Retraite : 60% des seniors prêts à utiliser leur logement pour vivre mieux
Selon le premier Baromètre Seniors, Patrimoine et Transmission de Merci Prosper, près d’un senior propriétaire sur deux se dit sous pression budgétaire. Face à cette situation, une majorité envisage d’utiliser la valeur de son logement pour financer sa retraite ou sa perte d’autonomie.
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- 47 % des seniors propriétaires déclarent être sous pression financière en fin de mois.
- 60 % seraient prêts à mobiliser une partie de leur patrimoine immobilier pour financer leur retraite.
- 46 % accepteraient de réduire la part transmise à leurs héritiers pour améliorer leur niveau de vie.
- 93 % ne connaissent pas la vente partielle, une solution permettant de dégager des liquidités tout en restant chez soi.
Les baby-boomers propriétaires sont souvent associés à une certaine aisance financière. Pourtant, la première édition du Baromètre Seniors, Patrimoine et Transmission réalisée par OpinionWay pour Merci Prosper dessine un portrait plus nuancé.
Selon l’étude, 47 % des seniors propriétaires interrogés déclarent être sous pression financière. Parmi eux, 42 % expliquent devoir arbitrer leurs dépenses chaque mois tandis que 5 % indiquent puiser dans leur épargne ou dépendre d’une aide extérieure.
En cas de baisse de revenus ou de dépense imprévue, 94 % des répondants affirment qu’ils réduiraient leurs loisirs ou utiliseraient leur épargne. Près d’un sur deux (49 %) envisagerait également un crédit à la consommation.
Pour certains, le logement apparaît comme un levier financier. Près d’un tiers des seniors interrogés envisageraient d’utiliser leur bien immobilier pour améliorer leur situation, notamment en vendant pour acheter plus petit ou en quittant la propriété pour devenir locataire.
« Ces chiffres révèlent une réalité méconnue : posséder son logement ne protège plus de la précarité financière. Des milliers de seniors propriétaires vivent avec un patrimoine immobilier important mais sans liquidité pour faire face aux imprévus ou maintenir leur niveau de vie », analyse Thibault Corvaisier, cofondateur de Merci Prosper.
Les seniors prêts à utiliser leur logement pour financer leur retraite
L’étude montre également une évolution du rapport des seniors à leur patrimoine immobilier.
Sur le principe, 46 % des propriétaires de plus de 60 ans se disent prêts à utiliser la valeur de leur logement pour financer leur retraite, même si cela réduit l’héritage transmis à leurs proches.
Cette proportion atteint 60 % lorsqu’une utilisation concrète est évoquée.
Le maintien à domicile arrive en tête des motivations. Ainsi, 36 % des répondants pourraient mobiliser leur patrimoine pour financer des services d’aide ou l’adaptation de leur logement à la perte d’autonomie.
Le financement d’une entrée en résidence seniors ou en EHPAD est cité par 32 % des personnes interrogées. Les dépenses de santé importantes arrivent juste derrière avec 26 %.
L’étude montre également que 20 % des seniors seraient prêts à utiliser leur patrimoine pour aider financièrement leurs enfants de leur vivant, tandis que 16 % souhaitent simplement compléter leurs revenus.
Transmission : les arbitrages se décident en famille
La question de la transmission reste néanmoins centrale.
Si 81 % des seniors interrogés se déclarent attachés à la transmission de leur patrimoine, cet objectif ne semble plus incompatible avec l’idée d’utiliser une partie de la valeur de leur logement pour préserver leur qualité de vie.
Parmi les personnes intéressées par une vente partielle de leur résidence principale, 72 % indiquent qu’elles prendraient cette décision avec leurs enfants.
Dans le détail, 44 % ne franchiraient le pas qu’avec leur accord explicite, tandis que 28 % les informeraient simplement de leur projet.
« Le vrai sujet aujourd’hui n’est pas la volonté des seniors d’utiliser leur patrimoine, mais le manque de lisibilité des solutions. Dans ce flou, certains peuvent se tourner vers des dispositifs inadaptés à leur situation. Le logement n’est plus seulement un actif à transmettre, mais devient un levier pour financer le vieillissement. La vente partielle affiche un taux d’opinion favorable proche du viager alors qu’elle est 15 fois moins connue. C’est la preuve qu’une fois informés, les seniors comprennent l’intérêt de cette solution sur mesure qui permet de vendre juste ce dont on a besoin, sans tout perdre. L’enjeu n’est pas seulement financier. Il est aussi social : permettre aux seniors de vivre dignement », commente Thibault Corvaisier.
Une méconnaissance persistante des solutions existantes
L’enquête met enfin en lumière un déficit d’information.
Alors que 95 % des seniors connaissent le viager et qu’une majorité a déjà entendu parler du prêt viager hypothécaire, 93 % déclarent ne pas connaître la vente partielle immobilière.
Ce dispositif permet pourtant de vendre une fraction de la propriété de son logement afin de récupérer des liquidités tout en continuant à l’occuper. Contrairement au prêt viager hypothécaire, il ne s’agit pas d’un crédit. Et contrairement au viager, il n’existe pas d’aléa lié à la durée de vie du vendeur.
Pour Merci Prosper, cette méconnaissance souligne la nécessité de mieux informer les propriétaires seniors au moment où la question du financement du vieillissement devient un enjeu majeur pour de nombreux ménages.
Des profils plus exposés que d’autres
L’étude identifie plusieurs catégories particulièrement vulnérables :
- 53 % des femmes seniors propriétaires se déclarent sous pression financière.
- 53 % des 60-64 ans rencontrent des difficultés budgétaires, contre 32 % des plus de 80 ans.
- Plus de 8 seniors sur 10 gagnant moins de 24 000 euros par an se disent sous pression financière.
- 56 % des personnes seules (célibataires, veuves ou divorcées) déclarent des difficultés.
- Le Grand Est affiche l’un des taux les plus élevés avec 59 % de seniors sous pression financière.
- La situation est plus tendue en zone rurale (53 %) qu’à Paris (37 %).
