Crédit immobilier octobre 2022 : Après la hausse des taux d’usure, l’envolée des taux

Les taux de crédit immobilier ont été drastiquement relevés début octobre par les établissements partenaires du courtier en Emprunt-direct.com.

Homme entrain de monter desescalier en cube avec des taux d'intérêts

© adobestock

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Des hausse de 20 à 50 points de base en octobre

Après un mois de septembre marqué par un certain attentisme de la part des banques, celles-ci ont profité du récent relèvement du taux d’usure par la Banque de France pour adapter leurs grilles. Les hausses de taux vont ainsi de 20 à 50 points de base.

Dans un contexte de renchérissement des ressources – les taux de l’OAT 10 ans sont passés de 1,21% début août à 2,83% fin septembre – les banques tentent, par cette nette hausse des barèmes, à reconstituer une partie de leurs marges.

On notera que les hausses de taux de crédit à l’habitat sont un peu moins marquées pour les excellents dossiers. Toutefois, ce relèvement intervenant après une nette hausse de plus de 50 points de base des taux d’usure, les institutions financières risquent, par ces relèvements, de rapidement recréer le phénomène de refus de prise en charge des dossiers impliqué par le dépassement de cette norme réglementaire.

Le blocage des crédits devrait rester de mise, sauf pour les meilleurs dossiers

« Les banques ont, jusqu’au relèvement du taux d’usure, été attentistes. Avec cette augmentation, les établissements financiers retrouvent une très légère marge de manœuvre en matière de taux de crédit à l’habitat, qui ne devrait néanmoins profiter qu’à un nombre limité de profils. Si celle-ci pourrait permettre, pour les meilleurs dossiers, de réactiver la production, le blocage devrait rester de mise pour les crédits de la majeure partie du marché », indique Alban Lacondemine, président fondateur d’Emprunt Direct.

« Reste que les contraintes liées au taux d’usure ne sont pas les seules variables impactant la demande. Nombre de banques s’avèrent, depuis plusieurs semaines, très frileuses en matière de distribution de crédit à l’habitat, dans un contexte général de détérioration à venir des revenus des ménages, de dégradation globale des perspectives de croissance, et de normes prudentielles internes aux établissements plus restrictives. Ceci devrait sans nul doute se traduire dans les prochains mois par une baisse globale de la production de prêts à l’habitat observable au sein de la note mensuelle de crédits aux particuliers publiée par la Banque de France », conclut Alban Lacondemine.

Les acteurs du secteur s’attendaient à ce que la remontée du taux d’usure ouvre une fenêtre de tir en matière de distribution de crédit immobilier en ce début octobre. Les hausses communiquées en ce début de mois amenuisent sérieusement ces espoirs.