IA : Yann LeCun veut dépasser ChatGPT pour modéliser le monde réel

Yann LeCun, chercheur en IA et cofondateur d’AMI, annonce une levée de 890 millions d’euros pour créer des modèles capables de comprendre le monde physique.

Yann LeCun, laureat du Prix Reine Elizabeth pour l’ingénierie 2025 pour ses contributions au developpement de l’apprentissage automatique moderne dans le domaine de l’intelligence artificielle

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L'essentiel selon MySweetimmo
  • La startup AMI, cofondée par Yann LeCun, a levé 890 millions d’euros et était valorisée 3 milliards d’euros avant l’opération.
  • AMI veut développer des “modèles du monde”, une nouvelle génération d’IA capable d’analyser des systèmes physiques complexes, au-delà des outils centrés sur le langage.
  • Toyota, Nvidia, Samsung, Jeff Bezos et Eric Schmidt soutiennent ce projet, dont les premières applications industrielles sont attendues sous 6 à 12 mois.

La startup AMI, cofondée par le chercheur français Yann LeCun, lève 890 millions d’euros pour développer une nouvelle génération d’intelligence artificielle. Pour les professionnels de l’immobilier qui suivent l’IA, cette annonce illustre aussi un basculement : la recherche vise désormais des modèles capables de comprendre le monde physique, et pas seulement de produire du texte.

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Une levée de fonds massive pour changer de modèle d’IA

La startup AMI, basée à Paris et cofondée par Yann LeCun, a annoncé une levée de 890 millions d’euros pour financer ses travaux en intelligence artificielle. Avant cette opération, l’entreprise était déjà valorisée à 3 milliards d’euros. Ce premier tour de table a séduit de grands industriels et figures de la tech. Toyota, Nvidia et Samsung figurent parmi les investisseurs, aux côtés de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, et d’Eric Schmidt, ancien PDG de Google. Cette opération marque une nouvelle étape pour Yann LeCun, professeur à l’université de New York et co-lauréat du prix Turing en 2018, souvent considéré comme le « Nobel de l’informatique ».

Pourquoi les IA actuelles ne comprennent pas le monde réel

Le chercheur français défend une position critique vis-à-vis des modèles d’intelligence artificielle dominants, notamment les grands modèles de langage utilisés dans les agents conversationnels. « Je suis très clairement dans le camp du changement de paradigme », affirme-t-il. Selon lui, ces systèmes restent limités car ils raisonnent principalement à partir du langage. Ils peinent à appréhender des situations concrètes, physiques ou dynamiques. C’est cette divergence qui l’a conduit à quitter Meta, alors que l’entreprise se concentrait sur ces technologies. Yann LeCun indique toutefois avoir conservé de « bonnes relations avec Mark Zuckerberg ». Avec AMI, il souhaite développer des modèles capables de traiter des données variées et d’apprendre comme les humains ou les animaux, en intégrant directement les interactions avec le monde réel.

Des applications concrètes dans les systèmes complexes

Les recherches menées par AMI portent sur les « modèles du monde », c’est-à-dire des systèmes capables de comprendre et d’anticiper des phénomènes complexes. L’objectif est d’analyser des environnements techniques comme un moteur d’avion, une centrale électrique ou encore le fonctionnement d’un organe humain. Ces cas d’usage illustrent une limite actuelle des IA : leur difficulté à modéliser des systèmes physiques. À l’inverse, les approches développées par AMI visent à simuler, prévoir et optimiser ce type de fonctionnement. Selon la feuille de route présentée, l’entreprise prévoit de se concentrer sur la recherche et développement dans un premier temps, avant d’engager des discussions avec des partenaires industriels dans un délai de 6 à 12 mois.

Vers des machines capables d’anticiper et simuler le réel

À plus long terme, Yann LeCun ambitionne de concevoir des systèmes intelligents capables de s’adapter à de nombreuses situations. « On va se concentrer sur la recherche et le développement la première année », précise-t-il, avant d’évoquer un objectif de systèmes « un peu universels » dans un horizon de trois à cinq ans. Ces technologies pourraient notamment trouver des applications dans la robotique ou la conduite autonome, deux domaines qui nécessitent une compréhension fine du monde physique.

Pour les professionnels de l’immobilier qui suivent l’IA, ce projet constitue aussi un signal : la recherche se déplace vers des modèles capables d’appréhender le monde physique, et pas seulement de produire du texte. Le chercheur insiste néanmoins sur les enjeux éthiques. « Il y a des choses qu’il faut bien sûr s’interdire de faire », indique-t-il. Il estime que les choix sur l’usage de ces technologies doivent relever des institutions démocratiques : « C’est à la société et à ses institutions démocratiques de décider ». AMI, qui dispose de bureaux à Paris, New York, Montréal et Singapour, prévoit d’accélérer ses recrutements. L’entreprise indique vouloir rapidement atteindre un effectif de 20 à 30 personnes.

Par MySweetImmo avec AFP