Immobilier : La situation politique freine un acheteur étranger sur deux
La France séduit, sa situation politique inquiète : 54 % des candidats étrangers interrogés par Green-Acres hésitent à y acheter. Un signal sensible pour la Côte d’Azur, Paris et les Alpes, où cette clientèle pèse plusieurs milliards d’euros.
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La Côte d’Azur figure parmi les marchés français prisés des acheteurs étrangers.
- Selon Green-Acres, 54 % des 535 candidats étrangers interrogés en juillet et août 2026 déclarent que l’actualité politique française les fait hésiter à acheter, contre 27 % dans l’enquête précédente.
- Parmi 659 visiteurs étrangers interrogés par Green-Acres sur leurs recherches immobilières, 49 % regardent uniquement la France ; l’Italie est la première autre destination envisagée, avec 20 % des réponses.
- Les étrangers non-résidents ont consacré 5,8 milliards d’euros à 14 735 acquisitions immobilières en France entre juillet 2025 et juin 2026, selon les données notariales citées par Green-Acres.
- Les Alpes-Maritimes, Paris, le Var et la Haute-Savoie concentrent plus de la moitié des montants investis par les acheteurs étrangers non-résidents entre juillet 2025 et juin 2026.
Une maison en Provence, un appartement à Paris, un chalet dans les Alpes… La France conserve ses attraits, mais son actualité politique s’invite dans les projets immobiliers des étrangers. Selon les premiers résultats de l’Observatoire Vive la France 2026 de Green-Acres, 54 % des candidats interrogés déclarent qu’elle les fait hésiter à acheter, contre 27 % dans l’enquête de l’année précédente.
Un signal à surveiller pour les vendeurs et les agences qui travaillent avec une clientèle internationale : la confiance compte aussi dans la décision de signer.
Une inquiétude présente avant le 17 octobre
Ces hésitations remontent à l’été. Les 535 réponses ont été recueillies en juillet et août 2026 auprès de visiteurs étrangers recherchant un bien en France sur Green-Acres. Les manifestations et les dégradations du 17 octobre sont donc survenues après l’enquête.
Benoît Galy, fondateur et PDG de Green-Acres, s’inquiète de leurs conséquences sur l’image du pays : « L’attractivité de la France à l’international repose largement sur son image de stabilité et de qualité de vie. Quand un acheteur étranger sur deux se dit déjà hésitant, des épisodes de violence comme ceux du 17 octobre pèsent directement sur cette image. »
L’enquête donne un aperçu de l’état d’esprit des utilisateurs interrogés. Elle ne chiffre pas les projets reportés ou abandonnés et ne permet pas de généraliser le résultat à tous les acquéreurs étrangers.
L’Italie, première autre destination envisagée
La France garde néanmoins ses fidèles. Dans une question distincte posée à 659 visiteurs étrangers pendant la même période, 49 % déclarent rechercher un bien uniquement dans l’Hexagone.
Les autres envisagent aussi d’acheter ailleurs. L’Italie arrive en tête des alternatives, avec 20 % des réponses, devant l’Espagne à 13 %, le Portugal à 7 % et la Grèce à 5 %. Pour les professionnels de la résidence secondaire et du pied-à-terre, la concurrence dépasse donc largement les frontières françaises.
Ces recherches ne signifient pas que les candidats ont renoncé à la France. Elles ne peuvent pas non plus être toutes attribuées à son climat politique : l’enquête ne détaille pas les raisons qui les conduisent à comparer plusieurs pays.
Côte d’Azur, Paris, Alpes : Une clientèle qui pèse lourd
Cette clientèle pèse lourd : entre juillet 2025 et juin 2026, les étrangers non-résidents ont consacré 5,8 milliards d’euros à 14 735 acquisitions en France, selon les bases notariales PERVAL et BIEN citées par Green-Acres.
Les Alpes-Maritimes concentrent à elles seules 1,27 milliard d’euros d’achats, devant Paris avec 890 millions, le Var avec 540 millions et la Haute-Savoie avec 433 millions. Ces quatre départements représentent plus de la moitié des sommes investies par cette clientèle. La Savoie et le Vaucluse totalisent respectivement 135 et 132 millions d’euros.
Pour les agences des marchés internationaux de la Côte d’Azur, comme pour celles de la capitale et des stations alpines, le point à suivre sera désormais la concrétisation des projets : les candidats maintiennent-ils leurs visites, demandent-ils davantage de temps ou suspendent-ils leur recherche ?
Green-Acres interroge à nouveau ses visiteurs étrangers depuis le 20 octobre, avec une question supplémentaire sur l’évolution de leur regard après les manifestations. Les résultats sont attendus dans les prochaines semaines. L’Observatoire Vive la France 2026 doit, lui, être publié le 4 novembre.
Ce que cela change pour vous
Vous vendez un bien prisé des étrangers ? Faites le point avec votre agent sur les demandes et les visites : les candidats internationaux sont-ils toujours présents ? Quels obstacles évoquent-ils ? Appuyez-vous sur ces retours et sur les ventes comparables pour ajuster votre stratégie.
Vous cherchez à acheter ? L’hésitation déclarée des étrangers ne garantitpas une meilleure marge de négociation. Regardez surtout depuis combien de temps le bien est en vente, son prix par rapport au marché et les travaux à prévoir.
Vous êtes professionnel de l’immobilier ? Demandez à vos clients étrangers ce qui les retient concrètement : contexte politique, financement, fiscalité ou calendrier personnel. Répondez avec des informations précises et suivez les projets jusqu’à leur aboutissement.
