Bilan immobilier 2025 : Pour les notaires, le marché s’est stabilisé sans vraiment redémarrer

Prix quasi stables, taux autour de 3 % et crédit plus accessible : en 2025, le marché immobilier français s’est stabilisé sans véritable redémarrage, selon l’analyse annuelle d’Immonot.

le marché immobilier à travers le prisme notarial

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L'essentiel selon MySweetimmo
Source : Immonot
  • Le marché immobilier français s’est stabilisé en 2025, avec des prix presque inchangés après une baisse de 2,1 % en 2024, sans véritable reprise des ventes.
  • Les taux de crédit immobilier se sont maintenus autour de 3 %, améliorant le pouvoir d’achat des ménages sans relancer durablement les achats.
  • Les ménages français disposent d’une épargne record de 6 430 milliards d’euros, leur permettant de différer ou d’accélérer un projet immobilier selon le contexte économique.
  • Les notaires recommandent majoritairement de vendre avant d’acheter, afin de limiter les risques financiers liés à un marché encore incertain.

Après une année 2024 marquée par une chute brutale de l’activité, le marché immobilier français a trouvé un point d’équilibre en 2025. Selon le bilan annuel d’Immonot, les prix et les taux se sont stabilisés, sans provoquer un véritable retour des acheteurs.

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Début 2025 : des conditions plus favorables, mais une reprise fragile

Les premiers mois de 2025 ont redonné de l’air au marché immobilier. Entre janvier et mars, les taux de crédit immobilier sont redevenus négociables autour de 3 % sur 15 ans. Cette détente, combinée à la baisse des prix observée en 2024, a amélioré le pouvoir d’achat immobilier.

Les notaires interrogés par Immonot ont alors constaté une nette accélération de l’activité. Le nombre de dossiers progresse de 29 % en février, puis de 44 % en avril. Pour la première fois depuis plusieurs trimestres, un redressement semblait possible.

Cette reprise reposait aussi sur un facteur clé : l’épargne. Avec un taux d’épargne proche de 20 %, l’un des plus élevés d’Europe, de nombreux ménages disposaient des moyens financiers pour concrétiser un projet immobilier.

Été 2025 : le retour brutal de l’attentisme

Cette dynamique n’a pas résisté à l’été. En juillet 2025, le marché marque un net coup d’arrêt. La part des notaires pessimistes grimpe de 15,8 % à 43,8 %, tandis que celle des optimistes chute à 3,1 %.

Le nombre de ventes recule, les prix moyens baissent légèrement et les délais de vente s’allongent. Même les propriétaires, jusque-là en position favorable, adoptent une posture attentiste. Beaucoup préfèrent attendre un contexte plus lisible avant de vendre.

Cette pause estivale surprend d’autant plus que les conditions de crédit restent favorables. Elle confirme que l’accès au financement ne suffit plus, à lui seul, à déclencher une décision d’achat.

Prix et ventes : un marché stabilisé, sans véritable rebond

À la rentrée, l’activité repart timidement. Certains notaires observent un regain de signatures fin août. «Les trois dernières semaines d’août ont été folles en nombre de promesses de vente », témoigne Thomas Lacourt, notaire à Quimper.

La part des notaires optimistes remonte alors de 3 % à 23 %, tandis que l’attentisme recule. Cette reprise reste toutefois fragile et s’essouffle dès le mois de décembre, dans un climat marqué par le blocage budgétaire et les tensions géopolitiques.

Sur l’ensemble de l’année, les prix des logements anciens évoluent très peu. Après une hausse de 1,1 % au premier trimestre et une baisse de 0,6 % au second, l’évolution annuelle est quasi nulle. Pour Immonot, le marché a atteint un point d’équilibre : seuls les ménages disposant d’une capacité d’emprunt suffisante parviennent à concrétiser un achat.

Pourquoi les notaires conseillent toujours de vendre avant d’acheter

Face à cette instabilité, les notaires ont délivré un conseil constant tout au long de l’année 2025. Pour les logements, entre 87 % et 94 % d’entre eux recommandent de vendre avant d’acheter. Cette stratégie permet d’éviter le risque d’un double crédit et de se protéger contre d’éventuelles variations de prix.

Pour les terrains constructibles, les avis sont plus partagés. Les projets s’inscrivent sur un temps plus long et dépendent fortement des évolutions législatives à venir, notamment en matière d’urbanisme.

Selon François-Xavier Duny, PDG du Groupe Notariat Services, « le marché immobilier vit une période complexe ». Les notaires restent néanmoins confiants pour 2026, à condition que le contexte économique et politique gagne en lisibilité. Budget, règles d’urbanisme et stabilité macroéconomique pourraient alors jouer un rôle de déclencheur.

Par MySweetImmo