« Une hausse du taux d’usure attendue qui ne résout pas le problème d’éviction observé sur le marché  », Pierre Chapon

Pour Pretto, la hausse des taux d’usure annoncée par la Banque de France ne va que temporairement redonner de l’air au marché. Le courtier continue d’appeler à une révision de la formule de calcul.

Pierre Chapon, Président de Pretto

© DR.Pretto

Pierre Chapon, Président de Pretto

 0
Temps de lecture estimé : 2 min

Les taux d’usure pour le 4e trimestre viennent d’être publiés par la Banque de France, qui a annoncé avoir appliqué la formule prévue par la loi. La hausse est d’une ampleur significative (+0,48 points pour les crédits de plus de 20 ans)

Cette hausse intervient alors qu’une éviction de plus en plus forte est observée sur le marché ces derniers mois, liée à deux mécanismes :

  • Taux d’usure : la hausse des taux pratiqués par les banques vient se heurter au taux d’usure. Son mode de calcul et son actualisation une fois par trimestre entraîne une éviction cyclique, avec un relâchement en début de trimestre lorsque le taux d’usure est ajusté à la hausse, et une augmentation progressive de l’éviction en cours de trimestre à mesure que les taux augmentent.
  • Taux d’endettement maximal de 35% : cette éviction est progressive, l’augmentation régulière des taux entraînant une hausse des mensualités à projet identique, et donc une impossibilité de financer certains projets

Pour le courtier Pretto, la hausse des taux d’usure annoncée ne règle que temporairement le problème : l’éviction liée à l’usure va redescendre à un niveau proche de celui du début de trimestre dernier, mais sera appelée à augmenter à nouveau au cours du trimestre.

En effet, tout porte à croire que les taux pratiqués vont continuer à augmenter pendant le trimestre, alors que l’inflation est toujours loin de l’objectif fixé par la BCE (2%), et que cette dernière a annoncé sa volonté de continuer sa politique de hausse des taux, avec potentiellement une hausse pouvant atteindre 75 points de base en octobre.

La hausse du taux d’usure était attendue, tout comme l’annonce par la Banque de France de l’application stricte de la formule de calcul. Comme à chaque début de trimestre, cela relâche un peu la pression, mais l’éviction va se renforcer en cours de trimestre avec la hausse des taux continue attendue. Nous continuons d’appeler à une révision de la méthodologie de calcul, afin de rendre le taux d’usure plus directement corrélé à la réalité du terrain, et continuerons de fournir nos analyses pour éclairer les acteurs du marché et les décideurs sur la réalité du phénomène.
Pierre Chapon, Président de Pretto