L’Art d’Habiter de Charlotte Perriand s’expose à Fondation Louis Vuitton

Charlotte Perriand

A l’occasion du vingtième anniversaire de sa disparition, la Fondation Louis Vuitton rend hommage à Charlotte Perriand (1903-1999), l’une des personnalités phares du monde du design du XXe siècle qui a contribué à définir un nouvel art de vivre.

Vingt ans déjà … Pour la première fois depuis son ouverture en 2014, la Fondation Louis Vuitton consacre la totalité du bâtiment de Frank Gehry à une unique créatrice, Charlotte Perriand (1903-1999), cette architecte visionnaire qui a collaboré avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret des années 20 aux années 30. La fondation lui rend hommage dans une très belle exposition baptisée « Le monde nouveau de Charlotte Perriand » qui souligne les liens unissant dans son œuvre le design, l’architecture et l’art.

Une femme libre …

Des années 1920 au seuil du XXIe siècle, l’œuvre et la vie de Charlotte Perriand décrivent une trajectoire hors du commun, libre et indépendante. Si elle est surtout connue pour son apport dans le domaine du design, Charlotte Perriand n’a pas hésité à franchir les frontières entre les disciplines artistiques et intellectuelles.

Une pionnière …

Femme libre, sportive, grande voyageuse, attentive à la nature et à l’environnement, ouverte au dialogue des cultures, elle a vécu au quotidien ses engagements sociaux, artistiques et politiques. Usant d’une multitude matériaux – du tube chromé à la paille, au bois brut, au bambou, aux éléments préfabriquées et au polyester…– elle a associé design, architecture, urbanisme, artisanat et arts plastiques sans jamais négliger les aspects humains et économiques liés à ses créations.

Une visionnaire …

Dédiant la totalité de ses galeries à Charlotte Perriand, la Fondation Louis Vuitton présente ses réalisations ainsi que les liens qu’elle a noués avec les plus grands artistes de son temps. « L’art d’habiter » qu’elle a mis en mots et en espace ne peut se percevoir sans l’appréhension des œuvres qui ont accompagné son regard.

Charlotte Perriand

Une exposition sur 4 niveaux

Chronologique et sur quatre niveaux, le parcours proposé mêle ainsi ses travaux à ceux de ses proches, allant jusqu’à plonger le spectateur dans des reconstitutions historiques : l’appartement-atelier de la place Saint-Sulpice (1927), le Salon d’Automne (1929), la Maison du Jeune Homme (1935), la Maison au bord de l’eau (1934), le refuge Tonneau (1938) et la Maison de thé pour l’UNESCO (1993).

Une femme engagée

Dès ses débuts, entre 1927 et 1929, Charlotte Perriand réinvente l’habitation (Galerie 1), notamment en collaborant avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret. Les années 1930 (Galerie 1) sont le théâtre de son engagement politique, social et artistique, souvent aux côtés de Fernand Léger. C’est également avec ces derniers que, consciente des limites du progrès et de la technique, elle imagine un « art brut » en s’inspirant de la nature (Galerie 2).

Fondamental, son séjour au Japon (Galerie 4) de 1940 à 1941 renforce sa compréhension des liens entre création et tradition et amorce une des contributions centrales de son œuvre, le dialogue des cultures.

De retour en France, elle participe activement aux efforts de Reconstruction (Galerie 4). Elle co-fonde alors le mouvement « Formes utiles », qui jouera un rôle essentiel dans l’éclosion du Design pendant les Trente Glorieuses.

A Tokyo en 1955, elle fait la proposition d’une « Synthèse des arts » (Galerie 5) et présente aux côtés de ses œuvres celles de Le Corbusier et Fernand Léger. A Paris, la Galerie Steph Simon (Galerie 6) expose ses meubles et son « art d’habiter ». Son séjour à Rio au début des années 1960 (Galerie 7) lui permet d’enrichir encore son imaginaire.

Le rôle de l’art dans notre société

En Galerie 9, les œuvres de Charlotte Perriand dialoguent avec celles de Robert Delauney, Simon Hantaï, Alexander Calder, Pablo Picasso, Henri Laurens et Fernand Léger dans des lieux conçus par elle pour appréhender et exposer l’Art.

Son amour de la montagne (Galeries 8 et 10) transparaît également dans plusieurs de ses créations, du refuge Tonneau à la station des Arcs. Enfin, c’est le rapport intime qu’elle a noué avec le Japon qui conclut le parcours : la Maison de thé conçu en 1993 pour l’UNESCO est reconstruite dans la Galerie 11, en écho avec l’architecture de Frank Gehry.

« Le Nouveau monde de Charlotte Perriand ». Fondation LVMH . 8 avenue du Mahatma Gandi, 75016 Paris. Jusqu’au 24 février 2020.

 

 

© SweetRédaction