigeante et ambitieuse, tant au niveau national qu’européen, et d’une volonté d’encourager les professionnels de l’immobilier résidentiel, de la banque et de la finance à mieux appréhender la dimension RSE. La question de la performance énergétique des biens immobiliers devient de plus en plus centrale et préoccupante. Il s’agit désormais d’un critère primordial, qui commence à avoir un impact fort sur les prix des biens immobiliers.  

« Il devient essentiel de mesurer et suivre l’impact de la performance énergétique sur le prix des biens immobiliers. Mieux connaître l’impact réel du DPE sur le prix des biens résidentiels est devenu indispensable tant pour les particuliers que pour les professionnels. Les conclusions de cette première étude sont à ce titre éloquentes.”, explique Loeiz Bourdic. Le directeur de PriceHubble France vient de réaliser une étude sur l’impact de l’étiquette energie sur les prix des maisons et des appartements. Ce qu’il faut en retenir.

Un peu plus de 25% des maisons et des appartements classés en E, F ou G

Premier enseignement de cette étude, la répartition de la performance énergétique des biens en vente sur le marché est relativement similaire pour les maisons et pour les appartements. On constate en effet que pour les deux typologies de biens, la proportion de bien classés E, F ou G est légèrement au-dessus de 25%.

Le prix des maisons est plus impacté que celui des appartements par un mauvais DPE

Le prix d’un bien immobilier est la résultante d’une multitude de facteurs (localisation, surface, année de construction, état etc) qui influent plus ou moins sur le bien, mais qui sont corrélés les uns avec les autres. Sans surprise, une faible performance énergétique a un impact bien plus important sur le prix des maisons que sur le prix des appartements.

L’écart de prix entre un bien doté d’un DPE A et un bien doté d’un DPE G sont le plus souvent situés autour de 5% pour les appartements. Cet écart de prix peut toutefois atteindre 15% lorsqu’il s’agit d’une maison.

Ce phénomène s’explique par le fait que les maisons présentent généralement une bien plus grande superficie que les appartements. Ainsi, la consommation énergétique totale pour une maison standard de 150m2 classée C, à 100kWh/m2/an, est de 15 000 kWh par an. Une consommation équivalente à celle d’un appartement standard de 60m2, classé E, à 300kWh/m2/an. La facture d’énergie pour une maison de 150m2 classée F ou G est donc bien plus élevée que celle d’un appartement de 60m2. Dernier élément pouvant expliquer cette différence importante : le coût de rénovation énergétique d’une maison est bien plus élevé que celui d’un appartement, ce qui justifie également une décote plus importante pour les maisons que pour les appartements.

Des décotes de 5 à 10% pour les appartements, sauf à Paris qui résiste encore

Dans plusieurs villes comme Bordeaux, Le Havre, Dijon, Grenoble ou Lyon, l’impact se fait déjà fortement ressentir avec des décotes de l’ordre de 5%. Seule Strasbourg se détache notablement du lot et affiche une décote qui monte à plus de 10% entre un appartement de catégorie A et un appartement de catégorie G. Souvent citée comme l’une des villes les plus vertes de France, Strasbourg et ses habitants semblent déjà être plus regardants sur le DPE des biens proposés. 

Surprise dans la capitale, on constate que le DPE n’a pas encore d’impact significatif sur le prix des appartements. Ce résultat s’explique probablement par l’historique tension sur le marché parisien. Il peut également être expliqué par la faible performance énergétique générale du parc immobilier parisien : plus de 52% des appartements parisiens mis sur le marché sur les 12 derniers mois sont classés E, F ou G, contre 31% à l’échelle de la France. Les acheteurs semblent donc souvent malheureusement n’avoir pas d’autre choix que de se contenter de biens avec une mauvaise performance énergétique.

La majeure partie des appartements parisiens présente une faible performance énergétique, avec des DPE E, F ou G. C’est probablement l’une des raisons pour laquelle le marché parisien semble n’avoir pas encore intégré la performance énergétique comme critère clé pour le prix de vente des biens immobiliers”, explique Loeiz Bourdic.   

Maisons : des décotes jusqu’à 15% en fonction des villes

L’impact est cependant beaucoup plus important lorsqu’on s’intéresse au marché des maisons.

Dans le sud, à Marseille, Nice et Toulon, l’impact demeure mesuré, avec une décote de l’ordre de 4%.

À Lyon et Montpellier, l’impact du DPE sur les prix est plus significatif avec une décote de l’ordre de 10%. 

À Dijon, Reims, Rennes et Angers, l’impact de la performance énergétique sur le prix est très important, avec une décote qui frôle 15% pour les passoires thermiques par rapport aux biens classés A.

Méthodologie de l’étude : L’étude ci-dessus a été menée par PriceHubble avec une équipe de plus de 100 ingénieurs des algorithmes d’intelligence artificielle qui permettent d’isoler l’impact d’un paramètre sur le prix d’un bien immobilier. Ces algorithmes d’estimation ont été améliorés de façon à comprendre et isoler l’impact du DPE sur le prix de vente d’un bien.