Immobilier : Un marché plus équilibré, mais pas encore sorti de la crise
En 2025, le marché immobilier ancien a repris des couleurs avec près de 945 000 ventes. Mais selon les réseaux d’agences, dont Century 21, Orpi et Laforêt, l’équilibre reste fragile à l’approche de 2026.
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L’essentiel selon MySweetImmo
- Le marché immobilier ancien devrait atteindre environ 945 000 ventes en 2025, soit une hausse proche de 12 % sur un an, sans retrouver encore sa moyenne de long terme (Conseil supérieur du notariat).
- La reprise des ventes est généralisée dans les réseaux immobiliers, avec une hausse de 11 % chez Orpi, de 11,6 % chez Century 21 et de 16 % au sein de Laforêt.
- Les prix repartent légèrement à la hausse, autour de +1,5 %, une évolution jugée modérée par les professionnels après deux années de baisse marquée (baromètre SeLoger-Meilleurs Agents).
- Le marché locatif reste fortement sous tension, en raison du recul des investisseurs et d’une offre insuffisante, notamment dans les zones tendues comme Paris (baromètre SeLoger-Meilleurs Agents).
Après deux années de fort ralentissement, le marché immobilier ancien a repris des couleurs en 2025. Les volumes repartent et les prix se stabilisent, mais les professionnels restent prudents et écartent l’idée d’un retour à la normale durable.
Une reprise des ventes, sans retour à l’euphorie
Après une période de crise marquée par l’effondrement des volumes, le marché immobilier ancien a retrouvé du rythme en 2025. À fin septembre, 921 000 ventes de logements anciens avaient été enregistrées. Pour l’ensemble de l’année, le Conseil supérieur du notariat anticipe environ 945 000 transactions, soit une progression d’environ 12 % par rapport à 2024.
Cette amélioration est saluée par les professionnels, sans pour autant parler de sortie de crise. « La bonne nouvelle, c’est la remontée du volume de transactions », souligne Charles Marinakis, président de Century 21 France, rappelant que le secteur sort d’une période de « vraie tempête ».
Les chiffres des grands réseaux d’agences immobilières confirment cette dynamique : les ventes progressent de 11,6 % chez Century 21, de 11 % chez Orpi et de 16 % au sein de Laforêt.
Des volumes revenus à un niveau plus « normal »
Si l’année 2025 apparaît plus favorable, elle ne constitue pas pour autant un record. Entre 2014 et 2024, le marché enregistrait en moyenne près de 980 000 transactions par an. Sur les vingt dernières années, cette moyenne se situe autour de 867 000 ventes annuelles.
Pour Yann Jéhanno, président de Laforêt France, le marché immobilier « a retrouvé une forme de normalité », avec des volumes et des taux de crédit revenus dans des fourchettes plus cohérentes. Une analyse partagée par Century 21, qui évoque un marché « équilibré » après les secousses liées à la crise sanitaire et à la remontée brutale des taux.
Des prix en légère hausse après deux années de baisse
Côté prix, l’année 2025 marque un changement de tendance. Après des reculs de 3,9 % en 2023 et de 2,1 % en 2024, les prix repartent à la hausse, mais de manière contenue.
Selon le baromètre SeLoger-Meilleurs Agents, les prix au mètre carré progressent de 1,6 %. Les réseaux d’agences observent des évolutions similaires, comprises entre +1,4 % et +1,8 %. Une hausse qualifiée de « modérée » par Charles Marinakis, qui espère qu’elle ne s’emballera pas.
Cette reprise des prix s’explique en partie par l’amélioration des conditions de financement. Le taux moyen des crédits immobiliers est redescendu autour de 3,1 % en 2025, après avoir dépassé les 4 % en 2023, redonnant du pouvoir d’achat aux ménages.
Primo-accédants et investisseurs : un marché à deux vitesses
La baisse des prix observée en 2023 et 2024 a permis le retour progressif des primo-accédants, particulièrement touchés par la hausse des taux à partir de 2022. Chez Laforêt, leur part est passée de 30 % des acquéreurs en 2024 à 35 % en 2025.
Pour autant, tous ne sont pas revenus sur le marché. « Il reste des primo-accédants sur le bord de la route », souligne Yann Jéhanno, en raison des difficultés à constituer un apport personnel suffisant. Avant la crise, ils représentaient près de 50 % des acheteurs.
À l’inverse, les investisseurs particuliers restent en retrait. Ils représentent environ un quart des acquéreurs chez Century 21, un niveau inférieur à celui d’avant-crise. Ce désengagement contribue directement aux fortes tensions sur le marché locatif, notamment dans les grandes villes.
À Paris, le nombre de logements disponibles à la location demeure ainsi de 30 % à 40 % inférieur à son niveau d’avant la crise sanitaire, selon SeLoger-Meilleurs Agents.
2026 : une amélioration fragile, sous conditions
Pour les professionnels, l’équilibre retrouvé en 2025 reste fragile. La relance de l’investissement locatif est jugée indispensable pour détendre le marché de la location. Un dispositif fiscal incitatif pour les bailleurs privés figure d’ailleurs dans le projet de loi de finances pour 2026, dont l’examen doit reprendre à l’Assemblée nationale.
Mais les incertitudes demeurent. « Rien n’est gagné », prévient Guillaume Martinaud, président d’Orpi, qui alerte sur l’impact de l’instabilité politique et du contexte géopolitique depuis l’automne 2025. Autant de facteurs susceptibles de peser sur la confiance des ménages et sur la dynamique du marché immobilier dans les mois à venir.
