Crise immobilière : Villadim réduit la taille de ses maisons
Pour faire face à la crise immobilière, Villadim mise sur des maisons plus petites, vendues autour de 131.000 euros, et sur des modèles évolutifs de 50 m².
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Face à la crise immobilière, Villadim adapte son offre. Le groupe mise sur des maisons plus compactes et des terrains plus petits pour permettre aux ménages de continuer à accéder à la propriété.
Des maisons plus petites pour continuer à acheter
Avec la hausse des taux et le durcissement des conditions de crédit, de nombreux ménages ont vu leur capacité d’emprunt reculer. Dans le même temps, les coûts de construction ont augmenté de plus de 27 % depuis 2021. Pour continuer à vendre, Villadim a fait un choix clair : ne pas augmenter fortement le budget global demandé aux clients. Le groupe maintient ainsi un prix moyen autour de 131.000 euros pour ses maisons individuelles. La variable d’ajustement devient donc la surface. En quelques années, la taille moyenne des maisons est passée d’environ 113 m² à 89 m². L’objectif est de rester dans une enveloppe finançable, même pour des ménages fragilisés par le contexte économique.
Un modèle à 50 m² pour acheter maintenant et agrandir ensuite
Pour aller plus loin, Villadim propose un nouveau produit baptisé Evolutive. Le principe est simple : une maison de 50 m², livrée terminée et habitable, accompagnée d’un grand garage déjà équipé en arrivées d’eau et d’électricité. Les occupants peuvent ensuite transformer cet espace en pièce de vie supplémentaire, en fonction de leurs moyens et de leurs besoins. Ce modèle permet d’acheter plus tôt, avec un budget plus faible, puis d’agrandir progressivement. Selon le groupe, une centaine de maisons de ce type auraient déjà été vendues.
Des terrains plus petits, une autre façon de vivre la maison
La transformation ne concerne pas seulement les maisons, mais aussi le foncier. Villadim travaille désormais sur des parcelles de 250 à 300 m², bien en dessous des surfaces qui dominaient auparavant. Cette évolution répond à deux contraintes : limiter le coût global pour les acquéreurs et réduire la consommation de terrain. Pour le groupe, la maison individuelle ne disparaît pas. Elle change de format. Plus compacte, elle s’insère davantage dans des formes urbaines intermédiaires. Dans certains territoires, Villadim estime qu’elle reste compétitive face au logement collectif, avec des prix au mètre carré parfois inférieurs à ceux d’un appartement neuf situé à proximité.
Densifier la ville plutôt que construire plus loin
Avec l’objectif de zéro artificialisation nette, l’ouverture de nouveaux terrains devient plus difficile. Les opérateurs doivent donc produire des logements autrement. Villadim mise sur la densification douce, qui consiste à construire dans des quartiers déjà urbanisés. La démarche BIMBY s’inscrit dans cette logique, en permettant de créer de nouveaux logements sur des parcelles existantes.
Le groupe développe aussi des opérations plus complexes, mêlant logement, aménagement et transformation de sites déjà artificialisés.
« Dans un marché aussi chahuté, nous avons su tenir le cap. Villadim est un groupe résilient, et c’est précisément dans ces moments-là que cela se vérifie, explique Dominique Lavallée, président de Villadim, résume cette évolution Depuis 20 ans, nous avons construit un modèle solide, capable d’encaisser les cycles sans perdre sa capacité d’action. Depuis le début de la crise, nous avons fait des choix exigeants pour préserver notre rentabilité et renforcer notre structure financière. Aujourd’hui, cela nous permet d’aborder la suite avec confiance. »
Et d’ajouter : « Nous vivons un véritable changement de paradigme. Trop souvent imaginé pour s’adresser aux investisseurs, le secteur s’est structuré autour de la production de logements neufs dans un cadre relativement stable. Aujourd’hui, tout change : le foncier se raréfie, les contraintes environnementales s’intensifient et les attentes de nos clients évoluent. Notre rôle n’est plus seulement de construire, mais de savoir transformer, densifier intelligemment et concevoir des projets plus complexes, en partenariat étroit avec les acteurs publics. C’est sur cette capacité d’adaptation que se jouera la valeur dans les années à venir. »
