Achat immobilier : Près d’un Français sur trois prévoit d’épargner moins
Épargner pour acheter un logement ? Un effort plus difficile à préparer : 28 % des Français pensent mettre moins d’argent de côté, selon le Baromètre Assurances de BPCE L’Observatoire. Et seuls 10 % déclarent épargner pour un achat immobilier.
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© Mysweetimmo et IA
- 28 % des Français interrogés prévoient de moins épargner, contre 20 % en 2025, selon le Baromètre Assurances de BPCE L’Observatoire.
- 39 % des personnes interrogées mettent de l’argent de côté pour les périodes difficiles, contre 10 % pour un achat immobilier, selon le Baromètre Assurances de BPCE L’Observatoire.
- L’apport demandé aux primo-accédants est passé d’environ 10 % en 2020 à 16 % ces deux dernières années.
- 43 % des actifs interrogés épargnent pour préparer leur retraite, une proportion en baisse de 13 points sur un an, selon le Baromètre Assurances de BPCE L’Observatoire.
Mettre de l’argent de côté devient un exercice plus serré. Selon le Baromètre Assurances 2026 de BPCE L’Observatoire, 28 % des Français pensent moins épargner, soit 8 points de plus qu’en 2025. À l’inverse, seuls 16 % envisagent d’épargner davantage, une proportion qui recule de 8 points.
Pour les ménages, plusieurs objectifs se partagent les sommes disponibles : conserver une réserve pour les imprévus, réunir un apport immobilier ou préparer la retraite.
L’épargne de précaution passe avant les projets
L’inflation et la hausse du coût de la vie restent la première préoccupation des personnes interrogées, citées par 84 % des répondants. Elles devancent les tensions géopolitiques, à 73 %, et l’insécurité des biens et des personnes, à 70 %.
Dans ce contexte, l’épargne sert d’abord à se protéger. 39 % des sondés mettent de l’argent de côté pour les périodes difficiles, contre 15 % pour partir en vacances et 10 % pour un achat immobilier. Ces réponses dessinent une hiérarchie claire : disposer d’une réserve financière occupe davantage de place que préparer une acquisition.
Les caractéristiques recherchées pour cette épargne suivent la même logique. 38 % des répondants privilégient un argent disponible à tout moment, et 32 % une épargne protégée et sûre. La rentabilité arrive derrière, à 17 %, devant les placements éthiques, cités par 4 %.
Pour un futur acquéreur, la question dépasse donc le montant total déjà épargné : quelle somme peut être consacrée à l’achat tout en conservant une réserve pour les dépenses imprévues ?
Acheter un logement demande davantage d’apport
La difficulté est d’autant plus concrète que l’effort financier demandé pour un premier achat a augmenté. Selon les observations de CEGC, le taux d’apport demandé aux primo-accédants est passé d’environ 10 % en 2020 à 16 % ces deux dernières années. Cela représente une progression de 6 points.
Parallèlement, les financements s’étalent sur des périodes plus longues. Toujours selon CEGC, leur durée moyenne est passée d’environ 18 ans en 2005 à près de 20 ans en 2015, puis à 22 à 23 ans début 2026 dans les dossiers observés par l’organisme.
Pour les candidats à l’achat, préparer son financement suppose de regarder ensemble l’apport mobilisable, la mensualité et la durée de remboursement. Notre décryptage sur l’apport personnel pour un premier achat immobilier détaille les éléments à examiner pour construire son dossier en conservant une réserve financière.
Ces arbitrages concernent aussi les professionnels : connaître tôt l’épargne réellement disponible permet de mieux cadrer la recherche d’un bien. Le récent bilan des taux et du crédit immobilier en septembre 2026 complète cette lecture des conditions de financement.
Les envies de déménagement restent bien présentes
Les contraintes budgétaires coexistent avec des projets de logement nombreux. 43 % des Français interrogés envisagent de déménager dans les trois ans, soit 4 points de plus qu’en 2025. Cette intention atteint 69 % chez les 18-24 ans et 56 % dans l’agglomération parisienne.
Devenir propriétaire reste également un objectif important pour 47 % des répondants. D’autres projets concernent le logement déjà occupé : quatre personnes interrogées sur dix prévoient prochainement des travaux d’ampleur dans leur résidence.
Ces résultats montrent pourquoi l’épargne compte à plusieurs étapes du parcours résidentiel : pour préparer un achat, financer des travaux ou absorber les dépenses d’un changement de logement. Ils mesurent des intentions, dont la concrétisation dépendra du budget de chaque ménage.
Le baromètre rapproche ces déclarations des comportements observés chez près de 8 millions de clients des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, assurés chez BPCE Assurances ou CEGC. « Riche en enseignements, cette comparaison illustre souvent un alignement entre les souhaits exprimés et les faits constatés», souligne José Bardaji, directeur Études & Prospective du Groupe BPCE.
La retraite inquiète, mais moins d’actifs épargnent pour la préparer
La préparation de la retraite illustre un autre arbitrage. 68 % des personnes interrogées craignent une pension insuffisante. Pourtant, 43 % des actifs mettent de l’argent de côté pour leur retraite, une proportion en recul de 13 points par rapport à 2025. Chez les cadres, elle atteint 62 %.
Dans le même temps, 69 % des répondants se disent favorables à la retraite par capitalisation, soit 16 points de plus qu’en 2025. Ce principe consiste à constituer une épargne pendant la vie active afin de disposer ensuite d’un capital ou de revenus pour la retraite.
Les données de clientèle de BPCE Assurances apportent un autre éclairage : les cotisations sur les produits de retraite individuelle des clients des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne ont été multipliées par 13 entre 2018 et 2025, pour atteindre 1 milliard d’euros en 2025. Les moins de 30 ans représentent 15 % des souscripteurs de ses offres de plan d’épargne retraite individuel, contre 10 % des souscripteurs de ses contrats d’assurance-vie classiques.
L’assurance-vie continue elle aussi de recevoir des versements importants chez BPCE Assurances : sa collecte brute, c’est-à-dire les sommes versées avant déduction des retraits, est passée de 9,5 milliards d’euros en 2017 à 16 milliards en 2025, soit une hausse de 68 %.
« L’émergence de nouveaux risques est devenue une préoccupation majeure pour les Français», ajoute Corinne Cipière, directrice générale du pôle Assurances du Groupe BPCE.
La question du niveau de vie à la retraite se prolonge jusque dans les choix immobiliers. Notre article sur les seniors prêts à mobiliser leur logement pour financer leur retraite explore ces arbitrages entre revenus disponibles, patrimoine et transmission.
