Bilan immobilier d’entreprise 2025 (Colliers) : Une reprise en demi teinte
2025 marque une reprise modérée de l’investissement immobilier d’entreprise, tirée quasi exclusivement par le bureau à Paris et par quelques grandes transactions, tandis que la demande locative recule, que l’offre augmente et que certains segments comme la logistique restent en difficulté.
© adobestock
Selon l’équipe Études & Recherche de Colliers France qui partage sa lecture des grands indicateurs du marché de l’immobilier d’entreprise en 2025, après l’essoufflement très net observé à l’été, celui-ci a retrouvé un peu de volume en fin d’année. Au total, l’année 2025 se termine sur un montant global de 13,7 milliards d’€ investis actant ainsi une hausse de 8% sur un an.
Le bureau : moteur de la reprise de l’investissement en immobilier d’entreprise
Le bureau retrouve un peu de vigueur, représentant, avec 6,8 milliards d’€ engagés, 50% du total investi contre une part de 41% seulement en 2024. Il affiche une progression de 31% sur un an. Ce dynamisme du bureau ne concerne que l’Ile de France, région dans laquelle se concentre 82% de l’activité sur cet actif.
Il faut même préciser que Paris intramuros couvre 72% des 8,35 milliards d’€ investis au total en Ile-de-France en 2025, avec un Quartier des Affaires représentant à lui seul 47% de l’investissement francilien. Une autre des caractéristiques de ce marché du bureau francilien est la part importante des opérations de plus de 300 millions d’€ (5 au total contre aucune en 2024), atteignant 18% du total de l’investissement, et masquant plus généralement l’atonie du marché en dehors de ces transactions exceptionnelles.
Au-delà du bureau, le commerce confirme le regain d’intérêt des investisseurs, avec une progression de 9% sur l’année, atteignant 2,8 milliards d’€ investis. Ce n’est en revanche pas le cas de la logistique qui marque très nettement le pas enregistrant un recul de 22% sur un an des volumes investis alors que les investissements en locaux d’activité baissent de 2% sur un an.
Toujours impacté par le retrait des SCPI, l’investissement dans les bureaux en régions est également en très net recul totalisant 1,2 milliard d’€.
Une demande placée en baisse pour la troisième année consécutive
La demande placée en Ile-de-France recule encore de 9% sur un an, pour s’établir à 1,638 million de m², 3ème recul consécutif. Les 45 signatures de plus de 5 000 m² représentent 31% de la demande placée, comme en 2024.
Toutefois, l’année 2025 se caractérise par une proportion de très grands gabarits plus importante ; 12 opérations ont concerné des surfaces supérieures à 15 000 m² contre 7 en 2024, et représentent 51% des grandes surfaces, soit une hausse de 42% sur l’année.
Les surfaces intermédiaires se maintiennent peu ou prou, représentant 32% du marché, ce qui apparait comme rassurant dans la conjoncture économique actuelle.
Un marché parisien toujours dominant mais plus contraint budgétairement
Le marché parisien couvre, comme en 2024, 46% du total de l’Ile-de-France, mais le poids du quartier des affaires recule légèrement, ce qui témoigne sans aucun doute des préoccupations budgétaires des utilisateurs dans une conjoncture plus difficile.
Le tassement de la hausse des loyers observé sur l’année en est également une manifestation, malgré une nouvelle progression du loyer « prime » dans Paris QCA à 1 230 €/m²/an.
L’offre immédiate est à nouveau en hausse, à 6,247 millions de m² fin décembre, mais on observe un ralentissement du rythme de croissance de celle-ci, en fin de période. Cette configuration du marché locatif parisien se traduit par une progression du taux de vacance moyen à 11%, masquant toujours une très forte disparité sectorielle.
