Copropriété : Quatre ans après le drame de la rue d’Aubagne, Marseille veut tourner la page !

Quatre ans après l’écroulement mortel de la rue d’Aubagne, la ville de Marseille veut tourner la page

© adobestock

 0
Temps de lecture estimé : 2 min

À Marseille, quatre ans après l’effondrement mortel de deux immeubles rue d’Aubagne, dans le coeur populaire de la ville, « il est grand temps de sortir (de la) phase de deuil », a insisté mardi l’adjointe à l’urbanisme de la municipalité, Mathilde Chaboche.

Après « une période de deuil nécessaire et le temps du contentieux » juridique, qui a permis le rachat par les pouvoirs publics des immeubles de tout un segment de la rue d’Aubagne menacé suite à ces écroulements, « on arrive à une période de maturité », a renchéri Sophie Camard, maire des 1er et 7e arrondissements de Marseille, lors d’une conférence de presse bilan sur le présent et l’avenir de ce quartier de Noailles frappé par le drame.

Huit personnes avaient perdu la vie dans l’écroulement des 63 et 65 de la rue d’Aubagne, le 5 novembre 2018. Puis 5.000 autres avaient été évacuées et relogées, poussées dehors par les dizaines d’arrêtés de péril pris les mois suivants.

Au delà du 67, démoli par précaution juste après les faits, tous les immeubles du 69 au 83 de la rue, déclarés inhabitables, sont restés vides jusqu’à aujourd’hui. Et l’Etablissement public foncier régional (EPF) de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur a peu à peu racheté ces logements, pour dédommager les propriétaires et permettre les travaux, a rappelé la municipalité mardi.

80 % des cas résolus

D’après la mairie, 80% des cas ont été résolus à l’amiable. D’autres ont vu surgir des conflits sur le prix de rachat, nécessitant de passer par la justice.

Au moins deux contentieux sont encore en cours pour l’expropriation des derniers propriétaires de ces immeubles, selon différentes sources contactées par l’AFP au sein des collectifs citoyens créés dans le sillage de cette tragédie.

L’EPF « a profité d’un effet d’aubaine, de propriétaires en dépression, qui ont accepté » pour se débarrasser de leur bien et tourner la page, a estimé auprès de l’AFP Kévin Vacher, porte-parole du Collectif du 5 novembre né après la catastrophe.

Si le site des trois immeubles disparus, du 63 au 67, a été réservé pour des équipements publics, le projet reste encore à définir. Recueillies en 2022, des contributions citoyennes poussent à « ne surtout pas en faire un sanctuaire et une béance », a précisé Mme Camard.

Bâtir un projet

Après les commémorations des quatre ans du drame, début novembre, un atelier est prévu le 20 novembre, pour faire se rencontrer associations et acteurs publics pour bâtir un projet, a-t-elle ajouté.

Quant aux futurs appartements des immeubles du 69 au 83, les acteurs publics se sont engagés à ce que 70% d’entre eux soient des logements sociaux, a souligné Mathilde Chaboche. A l’issue de leur acquisition définitive, ces immeubles seront rénovés, dans la mesure du possible, ou rasés et reconstruits en cas d’impératifs.