Conseil syndical : Plus d’1/3 des copropriétaires ignoraient son existence avant d’emménager

Qu’est-ce que le conseil syndical d’une copropriété ? À quoi sert-il ? De qui est-il composé ? 37% des copropriétaires avouent qu’ils ne connaissaient pas son existence avant d’intégrer leur habitation.

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Une relative méconnaissance du conseil syndical dans une copropriété

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Rénovation énergétique, économies d’énergie, travaux de valorisation et d’entretien… Elu pour une durée maximale de trois ans, le conseil syndical est, au côté du syndic, au cœur de la gestion d’une copropriété.

Alors que la loi Climat et Résilience rend son importance encore plus prégnante, a fortiori dans ce contexte brûlant de crise climatique et énergétique où la problématique du chauffage cristallise de surcroît toutes les attentions, White Bird s’est intéressé au niveau de connaissance et à la perception des copropriétaires vis-à-vis de cet organe essentiel au bon fonctionnement d’un habitat collectif. L’opportunité de (re)découvrir son rôle et ses missions auprès des 45% de Français vivant en copropriété.

1 copropriétaire sur 5 incapable d’expliquer le rôle et les missions du conseil syndical

Obligatoire au sein des copropriétés depuis la loi Bonnemaison du 31 décembre 1985, le conseil syndical constitue, avec le syndic de copropriété et le syndicat des copropriétaires, l’un des trois organes sur lesquels repose l’organisation juridique d’une copropriété.

Pourtant, interrogés en septembre 2022 par l’institut OpinionWay, 37% des copropriétaires avouent qu’ils ne connaissaient pas son existence avant d’intégrer leur habitation. Par ailleurs, 1 sur 5 ne se sent pas capable d’expliquer son rôle et ses missions, ni même la différence entre le conseil syndical et le syndic de copropriété.

Si pour 3/4 des copropriétaires, les membres de leur conseil syndical sont tous des occupants de leur immeuble, 71% s’estiment capables de les identifier clairement, avec toutefois 33 points d’écart observés entre les répondants de 65 ans et plus et les moins de 35 ans (84% contre 55%), laissant transparaître des différences générationnelles dans le niveau d’implication dans la vie de la copropriété. Cette tendance se confirme également dans le niveau d’interaction exprimé : 56% des copropriétaires affirment échanger régulièrement avec leur conseil syndical avec, là encore, une surreprésentation des seniors (69% contre 47% des moins de 35 ans).

Entre reconnaissance de son utilité et manque d’attractivité

Assurant bénévolement la liaison entre les copropriétaires et le syndic, le conseil syndical assiste ce dernier (préparation de l’ordre du jour, choix des prestataires, etc.) et contrôle son action (répartition des dépenses, comptabilité du syndicat, élaboration du budget prévisionnel, modalités des contrats, etc.). Agissant en qualité de conseil auprès des résidents, il peut également être consulté sur les questions en rapport avec l’organisation ou la gestion de l’immeuble. Une grande implication perçue par 7 copropriétaires sur 10.

Assez logiquement, 86% des copropriétaires considèrent que faire partie du conseil syndical représente un avantage pour avoir une bonne visibilité de la tenue de la copropriété. Une opinion d’autant plus marquée à mesure qu’ils avancent en âge : 94% des 65 ans et plus contre 76% des moins de 35 ans. Pour autant, cette prérogative ne semble pas suffisante pour avoir envie de s’y investir : 80% des copropriétaires admettent qu’il est difficile de motiver leurs pairs à intégrer le conseil syndical, et cela davantage en île-de-France qu’en province (87% contre 77%). Le temps que nécessite un tel engagement peut constituer une explication à ce manque d’enthousiasme, cette activité étant considérée comme très chronophage par près de 2/3 (64%) des personnes interrogées.

Faire partie du conseil syndical : une source de désagrément avec les voisins

Et parce qu’il lui incombe parfois de gérer les conflits entre habitants ou encore de prendre des décisions impopulaires pour, par exemple, limiter l’explosion des prix de l’énergie et des factures de chauffage, plus d’1/3 des répondants jugent que faire partie du conseil syndical représente une source de désagrément avec les voisins, avis partagé par 42% des francilens contre 35% des provinciaux.

« Le conseil syndical joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement d’une copropriété. Il s’assure de la bonne réalisation des tâches dont le syndic a la charge. Une étroite collaboration entre le Syndic et le Conseil Syndical est la garantie de la bonne priorisation des projets de la copropriété. Le CS représente les Copropriétaires et est souvent un relais pour répondre aux questionnements des résidents. Il joue un rôle essentiel dans la valorisation d’un bien collectif, en contribuant à maintenir les parties communes du bâtiment en bon état, mais aussi en impulsant et en fédérant les copropriétaires autour de grands chantiers communs, comme répondre par exemple aux enjeux de rénovation énergétique », explique Delphine Merle, cofondatrice de White Bird.  

« Les résultats de cette étude soulignent l’importance du rôle du Syndic pour informer les copropriétaires sur les responsabilités des membres du conseil syndical. On ne doit pas prendre cet engagement à la légère : cela demande certes du temps, mais aussi des qualités d’analyse et de dialogue pour prendre les bonnes décisions et défendre les intérêts des copropriétaires. Mais pour toutes celles et ceux qui désirent prendre part à la vie de leur immeuble, c’est une fonction idéale, car rappelons-le : une copropriété bien entretenue, c’est un patrimoine valorisé », conclut-elle.