Crédit immobilier et hausse des taux: L’Espagne prend des mesures pour protéger les ménages

Le gouvernement espagnol et les banques négocient un protocole pour protéger les familles fragilisées par l’impact de la hausse des taux d’intérêt sur les prêts immobiliers.

© adobestock

Altea on Costa Blanca, Espagne

 0
Temps de lecture estimé : 2 min

Le gouvernement de gauche espagnol et les banques ont scellé un protocole d’accord destiné à aider les ménages ayant souscrit des emprunts immobiliers à taux variables et qui se trouvent fragilisées par la hausse des taux d’intérêt.

Cet accord, signé tard lundi soir après plusieurs semaines de négociations, doit permettre d' »alléger la charge des prêts immobiliers de plus d’un million de foyers« , a annoncé le ministère de l’Economie dans un communiqué. Il entrera en vigueur le 1er janvier.

Concrètement, ce plan comprend une baisse du taux d’intérêt durant cinq ans et un allongement de la durée du prêt pouvant aller jusqu’à sept ans pour les ménages gagnant moins de 25.200 euros par an et dont le montant du prêt immobilier représente 50% ou plus des revenus.

Afin de toucher également les classes moyennes, ce plan permettra aux ménages gagnant jusqu’à 29.400 euros par an et dont le prêt représente plus de 30% des revenus de bénéficier d’un allongement de la durée de leur prêt de sept ans. Le montant de leur mensualité pourra aussi être gelé pendant un an.

« J’espère que toutes (les banques) souscriront » cet accord car « hier soir, nous n’avons pas eu confirmation d’une unanimité » de leur part, a nuancé mardi la ministre de l’Économie, Nadia Calviño, sur la radio publique espagnole.

Vers une taxe sur les groupes bancaires

Cet accord survient en plein bras de fer entre les banques espagnoles et le gouvernement qui souhaite introduire en 2023 et 2024 une taxe exceptionnelle sur les principaux groupes bancaires dont les profits sont dopés par la hausse des taux.

Un quart des prêts immobiliers souscrits actuellement en Espagne sont soumis à des taux variables, révisables chaque année en fonction de l’Euribor, taux d’intérêt de référence pour les banques européennes.

Mais ces prêts ont longtemps dominé le marché espagnol et 3,7 millions des crédits immobiliers en cours de remboursement sont toujours indexés sur l’Euribor, selon le communiqué du ministère.

Une situation jugée inquiétante alors que ce taux de référence a connu ces derniers mois une forte hausse, dans le sillage de la hausse des taux directeurs par la Banque centrale européenne (BCE) afin de tenter d’endiguer l’envolée de l’inflation.

L’Espagne avait été durement touché en 2008 par l’explosion de la bulle immobilière liée à la crise financière. Cette dernière avait obligé de nombreux ménages à revendre leur logement, faute de pouvoir rembourser leur crédit.