Conseils Immobiliers de Rentrée : « Si je devais acheter mon logement à l’automne 2020 …. », Jean-Luc-Brulard

Jean Luc Brulard
© adobestock

Pour sa chronique de rentrée d’agent immobilier du coin de la rue, Jean-Luc Brulard se place dans la position d’un acquéreur potentiel.

Vos nombreuses consultations de mes tribunes, vos appréciations et encouragements, vos contradictions parfois (« de la discussion naît la lumière »), m’incitent à poursuivre.

Je reprends donc la plume pour cette rentrée.

Mais, après plusieurs articles de constat et d’analyse depuis le printemps (7 et 16 mai, 14 août), je ne voulais pas en rajouter sur ces thèmes… et encore moins écrire pour écrire, tomber dans les banalités, les redites et les poncifs immobiliers. J’ai donc réfléchi à ce qui me semblait se prêter le mieux, à ce qui serait surtout le plus utile pour le public, en cette rentrée et cette conjoncture si troublée, si déstabilisante même, lorsque l’on a un projet immobilier, de vente ou d’achat (souvent d’ailleurs les deux ensemble).

J’ai donc décidé aujourd’hui de me placer dans la situation d’un acquéreur potentiel et de vous faire partager mes convictions basées sur mon expérience, et mes conseils, en toute simplicité : et si je devais, moi, acheter ma résidence principale cet automne, comment m’y prendrais-je ?

Si j’étais dans cette situation d’acquéreur potentiel, cela signifierait avant tout que je suis convaincu de l’intérêt durable de l’immobilier résidentiel…. Ça tombe bien c’est mon cas ! Convaincu que l’achat de son logement permet de sécuriser son avenir sans et celui de sa famille ; convaincu que sur le moyen terme ( durée moyenne de possession de 6 à 7 ans) , l’immobilier résidentiel reste l’un des placements les plus fiables, les moins volatiles, voire les plus rentables ; convaincu que même si les épreuves sanitaires et économiques que nous subissons depuis quelques mois sont des signes annonciateurs d’une nouvelle ère de modération, le logement restera l’un des besoins fondamentaux, l’un des repères essentiels : pour préserver notre Planète et
nos fins de mois, nous arbitrerons plutôt sur les budgets de nos technologies domestiques surabondantes (voitures individuelles, courts trajets en avion, médias, téléphonie mobile…), sur nos loisirs ( nos retraités les plus aisés devront sans doute réduire drastiquement le nombre de leurs croisières d’agrément sur ces géants
flottants et polluants…) avant de renoncer à loger sa famille ; convaincu que dans nombre de régions, les évolutions démographiques et sociologiques ne pourront, hélas, qu’accroître encore le déficit de logements avec toutes les conséquences sur les marchés concernés ; convaincu que, malgré le niveau des prix dans les secteurs les plus tendus, celui des taux d’intérêts actuels autorise une capacité d’achat toujours exceptionnelle (certains ont connu comme moi les taux d’intérêts à 2 chiffres où l’on remboursait sur 20 ans jusqu’à 2,5 à 3 fois le prix de son achat !!) ; convaincu, convaincu, convaincu…

Et je me rappellerais ensuite que mon achat immobilier conditionnera, pour longtemps, ma vie et celle de ma famille, mes économies et mon niveau de vie, et qu’il convient donc de s’y prendre autrement que pour acheter un téléphone portable ou un scooter d’occasion… « Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation » disait ma
grand-mère…

Ainsi, prenant en compte le contexte actuel si particulier, et les incertitudes qui en découlent, je m’assurerais, plus encore aujourd’hui, de disposer des meilleures sources d’information, les plus précises, les plus fines, et les plus locales (voir ma tribune précédente à ce sujet), pour éclairer mes décisions : à cet effet, j’irais donc trouver les meilleurs partenaires, pour bénéficier de leur expertise et leur confiance : banquier, courtier, notaire et, bien entendu, agent immobilier de proximité… Être bien entouré pour être bien conseillé.

Avant de me précipiter sur les annonces, je devrais être parfaitement calé sur mon budget : mon apport personnel bien sûr, mais également la (vraie !) valeur de mon bien actuel, ma capacité d’emprunt et le montant de mes mensualités ( sans oublier les assurances obligatoires), le montant possible pour un prêt-relais ( si précieux dans un marché manquant d’offres, où l’on souhaite souvent avoir trouver avant de mettre
en vente, et si intéressant en ce moment compte-tenu des taux pratiqués) : pour être prêt et donc réactif lorsque j’aurais trouvé le bien qui m’intéresse : car dans les secteurs tendus, les choses vont souvent très vite, et il faut pouvoir se positionner rapidement et de façon fiable, pour éviter de se faire « doubler ».

Cette collecte préalable d’informations et de conseils me permettrait de joindre l’utile à l’utile : c’est ainsi que j’identifierais des partenaires efficaces et de confiance, qui me donnent envie d’établir avec eux un véritable partenariat autour de mon projet immobilier ; c’est ainsi que je me ferais connaître des agences de proximité qui présentent en priorité – c’est bien normal – les nouvelles opportunités à leur fichier- clients ( avec nombre de vente qui se réalisent ainsi, lorsque l’offre est rare, avant même la diffusion des annonces sur les portails immobiliers), pour m’assurer une vision optimale sur les opportunités ; c’est ainsi que, dans le cadre d’un véritable dialogue, avec les agents immobiliers locaux et reconnus, dialogue portant sur mon budget, mes critères et mes sensibilités ( impérativement de couple ou de famille car c’est un projet commun), je serais assuré de me faire présenter des biens ciblés, évitant de perdre mon temps en visites inutiles ; c’est ainsi que, de surcroît, si mon propre bien sera à vendre, je décuplerais la motivation de mes partenaires qui sauront que, s’ils me trouvent mon futur logement, ils auront l’opportunité de rentrer une nouvelle offre ( sur de nombreux secteurs c’est la priorité que de trouver de nouveaux biens à vendre) ; c’est ainsi que je pourrais appréhender le marché local et ses dernières évolutions ; etc., etc.,…

Avec tous ces éléments en mains, avec ces partenaires identifiés, que je pourrais alors, alors seulement, compléter et développer ma recherche, en consultant les annonces sur les portails immobiliers : pour peaufiner mes connaissances, me donner une vision « à 360° » du marché, être en mesure de porter un regard critique sur les nouvelles offres…

Viendrait alors le moment des premières visites : bien sûr il se sera passé un peu de temps (pas nécessairement beaucoup si j’ai conduit efficacement mon projet, avec quelques échanges téléphoniques et trois ou quatre rencontres de visu), mais ce temps aura été précieux pour garantir mon efficacité, ma réactivité, la pertinence de mes décisions, tout en appréciant aussi comment évolue la situation économique et la situation sanitaire et, en conséquence, le marché immobilier local, sur ces premières semaines de rentrée …

Et, lorsqu’avec mon conjoint et mes enfants, nous aurons trouvé le bien qui nous correspond et qui nous fait vibrer, alors, je provoquerais une revisite rapide, s’il le faut même (si le marché est très tendu) dès le lendemain ( car nécessairement, le regard sera différent, certains aspects apparaîtront qui n’ont pas été vus la première fois, pour fournir ainsi la vision la plus complète et la plus objective), en demandant à mon
partenaire immobilier les informations ou documents complémentaires et en lui précisant mon intention de présenter une offre à l’issue de cette seconde visite. De façon à « garder la corde », ne pas me faire prendre de vitesse…

Ma connaissance préalable du marché et les conseils prodigués par mes partenaires me permettront alors d’apprécier l’opportunité, et la mesure, d’une éventuelle négociation pour mettre toutes les chances de succès de mon côté.

Connaissance précise du marché local, partenaires experts, reconnus et de confiance, conseils recueillis et entendus, engagement et efficience mais sans précipitation : tels seraient les 4 piliers de mon projet d’acquisition…

Bonne rentrée immobilière : mes vœux de succès vous accompagnent !

Jean-Luc Brulard, RICS, Agent immobilier de proximité
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